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37ème Congrès. Pierre Laurent sonne le temps du commun

Le 37e congrès du PCF a pris in hier avec un discours de Pierre Laurent, réélu Secrétaire national à la tête d’une liste commune.

Fin de congrès dans l’unité au PCF : au terme de 4 jours de débats politiques, Pierre Laurent a été réélu à plus de 80% à la tête d’une liste commune pour le Conseil national dans une ambiance qui tranchait avec la préparation du congrès où quatre textes alternatifs à celui de la direction sortante avait été soumis au vote des militants. « Quel beau visage du Parti communiste français nous avons donné, loin des caricatures, du spectacle politique, des divisions annoncées… », insiste dès le début de son discours le Sénateur de Paris. « Nous sommes riches d’un patrimoine qui n’est pas près d’être soumis à l’ISF : la fraternité », ajoute-t-il.

Devant Christian Paul, Marie-Noëlle Lienmann et Benoit Hamon venus l’écouter, il lance : « je dis à tous les électeurs socialistes, à tous les socialistes : rendez-vous à l’évidence, François Hollande ne peut plus être candidat, plus le vôtre, plus le nôtre, plus celui de la gauche », avant de réaffirmer son exigence « d’une candidature qui porterait l’espoir de remettre la France sur les rails du progrès social ». « Nous voulons construire une majorité victorieuse sur un projet clair », affirme Pierre Laurent en rappelant la feuille de route stratégique adoptée. Trois étapes : un pacte d’engagements communs rédigé d’ici octobre avec « toutes les forces sociales, politiques et citoyennes disponibles » tout en prenant appui sur les résultats de la « grande consultation citoyenne » lancée par le PCF. Ensuite une votation citoyenne pour faire de ce pacte un « mandat populaire pour 2017 » puis la désignation « par une primaire ou tout autre processus citoyen » de celui ou celle qui le portera. Le PCF « est prêt à y engager un candidat ».

« Je sais les obstacles »

« Je sais les obstacles, la multiplication potentielle des candidatures qui empêche cette convergence. Jean-Luc Mélenchon qui a été notre candidat en 2012 va dire qu’il n’a pas de temps à perdre », prédit Pierre Laurent avant qu’il ne prononce un discours, place de Stalingrad où certains communistes avaient annoncé leur intention de se rendre, en soutien explicite ou en invoquant l’importance de « l’unité » comme Marie-George Buffet, ex-Secrétaire nationale.

« Arnaud Montebourg prépare son retour, les écologistes se demandent comment faire », ajoute-t-il après avoir reçu Cécile Duflot deux jours plus tôt au Congrès. « Tout cela est légitime, moi je ne mets personne à l’index, je dis à tous réfléchissons bien ensemble à la situation », prévient Pierre Laurent en appelant à déjouer les « scénarios écrits à l’avance ». Raillant la « dernière série "Macron fait du porte-à-porte" », et promet : « ça va être chaud bouillant pour lui, surtout s’il s’embrouille dès qu’il croise quelqu’un en T shirt ». Le dirigeant communiste conteste aussi « la théorie de Valls » sur les deux gauches « irréconciliables ». « Leur thèse c’est en fait "tuons la gauche" » analyse Pierre Laurent pour qui « la gauche ce n’est pas la casse des communes, des services publics, la déchéance de nationalité, l’état d’urgence. La gauche en vérité il n’y en a qu’une, elle ici et dans la mobilisation contre la loi Travail ».

Pierre Laurent insiste sur son objectif : « c’est un serment devant le peuple de France, nous allons avancer, la clef est dans la main du peuple, c’est à lui qu’il faut donner la parole » pour construire « un nouveau Front populaire et citoyen ».

Très remonté contre la loi Travail, il prévient : « Nous avons construit le code du travail par les luttes nous ne le laisserons pas déchirer par le gouvernement actuel » et appelle à « submerger les pavés de la capitale le 14 juin ». Le communiste le promet : « avec les salariés et leurs syndicats, avec la CGT, nous allons gagner ! ». Pour Pierre Laurent : « Il n’y a qu’un seul blocage : il est au gouvernement. Il faut retirer l’article 2 et tout ce qui va avec, en réalité c’est la colonne vertébrale du projet de loi ».

Un peu plus tôt, il avait souligné l’actualité du projet d’émancipation humaine adopté par les congressistes. Pour le Sénateur de Paris, l’aspiration à « un travail libéré du patronat », à une société débarrassée des dominations et du patriarcat, est immense. « Le communisme ce n’est pas l’utopie du XIXe siècle, ce n’est pas l’idéologie du XXe siècle, c’est le mouvement de ce XXIe siècle, c’est le temps du commun », martèle Pierre Laurent avant de conclure sur la nécessité de « faire vivre les vers du poète William Blake : "Ce qui est maintenant prouvé ne fut jadis qu’imaginé" ».

Léo Purguette (La Marseillaise, le 6 juin 2016)

Pique-nique sous le signe des 80 ans du Front populaire

Avant de rejoindre leur département, les 800 délégués au congrès du PCF ont partagé un pique-nique sur la place du Front populaire à Aubervilliers.

Un lieu symbolique choisi pour marquer les 80 ans de l’arrivée au pouvoir du Front populaire. Conjugué à un mouvement social très puissant, il avait permis de gagner les congés payés, la semaine de 40 heures, l’instauration de délégués du personnel… Rejoints par des militants de région parisienne, ils ont partagé un moment de détente après avoir visionné un film de Renoir qui étrille la bourgeoisie de l’époque et sa haine des « salopards à casquette ».

L’occasion aussi de rappeler que dans leurs textes de congrès, les communistes appellent à « s’appuyer sur l’expérience du Front de gauche » pour constituer « un nouveau Front populaire et citoyen ».

Léo Purguette (La Marseillaise, le 6 juin 2016)

À lire : Les communistes des Bouches-du-Rhône en Front populaire, de Jean Domenichino, Les éditions des Fédérés-La Marseillaise, 14 euros.

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