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Pour l’émancipation de toutes et de tous

« Comment s’en sortir avec cette justice de classe, cette justice patriarcale ? » : une question posée à Suzy rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes (cnDF), en débat sur un stand des Jeunes communistes à la Fête de l’Humanité. Nul doute que la place des enjeux féministes grandit dans le mouvement communiste. La double peine de Jacqueline Sauvage a été un électrochoc pour certains. Mettre en lumière les vies brisées permet de se rendre compte que derrière chaque femme qui meurt sous les coups de son conjoint, tous les 3 jours, il y a un calvaire quotidien invisible et silencieux.

Alors que faire face à cette réalité patriarcale qui sait si bien s’allier au capitalisme pour s’assurer un bel avenir ? La Fête de l’Humanité a été l’occasion de poser l’enjeu d’une transformation radicale de la société articulée à une émancipation des femmes et des hommes face aux injonctions sexistes et de nouvelles conceptions des rapports sociaux.

C’est dans cet état d’esprit dynamique que la commission Droits des femmes/féminisme choisit de créer un magazine web : Féminisme & évolution.

Révolutionnaire, la campagne de sensibilisation contre les stéréotypes sexistes du gouvernement ne l’est pas. Le marrainage de Julie Gayet est là pour nous rappeler à l’ordre patriarcal. En effet, la couverture qu’elle fait pour Paris Match avec pour titre : « Julie Gayet va jouer son rôle » est contre-productive.

le jeu de mots, douteux, est révélateur. Une femme est toujours enfermée dans un rôle : objet sexuel ou vitrine. Comment être la marraine de la lutte contre les stéréotypes sexistes lorsqu’on se met en scène d’une façon aussi archaïque et, justement, stéréotypée ?

Des visages féminins pour relayer des pensées archaïques, le Front national en est devenu spécialiste. On se souvient des propos sur « l’avortement de confort » de Marion Maréchal Le Pen, on découvre maintenant que, selon la plus jeune députée de France, les féministes « s’enorgueillissent d’être des victimes ». On comprend donc que loin d’être antisystème comme ils le prétendent, les dirigeant-e-s du Front national défendent le système et organisent de vraies résistances contre les progrès d’émancipation.

Les réactions patriarcales sous couvert de féminisme sont légion, nous avons pu le constater dans l’atmosphère nauséabonde de cet été avec la polémique autour du « burkini». Les femmes et les féministes ont été enfermés dans une injonction à se positionner « pour ou contre », en dehors de toute réflexion sur les conditions qui ont conduit à la situation dans laquelle nous nous trouvons. on a essayé de nous faire oublier que derrière le vêtement, il y avait des femmes. on ne rappellera jamais assez que les femmes doivent avoir une autonomie complète sur leur vie, contre les injonctions, les culpabilisations religieuses et les provocations politiciennes.

Ce qui se renforce dans la société sur la question de l’identité va à l’encontre de l’émancipation. On assiste quotidiennement, sur des sujets fondamentaux, à des attaques irrationnelles sur les droits des femmes, des polémiques irréfléchies, des déclarations archaïques.

Face à cela, les associations et le mouvement progressiste doivent faire front. Voilà pourquoi il nous faut agir pour une véritable politique publique des droits des femmes et exiger que cela devienne une fonction régalienne de l’état, avec un ministère dédié disposant d’un budget conséquent ! le rapport « où est l’argent pour les droits des femmes » nous rappelle que le budget alloué aux droits des femmes est actuellement le plus petit budget de l’état. les droits des femmes ne doivent plus être le joujou des gouvernements qui, au gré de leurs stratégies politiques, font apparaitre puis disparaitre le ministère des Droits des femmes.

C’est à partir de batailles et de propositions concrètes que nous avancerons vers une égalité réelle entre les femmes et les hommes, si nécessaire à l’émancipation de tous.

Hélène Bidard