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Port-de-Bouc. Le Front populaire, entre histoire et présent

Une fête du PCF marquée par la conférence-débat de l’historien Jean Domenichino. 80 ans après, l’expérience du « Front popu » résonne encore.

La traditionnelle fête du PCF, organisée dans le cadre verdoyant du camping de la Mérindole, avait choisi samedi de mettre en lumière le Front populaire dont on célèbre les 80 ans. Grâce à l’éclairage de l’historien Jean Domenichino, auteur d’un récent ouvrage sur Les communistes des Bouches-du-Rhône en Front populaire(*), les participants ont pu mieux connaître cette période dont la brièveté (deux ans seulement) est inversement proportionnelle aux traces qu’elle a laissées dans ce que l’auteur a appelé « les mémoires militantes ». Pourtant, « tout cela n’était pas écrit d’avance », soulignait Jean Domenichino, tant les « conséquences de la bolchevisation entamée en juin 1924 », avec la « stratégie classe contre classe » et les « nombreuses exclusions qui vont laminer le PCF » pesaient sur la période. A cela, « il faut ajouter l’apparition du sabianisme », Sabiani étant un ancien de la SFIO, devenu militant de l’Internationale communiste. « Exclu au congrès de Miramas en 1923 », Sabiani va créer une « fédération communiste autonome » et « mettre en place des phalanges prolétariennes dont l’objectif est en fait de rayer le PCF de la carte électorale », précise l’historien. Simon Sabiani qui achèvera son parcours à l’extrême-droite « va s’appuyer sur la famille Frayssinet, propriétaires des Chantiers et ateliers de Provence à Port de Bouc ». Au congrès d’Ivry en juin 1934, « le PCF rompt l’amalgame entre fascisme et social-démocratie », explique Jean Domenichino, la manifestation des ligues factieuses du 6 février 1934 ayant fait prendre conscience à la gauche du danger fasciste. Aux législatives de 1936, dans le département, « la SFIO gagne trois Députés mais en perd trois, les vainqueurs sont les communistes qui gagnent trois circonscriptions : à Arles et deux à Marseille avec Jean Cristofol et François Billoux qui bat Sabiani ».

D’une embellie à l’autre ?

La suite est mieux connue avec « l’embellie » de 1936, marquée par d’importantes conquêtes sociales dont « la généralisation des congés payés et la semaine de 40h, en fait les salariés en font plus mais sont payés en heures supplémentaires », précise l’historien. Et « les débuts de la société de loisirs » grâce à l’œuvre de Léo Lagrange, qualifié de « Ministre de la fainéantise » par la droite. L’expérience du Front populaire prendra fin avec « la chute de Léon Blum le 8 avril 1938 » et la reprise en mains par le Parti radical qui signe la remise en cause des 40h : « Paul Reynaud dit : "il faut en terminer avec la semaine des deux dimanches". Des propos qui ne sont pas sans rappeler la situation actuelle où certains de ceux qui ont mis en place les 35h sont prêts à les sacrifier. On voit bien que beaucoup de choses aujourd’hui rappellent cette période », remarquait Jean-Marc Fourneyron. Pour le Secrétaire de la section locale du PCF, marcher sur « les deux pieds, syndical et politique, permet de donner des perspectives et de mener les luttes offensives qui nous manquent cruellement ». En tout cas, le mouvement social actuel amène Patricia Fernandez-Pédinielli, Maire de Port-de-Bouc, à penser que « nous sommes à nouveau en train d’aiguiser nos consciences ». Les événements de ces derniers mois contribueront certainement à nourrir ceux qui sont à la recherche d’un « nouveau Front populaire ».

Jean-François Arnichand (La Marseillaise, le 6 juin 2016)

(*) Éditions « Les Fédérés-La Marseillaise »

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