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Pascal Posado : Une vie de communiste au service du Marseille populaire

C'est avec une profonde tristesse que nous venons d'apprendre le décès de notre ami et camarade Pascal POSADO. Figure du mouvement ouvrier marseillais, Pascal Posado est un représentant authentique de cette « génération singulière » d'ouvriers métallurgistes qui a fait sa force et son rayonnement. C’est largement plus d'un demi-siècle d’expérience de militant et d'élu communiste au service du peuple de Marseille.

Il est né à Marseille le 14 mai 1925 ; métallurgiste à Marseille ; responsable des jeunes syndiqués à l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, secrétaire de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône de 1952 à septembre 1961 puis membre du bureau fédéral jusqu’en 1968 ; conseiller municipal (1965-1983 puis 1989-1995), maire des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille de 1983 à 1989, maire honoraire depuis.

La passion du Marseille populaire, ce n’est pas seulement un film, c’est une vie celle de Pascal Posado, qui se confond avec le caractère rebelle de la cité phocéenne.

« Ma vie et mes combats ont été ma vraie richesse et c’est au mouvement ouvrier, que j’ai essayé de servir, ainsi que tous les militants et militantes porteurs de ses valeurs, que je dédie cet hommage. 

Pour moi, s’il était à refaire, je referai ce chemin de 75 ans, de ma rentrée à l’école d’apprentissage de la SNCASE, en espérant que les images et les paroles du fil et du livre servent au mieux les militantismes d’aujourd’hui. »

Pascal Posado

Marseille la frondeuse. Le Marseille que Pascal Posado a eu au cœur, c’est la vie de ce fils d’immigrés espagnols, « des migrants économiques », c’est celui des ouvriers, des travailleurs du Port de Marseille, des quartiers Nord et de la Résistance.

Le premier maire communiste des 15-16 est une figure du mouvement syndical et politique marseillais. Sa mémoire des quartiers Nord nous est plus que jamais indispensable.

Pascal Posado, premier maire communiste de secteur en 1983 jusqu’en 1989. Son secteur, les 15e et 16e arrondissements de Marseille, ces quartiers Nord, si souvent montrés du doigt, dont, avec ses camarades les députés François Billoux et Guy Hermier, il a cherché à changer le profil. Et souvent avec succès.

Mais avant d’être maire, ce fils d’immigrés espagnols « économiques », comme il se définissait lui-même, fut le plus jeune conseiller municipal de la ville dès 1965, « à l’orée de l’âge légal », confiait-il malicieusement. Une maturité politique acquise très tôt, quasiment à la sortie de l’enfance, quand il suivait sur la carte, depuis la ville de Marseille où il est né, les défaites et victoires des Républicains espagnols.

Tout faire pour rétablir l’équilibre

Le tout jeune conseiller municipal, qui a forgé ses premières armes de résistance au sein de la Sncase, (société nationale de construction aéronautique du Sud-Est), l’entreprise ancêtre d’Eurocopter, se fixe un objectif ambitieux : « Tout faire pour contribuer à combler le fossé qui s’est creusé entre les quartiers Nord et les quartiers Sud de la ville. » Ces derniers abritant les belles propriétés et les logements de haut standing, tandis que les premiers, s’étirant le long du Port de Marseille, en extension, ne bénéficiaient d’aucun équipement collectif, sportif, culturel. « Et quant à la qualité des logements, elle est plus que médiocre. Une Marseille à deux vitesses, dont la séparation s’effectue autour de l’ossature de la Canebière. »

Cette passion des quartiers Nord lui est venue bien avant, alors qu’encore adolescent, sa famille déménage du quartier de la Villette aux Aygalades.

« Du paveur qu’il était, mon père est devenu épicier. Mes liens sont donc très anciens avec ce secteur de la ville. »

Conseiller municipal, c’est au rééquilibrage de la cité qu’il consacre une grande partie de son énergie.

« Nous menions alors la bataille en matière d’urbanisme. D’ailleurs, j’ai tout de suite déclaré que je voulais m’occuper de ces questions-là, celles de la ville. »

Mais en 1983, devenu maire de secteur, cette volonté de donner aux quartiers Nord un caractère décent, va prendre un tournant décisif.

« Nous savions depuis longtemps que c’est seulement avec le concours des habitants que nous pourrions réellement changer la physionomie de cette partie de la ville. Il faut imaginer qu’à cette époque le réseau d’assainissement n’avait pas encore été réalisé, avec toutes les nuisances que vous pouvez imaginer. »

Ainsi par exemple, ce sont les femmes du quartier de l’Estaque, avec de simples manches à balais qui ont contribué à mettre fin au passage du torpilleur, ce camion chargé de récupérer les seaux hygiéniques.

« Cela avait certes commencé bien avant 1983 mais c’est à partir de cette date que nous avons pu concrétiser quelques-unes des réalisations que nous souhaitions voir aboutir. »

La force de résistance dans les quartiers ouvriers

Parmi celles-ci, l’accès aux habitants des quartiers Nord à la plage de Corbières, la création de bibliothèques à Saint-André, de la salle Alhambra à Saint-Henri. Autant de réalisations permises grâce à une municipalité d’union de la gauche. Mais aussi, au cœur des années soixante et jusqu’en soixante-dix, avec l’apogée de l’industrie marseillaise, « de la réparation navale aux huileries ». Tout tournait en effet autour du Port de Marseille dont Pascal Posado a vécu les heures de gloire, mais aussi le déclin. Fermeture des entreprises, accompagnée du départ de bon nombre de ceux qui les faisaient fonctionner vers d’autres cieux « à la recherche d’un travail », le visage des quartiers Nord ne cesse de se transformer au fil des ans.

« Ce qui avait été possible, alors que fleurissaient les associations de quartiers, les sections syndicales, les clubs sportifs », impulsés par une gauche combative au plus près des citoyens, semble aujourd’hui bien loin au maire militant Pascal Posado.

« Nous étions dans une dynamique constructive, permise par cette apogée de l’industrie marseillaise et l’ancrage profond du Parti communiste au sein du paysage politique. »

Force lui est de constater que le visage des quartiers Nord d’alors, avec ses activités, ses commerces de proximité, a depuis bien changé.

« Avec la crise économique, la composition sociale a évolué. Il y aurait pourtant bien des réalisations à faire qui correspondent aux besoins de ces nouvelles populations. La droitisation de la société est bien réelle, mais les résultats des dernières élections municipales ont montré que la montée du FN est due davantage à l’abstention qu’à une adhésion spontanée. Il est temps que la gauche remonte la pente. »

A partir de l’article de Gérard Lanux paru dans le journal « La Marseillaise » du 5 septembre 2015

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