Fédération des Bouches-du-Rhône

Fédération des Bouches-du-Rhône
Accueil
 
 
 
 

Le 9 août prochain, agissons tous ensemble pour la paix

Le mardi 9 aout 2016 est le jour de la Commémoration des bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki. Il se situe dans un contexte national où l’augmentation déraisonnable des crédits consacrés aux armes nucléaires est l’objectif du gouvernement avec des crédits augmentés de 40% dans les prochaines années afin, en particulier, de renouveler en totalité la flotte de sous-marins nucléaires. Nicolas Sarkozy propose une augmentation de 60%.

En quoi les armes nucléaires améliorent-elles notre sécurité contre les actes terroristes commis par des assassins qui se revendiquent de Daech ou que Daech revendique comme ses soldats ? En quoi les milliers d’armes nucléaires possédées par les Etats-Unis ont-elles protégé ce pays contre les attentats du 11 septembre.

Dans le contexte international actuel, l’enjeu est aussi d’obtenir la mise en œuvre par les Etats de politiques économiques, sociales, culturelles, éducatives en faveur d’un monde de justice et de paix comme nous y appellent la charte des Nations unies adoptées en 2000 à l’initiative de l’Unesco. Ces textes prônent des solutions alternatives aux politiques de puissance et de militarisation des relations internationales en appelant les Etats et les peuples à s’engager résolument dans la construction de la paix et de la non-violence basée sur la réalisation de tous les droits humains. C’est à la réalisation de ces droits que devraient être utilisés les milliards gaspillés dans les armes atomiques. C’est le meilleur moyen d’accroître notre sécurité commune.

Le Mouvement de la Paix en hommage aux victimes des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki invite à participer au rassemblement départemental qui se tiendra le 9 août 2016 sous l’Ombrière du Vieux Port à Marseille à 18h00 en écho à la délégation du Mouvement de la Paix présente à Hiroshima.

Alors que la France poursuit sa stratégie de puissance militaire en engageant 50 milliards d’€ sur les deux décennies à venir pour moderniser son arsenal de dissuasion nucléaire, elle participe à l’accroissement des tensions entre pays dotés de ces armes de destructions massives. (Etats Unis, Russie, Chine, Grande Bretagne, France sont signataires du traité de non-prolifération - Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord sont non signataires du traité de non-prolifération).

Le risque d’une détonation nucléaire volontaire ou accidentelle s’accentue d’autant. 

Il est important de poursuivre l’action inlassable des hibakushas (victimes survivantes des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki) pour débarrasser le monde des armes nucléaires.

On ne peut continuer à disserter à perte de vue sur la paix tout en fabriquant dans les laboratoires et les ateliers les conditions de l’apocalypse. »

À jamais gravé dans la conscience et la mémoire de l’humanité, le 6 août 1945 ouvrait l’ère de l’équilibre de la terreur avec l’utilisation pour la première fois de la bombe atomique sur des populations civiles. Elle fut accompagnée d’une justification idéologique, aujourd’hui largement contestée, selon laquelle cette déflagration aurait assuré la victoire. Celle-ci était en fait déjà acquise. Des centaines de milliers de vies humaines auraient donc pu être préservées ! Soixante-dix ans après, les cicatrices sont encore présentes dans les rues et brûlantes pour nombre d’entre elles dans les hôpitaux et les souvenirs. Hiroshima et Nagasaki ont été le siège d’un désastre humanitaire et environnemental à nul autre pareil ; de crimes contre l’humanité pour lesquels les dirigeants nord-américains n’ont toujours pas présenté d’excuses. Si tous les chefs d’État disposant de l’arme nucléaire se rendaient sur les lieux, auraient-ils le goût de continuer cette chevauchée vers l’abîme en poursuivant la fabrication et le développement de ces armes de destruction massive ?

Depuis soixante-onze ans, aucun progrès important n’a été réalisé vers leur interdiction et leur démantèlement. Plus inquiétant, un nombre croissant d’États en possèdent, conduisant d’autres à les imiter et, pire encore, des groupes criminels et fanatisés peuvent acquérir de telles bombes ou les substances qui les 
composent, augmentant les risques d’explosions délibérées ou accidentelles.

Si le traité de non-prolifération nucléaire a constitué un pas positif avec l’inscription d’une négociation pour un désarmement général, force est de constater que les actes ne suivent pas. À cet égard, la conférence d’examen de ce traité, au début du mois de mai dernier, a été plus que décevante. Or, le monde ne peut pas rester assis sur ces tonnes d’ogives menaçantes. Personne ne peut croire que leur utilisation par un pays protégerait quiconque à l’autre bout de la Terre. La planète exploserait ! C’est dire l’urgence de libérer le monde des armes nucléaires. On ne peut continuer à disserter à perte de vue sur la paix tout en fabriquant dans les laboratoires et les ateliers les conditions de l’apocalypse. Les pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies devraient saisir ce triste jour anniversaire pour proclamer la fin de l’ère des armes nucléaires. On ne peut légitimement se féliciter de l’accord avec l’Iran et continuer à se taire sur la menace que constitue dans cette région la bombe israélienne. Dans un monde où renaissent des tensions militaires, où la guerre économique peut dégénérer, où l’Otan intervient partout, souvent au mépris du droit international, où on observe la montée de fanatismes criminels, l’heure est à remettre sur le métier le grand chantier humaniste du 
désarmement et de la paix. Le quarante et unième  anniversaire de la conférence d’Helsinki, aussi cette année, ne doit pas être 
l’occasion de son enterrement.

Rien ne servirait de réussir la conférence climat si la planète reste menacée de pulvérisation atomique. Les deux combats doivent être menés de pair. Les énormes sommes ainsi économisées grâce à la fin des armes nucléaires pourraient être utilement affectées au fonds de préservation de l’environnement. À la pointe du combat sur le climat, la France devrait donner l’exemple – notamment en revisitant le concept de dissuasion – et faire preuve d’initiative, d’audace pour que le monde soit à jamais libéré de la menace de l’hiver nucléaire. Que cette journée anniversaire puisse être utile à toutes les forces qui à travers le monde agissent en ce sens.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.