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Cet aprem’ Pierre m’a dit… Bidon… Bidon… Bidonville…

Cet aprem’ Pierre m’a dit que les mots étaient importants et il m’a demandé de l’écouter un court instant :

« Un peu tard me diras-tu et tu auras raison, Pourtant hier et aujourd'hui m’est apparu tellement incongru et méprisant le terme de « jungle » à propos du bidonville de Calais que je te propose qu'on le bannisse de nos propos.

Cet endroit était il occupé par des animaux ? La faim, la guerre, la misère les ont conduit dans cette impasse dont ils ne sont en rien responsable !

Honte à ceux qui professent mépris et insultes derrière le FN qui montre là son vrai visage d'extrême droite pour ne pas dire plus que je ne dis pas mais pense profondément.

Tu sais c'est en 1972 ou 1973, à Ivry (mon premier poste d'agent des PTT que j'ai assisté au démantèlement d'un des derniers bidonvilles dans des conditions dignes pour les habitants. 

Honte aussi à ceux dont la politique de libéralité envers le capital qui ont remis des gens dans la rue et « rouvert » les bidonvilles.

C'est le moment de rechanter « donne moi ta main camarade, toi qui vient d'un pays où les hommes sont beaux... » merci Nougaro…

Paroles de « Bidonville » de Claude Nougaro

Regarde là, ma ville. 
Elle s'appelle Bidon, 
Bidon, Bidon, Bidonville. 
Vivre là-dedans, c'est coton. 
Les filles qui ont la peau douce 
La vendent pour manger. 
Dans les chambres, l'herbe pousse. 
Pour y dormir, faut se pousser. 
Les gosses jouent, mais le ballon, 
C'est une boîte de sardines, Bidon. 

Donne-moi ta main, camarade, 
Toi qui viens d'un pays 
Où les hommes sont beaux. 
Donne-moi ta main, camarade. 
J'ai cinq doigts, moi aussi. 
On peut se croire égaux. 

Regarde là, ma ville. 
Elle s'appelle Bidon, 
 

Bidon, Bidon, Bidonville. 
Me tailler d'ici, à quoi bon ? 
Pourquoi veux-tu que je me perde 
Dans tes cités ? A quoi ça sert ? 
Je verrais toujours de la merde, 
Même dans le bleu de la mer. 
Je dormirais sur des millions, 
Je reverrais toujours, toujours Bidon. 

Donne-moi ta main, camarade, 
Toi qui viens d'un pays 
Où les hommes sont beaux. 
Donne-moi ta main, camarade. 
J'ai cinq doigts, moi aussi. 
On peut se croire égaux. 

Serre-moi la main, camarade. 
Je te dis : "Au revoir". 
Je te dis : "A bientôt". 
Bientôt, bientôt, 
On pourra se parler, camarade. 
Bientôt, bientôt, 
On pourra s'embrasser, camarade. 
Bientôt, bientôt, 
Les oiseaux, les jardins, les cascades. 
Bientôt, bientôt, 
Le soleil dansera, camarade. 
Bientôt, bientôt, 
Je t'attends, je t'attends, camarade.
En savoir plus sur http://www.paroles.net/claude-nougaro/paroles-bidonville#OEtjXPBqqUiEHhoF.99

Jean Ferrat : « Dans la Jungle ou Dans le ZOO

Ainsi donc ainsi donc 
Il n'y aurait plus rien à faire 
Qu'à mettre la clé sous la porte 

De ce château sombre et désert 
Où gisent nos illusions mortes 
Ainsi donc ainsi donc
Vite fait serait l'inventaire
De ces chambres abandonnées
Aux lits recouverts de poussière
Aux parquets noirs de sang séché
Et sur les carreaux des fenêtres
On pourrait écrire à la craie :
"Tout demain devra disparaître
Des choses que l'on a cru vraies"
Et dans ce monde à la dérive
Pareils aux autres animaux
Nous n'aurions d'autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Il n'y aurait plus rien à voir
Circulez mais circulez donc
Ainsi finirait notre histoire
Sous le poids des malédictions
Ainsi donc ainsi donc
Faudrait faire amende honorable
Raser les murs courber le dos
Se résigner au pitoyable
Errer de goulags en ghettos
Tout ne serait que simulacre
Toute espérance sans lendemain
Rien ne servirait de se battre
Pour un monde à visage humain
Il faudrait brûler tous les livres
Redevenir des animaux
Sans avoir d'autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Contre la faim contre la haine
Contre le froid la cruauté
De la longue quête incertaine
Pour affirmer sa dignité
Ainsi donc ainsi donc
Il nous faudrait tout renier
De la bataille surhumaine
Que depuis l'âge des cavernes
L'homme à lui-même s'est livré
Ne tirez pas sur le pianiste
Qui joue d'un seul doigt de la main
Vous avez déchiffré trop vite
"La musique de l'être humain"
Et dans ce monde à la dérive
Son chant demeure et dit tout haut
Qu'il y a d'autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo
Qu'il y aura d'autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

 

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