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Le 16 mars. La Marseillaise refait son look

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Présidentielle, Législatives, théorie quand tu nous tiens…

La théorie est-elle nécessaire même pour une élection législative et présidentielle ?

La déliquescence du Parti Socialiste et de son gouvernement, une création par lui-même, n’est pas une nouveauté. Vouloir, en alliance avec le grand patronat réduire les forces révolutionnaires a créé les conditions pour un affaiblissement de toute la gauche et sa déliquescence actuelle.

Mais tout est possible s’il existe une force pour commencer à aller dans un sens réparateur et transformateur, révolutionnaire. Cette force c’est le PCF. Et les évènements liés à une nouvelle aggravation à venir de la crise peut conduire beaucoup de citoyen(ne)s de notre pays et de l’Europe à marcher avec nous, ensemble.

Mais faisons un détour apparemment inutile et compliqué, qui ne sera pas immédiatement évident : comprendre ce qu’est le travail abstrait c’est comprendre la nature de notre société, la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui depuis plus de deux siècles, le capitalisme, et aujourd’hui dans sa nouvelle phase d’un « capitalisme mondialisé numérisé »…

...Pourquoi préciser la nature d’aujourd’hui du capitalisme : parce que la connaissance de sa nature nous évite de nous faire enfumer par les médias qui professent l’idéologie dominante et nous empêchent de voir clair dans l’orientation de nos luttes, nous empêchent de les rendre efficaces, et de constituer des rassemblements qui puissent attaquer la droite et le capital là où ça lui fait mal et ou ça ouvre des transformations susceptibles de répondre aux besoins populaires, aux besoins humains.

Pourquoi croit-on que Marx et Engels, qui ont été à la création du mouvement ouvrier et ont lutté toute leur vie pour sa jonction avec le mouvement populaire, pourquoi croit-on, dis je, qu’ils aient passé des décennies de leur vie à travailler à comprendre des notions théoriques sur le capital et le travail si ce n’est pour donner un contenu à cette lutte et pour rendre cette lutte efficace.

La notion de travail abstrait est une notion essentielle.

L’esclave est exploité et fournit le produit de son travail en surplus de ses besoins élémentaires à son maitre qui l’accumule, et accumule des richesses dont il ne restitue qu’une partie aux besoins de survie et de développement de la société.

Le serf, le paysan attaché à la terre du seigneur gère son lopin librement mais doit aussi donner au seigneur le produit de son travail en surplus de ses besoins élémentaires à son maitre qui l’accumule, et accumule des richesses dont il ne restitue qu’une partie aux besoins de survie et de développement de la société.

Le salarié, et particulièrement l’ouvrier producteur des biens de basses nécessaires à la vie humaine, par contre ne travaille pas directement pour produire sa propre consommation, même si évidemment son travail va permettre de produire des biens nécessaires à la société : L’ouvrier et le salarié en général travaillent pour obtenir un salaire. Il est en principe libre de sa personne mais il doit vendre sa force de travail au capitaliste qui lui achète à des conditions que le rapport de force capital-travail détermine.

La découverte de Marx et d’Engels c’est : comment dans le capitalisme on produit et on échange les biens nécessaires à la vie humaine, ce que n’avaient pas compris les économistes bourgeois tel Adam Smith ou Ricardo dont les travaux servaient de base au patronat du XIXème siècle.

Tout d’abord, à la différence du serf ou de l’esclave, le travailleur libre du capitalisme ne peut exister qu’à un certain niveau des forces productives, de mondialisation etc.

La suite on sait….les écoles du PCF enseignaient comment se forme la plus value, le profit, leur taux, la suraccumulation du capital, les crises sociales et de civilisation qui sont liées à double sens à baisse tendancielle du taux de profit, les phénomènes la contrecarrant par la croissance quantitative de la production et du profit global n’empêchant pas in fine la crise de suraccumulation et la dévalorisation conjointe du capital. La crise de suraccumulation-dévalorisation du capital intervient en dernière instance dans l’ensemble des conditions de l’activité humaine mais est déterminante en matière de causes et de conséquences sur la suite du processus humain. Et elle intervient négativement.

Le travail abstrait est un quantité qu’on mesure en temps de travail et dont l’expression concrète est la valeur de la force de travail payée en monnaie (monnaie sous quelque forme que ce soit) au salarié plus la plus value conservée par le capitaliste ( il faut  aussi expliquer par qui et comment le capitalisme et le capitaliste est représenté aujourd’hui dans la mondialisation et la numérisation informationnelle).

Le travail est abstrait sous plusieurs aspects. Abstrait parce que ce n’est pas un travail particulier, une dépense d’énergie humaine qualifiée pour produire un objet précis, mais une mesure de temps utilisé pour échanger une marchandise contre une autre, y compris la marchandise force de travail que le patron achète au salarié et que le salarié lui vend dans un même temps, même s’il est payé au mois et qu’il fait l’avance. Abstrait parce qu’il n’est pas lié directement à la motivation de produire de la part du salarié producteur mais à l’obtention d’une valeur monétaire correspondant historiquement à la valeur de sa force de travail lui permettant de se procurer les biens nécessaires au renouvellement relativement élargi de cette force de travail. Relativement car la confiscation au salarié de son produit, des gestes de son produit, et la réduction de la culture individuelle du salarié pour produire, induit une restriction de l’élargissement matériel et moral du renouvellement de l’individu salarié producteur et de la société pour laquelle il produit.

C’est là toute la contradiction qui permet l’accumulation capitaliste dans la circulation de la marchandise-capital, accumulation conduisant par cette contradiction à la suraccumulation et la dévalorisation du capital, sur le plan de la masse des capacités de l’individu comme de la quantité du capital utilisable et utilisé pour le développement social.

Bien sûr, il n’y a pas de travail abstrait sans travail concret, sans une production par le travailleur d’un objet précis, concret, des gestes, des concepts, des techniques et des cultures qui le permettent.

Quel que soit le type d’organisation du travail dans le capitalisme, de l’usine locale à la concentration monopoliste mondiale en passant par le travail dit participatif d’uber, la suraccumulation-dévalorisation du capital et ses crises cycliques et systémiques de longue durée est le cauchemar inévitable du capitalisme.

On ne peut réduire puis supprimer le phénomène de suraccumulation-dévalorisation du capital qu’en détournant dans un premier temps par des reformes du système monétaire, financier et bancaire le flux du capital de l’investissement spéculatif jusqu’a le rendre à un usage total aux besoins humains.

Un tel détournement demande une volonté et une mise en œuvre politique qui ne peut venir que des luttes populaires poussant à ces réformes en fonction des besoins populaires non satisfaits qui s’expriment, et qui s’expriment en agissant en premier lieu dans les lieux de production des biens matériels stricto sensu, là ou exerce et produit la classe ouvrière, ici, en Europe et dans le monde.

A chaque grande mobilisation populaire revendicative et politique, ensemble, le rôle propre de la classe ouvrière, l’alliance de toutes les catégories de salariés, et de tous les alliés de toute la population apparaît clairement. Le rôle des ouvriers pour impulser les manifestations et rapport de force contre la loi el Khomri est apparu clairement aussi.

Mais le rôle des cadres de production et de gestion, confrontés à la crise de leurs entreprises est déterminant dans cette alliance.

Aucun candidat ne prenant en partie ou en totalité ces éléments ne pourra qu’accompagner la crise, accompagner l’austérité, accompagner le recul de civilisation. C’est ainsi. La volonté d’un candidat ne s’insérant pas dans un mouvement revendicatif s’appuyant sur une telle analyse fera ce qu’ont fait les majorités de gauche depuis Mitterrand, majorité sur lesquelles les communistes ont tenté d’agir pour modifier les orientations réformistes.

C’est une longue histoire, depuis le programme de Gotha dont nous ‘avons pas le temps de parler, mais qui date du XIXème siècle.

Exiger autre chose qu’une récupération des voix du PCF hier par Mitterrand et le PS et aujourd’hui par un allié issue du PS dont il a gardé la théorie, même s’il exprime inutilement des colères et des dénonciations sans solutions, qui fait route seul et pour lui, n’est pas un caprice, c’est un besoin.

Un besoin d’autant que la crise n’est plus celle de 1984 ou de 1995, mais une crise généralisée, mondialisée qui menace notre société et nous-mêmes d’effondrement. Une loi pour une sécurité de l’emploi et de la formation, un usage de la Banque Centrale Européenne pour un usage de la monnaie et de la création monétaire répondant aux besoins populaires, une démocratisation des institutions européennes en les séparant des lobbies financiers, tout cela est un besoin pressant difficile et aléatoire, mais dans l’état du mouvement politique, nous sommes aujourd’hui les seuls à aller dans le sens de ces besoins.

Certes, nous n’y arriverons pas seuls, mais on ne peut imaginer une alliance organique sans cette orientation, une alliance dans laquelle nous ne jetions pas des millions d’électeurs dans une voie de garage comme cela c’est passé, à notre corps défendant, et même vers un précipice.

Les Verts condamnent l’exploitation de la Terre. Or l’être humain ne saurait produire quoi que ce soit pour vivre si ce n’était en usant des produits de cette terre, des produits de l’univers, en les exploitant. La question n’est pas l’exploitation de la Terre ni celle de la croissance, mais celle d’une exploitation capitaliste productiviste, celle d’une croissance sans transformation qualitative réductrice des volumes techniques et exploités (exemple positif de la miniaturisation informatique et des possibilités non exploitées qu’elle ouvre), liée à l’accumulation du capital dans le « système » d’échange « Argent-Marchandise-Argent plus » qui est incompatible à long terme, c'est-à-dire maintenant avec la vie sur cette terre dont il est question, et en premier lieu l’exploitation de l’homme par l’homme qui elle n’est pas ou n’est plus une nécessité pour produire, mais une menace pour lui-même.

 

D’après Pierre Assante, 21/10/2016

 

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