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Lettre ouverte aux agents et salariés de l’industrie énergétique

UNE POLITIQUE PUBLIQUE DE L’ÉNERGIE UNE URGENCE POUR LA FRANCE ET LES FRANÇAIS

Les communistes demandent depuis de nombreuses années l’organisation d’un grand débat, serein et constructif, sur les enjeux énergétiques : réponse aux besoins des particuliers, des acteurs économiques, tarifs, maintien et développement des filières industrielles, enjeu environnemental et lutte contre le réchauffement climatique.

Il est inacceptable que l’énergie soit l’objet de manœuvres électoralistes et démagogiques comme c’est le cas aujourd’hui !

La validation par le Conseil d’Administration d’EDF du protocole engageant la fermeture de Fessenheim en est une nouvelle illustration. L’état n’a reculé devant rien pour l’obtenir. Mais cet accord est-il vraiment majoritaire quand il a fallu la double voix du PDG d’EDF pour y parvenir ?

Le Président de la République a même utilisé le chantage en mettant le redémarrage de la tranche 2 de Paluel et la poursuite du chantier de l’EPR de Flamanville dans la balance.

Lors de la tempête de janvier, nous avons constaté l’impact négatif du morcellement du service public et de la libéralisation du secteur sur les capacités d’intervention des agents, notamment sur le réseau. Aujourd’hui, le chantage et les décisions autoritaires accélèrent la casse de la filière énergétique française.

Le sort réservé aux salariés du secteur énergétique en est une autre illustration avec la double attaque contre le pouvoir d’achat des agents de la branche des industries électriques et gazières (gel des salaires et réduction du budget des activités sociales) et le recours accru à la sous-traitance.

L’épisode de froid est aussi venu rappeler que l’énergie n’est pas une marchandise ordinaire et que la France n’est plus en mesure d’assurer son indépendance énergétique. Nous sommes en effet obligés d’importer près de 4% d’électricité à la pointe.

La ministre de l’Environnement a invité les foyers à ne pas trop chauffer. Mais c’est déjà ce que font des millions de Français auxquels le faible pouvoir d’achat impose de tout calculer au plus juste. Elle a également donné dans l’intox en faisant croire que seules les énergies renouvelables avaient permis le maintien de l’équilibre du réseau électrique. Mais c’est bien le mix, composé de toutes les énergies, qui a permis d’éviter le black-out.

La fermeture de Fessenheim – un coup dur porté à la France et à EDF

Pour satisfaire un accord électoral rédigé sur un coin de table, le pouvoir actuel s’appuie sur l’âge de la plus ancienne centrale française pour enclencher le processus de sa fermeture. Pourtant elle a bénéficié de centaines de millions d’euros d’investissement pour sa sûreté, conformément aux exigences légitimes de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), cette autorité administrative indépendante dont les décisions s’imposent au pouvoir politique en vertu des impératifs sur lesquels elle veille. L’ASN, dont la compétence est reconnue dans le monde entier, a d’ailleurs confirmé qu’il n’y a aucune raison, du point de vue de la sûreté, de la fermer.

Très rentable, Fessenheim fournit une électricité à un faible coût de revient. Sa fermeture aurait un impact économique important sur EDF en France dans une période où l’entreprise historique s’aventure dans des investissements à l’international au Royaume-Uni ou au Chili. La facture sociale serait, elle aussi, très lourde puisque 5 000 emplois directs et indirects sont concernés.

La réalité, c’est qu’au XXIe siècle en France, la production d’énergie, faute d’une politique, cohérente et publique, protégée de la pression des marchés financiers, n’est pas à la hauteur.

Le Medef et les gouvernements successifs ne voient que par la restriction des droits et du coût du travail pour agir sur la compétitivité de notre économie. Le coût de l’énergie dans les process de production est pourtant un élément déterminant.

Un non-sens écologique

COP21, accord de la communauté internationale pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, pics de pollution, ...

Les urgences écologiques et leurs impacts sur l’homme doivent conduire à changer la donne en matière d’énergie. Il est temps de sortir du mythe “vert“ de l’Allemagne qui a de plus en plus recours aux énergies carbonées.

La réduction des émissions des gaz à effet de serre passent inévitablement par un mix-énergétique renforcé où le nucléaire et les énergies renouvelables cohabitent intelligemment et efficacement.

Les propositions en débat :

1 - reconstituer un véritable pôle public de l’énergie sous contrôle citoyen pour la préserver des pressions financières, garantir une transparence totale

2 - relancer la recherche (notamment sur le captage de CO2 pour les centrales thermiques d’appoint, stockage de l’électricité, (r)évolution des techniques de production)

3 - développer le mix-énergétique avec l’objectif de decarboner la production d’énergie pour répondre aux objectifs de la COP21

4 - Organiser un débat national, voire européen, associant les citoyens/usagers, professionnels, associations, … pour construire et partager la politique énergétique.

5 - Exiger que l’intérêt général l’emporte pour valider tout nouveau projet, à l’image du projet éolien, au large de nos côtes, qui ne doit pas impacter l’activité de la pêche, elle aussi vitale pour notre territoire.