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Démantèlement à Calais : pour le respect des droits, de la dignité et le maintien du centre Jules Ferry

Par Marie-Christine Vergiat, Députée Européenne, 

François Hollande l’a annoncé fin septembre et en fait un objectif pour sa fin de quinquennat : le campement de Calais sera démantelé.

 

Et ce, pour la troisième fois. Et ce, en urgence, y compris en fermant les structures officielles, financées en partie sur fonds européens, créées en début d’année quand on s’était enfin décidé à ouvrir des structures d’accueil et d’hébergement.

 

On pourrait se féliciter, à première vue, du démantèlement du campement, au sein duquel survivent, dans des conditions déplorables, quelques 10 000 réfugiés y compris près de 1 300 mineurs mais les conditions dans lesquelles ce démantèlement se prépare ne font en réalité que soulever de nouvelles inquiétudes.  

 

Une telle opération, à une telle échelle, celle d’une petite ville, ne saurait se faire sans respect des droits et de la dignité des personnes concernées. Les conditions ne sont aujourd’hui pas réunies et tous, ONG présentes sur place et Défenseur des Droits notamment, tirent la sonnette d’alarme : sans diagnostic partagé avec les associations, sans recensement précis et sans places d’accueil en nombre suffisant disponibles : c’est autant de réfugiés qui seront placés dans une situation encore plus vulnérable.

 

C’est particulièrement vrai pour les mineurs non accompagnés. Le dispositif sur place annoncé depuis des mois n’est toujours pas opérationnel. Et d’après un recensement rendu public mercredi par France Terre d'asile, ils sont près de 1.300 à vivre dans le bidonville sans la moindre protection.

 

L’ensemble des associations craignent de voir une partie de ces mineurs disparaitre, comme ce fut le cas au moment de l’évacuation de la zone sud, alors qu’ils devraient bénéficier d’un accueil et d’une protection en France ou au Royaume-Uni.

Que vont devenir ces mineurs après le démantèlement alors qu’ils ne peuvent pas, légalement, bénéficier d’un placement dans un centre d’accueil et d’orientation (CAO) et que les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sont aujourd’hui plus que saturés. Le centre Jules Ferry ne pourrait-il pas être maintenu au moins le temps de trouver une solution pour ces enfants et ces jeunes ?

 

Ces derniers mois, les dispositifs de sécurité mis en place à Calais, par les autorités françaises et britanniques se sont multipliés et pour barricader les frontières, l'argent ne manque pas et cela ne fait que déplacer le problème – mais ce n’est pas le cas pour ce qui est d’accueillir dignement ces hommes, ces femmes et ces enfants. Question de priorité.

 

Je tiens donc à exprimer mes plus vives inquiétudes à l’approche de l’échéance du démantèlement et c’est à cet effet que j’ai saisi le ministre de l’Intérieur et le Commissaire européen pour la migration et les affaires intérieures.

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