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37e Congrès du PCF. Le mouvement social s’invite au congrès du PCF

Les responsables syndicaux parmi lesquels Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, se sont donné rendez-vous à Aubervilliers pour assister aux débats sur le projet et la stratégie des communistes.

Ovation debout pour Philippe Martinez, le Secrétaire général de la CGT, à son entrée au Congrès national du PCF. Avec Bernadette Groison (FSU), Éric Beyrel (Solidaires), Marthe Corpet (Unef), Samya Mokhtar (UNL), il est venu assister aux débats des communistes en plein mouvement social contre la loi Travail.

Pour Pierre Laurent leur invitation est « un hommage au syndicalisme dans un moment où certains dénigrent, injurient, caricaturent le combat syndical. C’est aussi une manière d’encourager toutes les mobilisations dont les syndicalistes sont acteurs », indique-t-il avant d’ajouter : « Les communistes, les élus et parlementaires communistes sont au côté du mouvement social pour obtenir le retrait du projet de loi Travail à commencer par son article 2. »

« Changer de politique »

Pour Philippe Martinez « un mouvement social de cette ampleur avec un gouvernement dit de gauche, c’est inédit ». « Comme on n’a pas d’écoute de Manuel Valls, on continue avec un rendez-vous social, un nouveau temps fort de la mobilisation le 14 juin », ajoute-t-il.

« Soit on discute soit on est sur un mouvement social qui malgré la pluie, les insultes, l’Euro, reste à 70% d’opinions favorables », rappelle le dirigeant de la CGT avant d’évoquer la votation citoyenne en cours sur le projet de loi Travail « qui fonctionne très bien parce que nous on n’a pas peur de demander l’avis des citoyens et des salariés ». Ses résultats seront connus fin juin.

Interrogé sur Jean-Luc Mélenchon qui prédit le départ de Manuel Valls, Philippe Martinez sourit, « il est prédicateur ? » puis affirme plus sérieusement : « La question n’est pas de changer les hommes mais de changer de politique. Si on met Macron à la place de Valls, je suis pas sûr que la politique changera. »

« Ce qu’on veut, c’est des réformes pour les salariés pas pour les patrons. C’est pas une histoire de casting mais d’orientation gouvernementale », conclut-il devant la presse.

En écho dans la salle, les congressistes qui ont entamé hier le débat sur la stratégie à suivre en 2017, soulignent que le mouvement social donne un relief nouveau à cette exigence de changement de politique qu’ils portent également.

L’entêtement du gouvernement sur la déchéance de la nationalité et désormais sur la loi El Khomri a accéléré la redéfinition des contours d’un possible rassemblement à gauche.

En présence d’André Chassaigne et d’Éliane Assassi, qui président les Groupes parlementaires, les délégués constatent l’évolution de l’attitude des Députés frondeurs qui « se sont ralliés au dépôt d’une motion de censure de gauche » après l’usage par le gouvernement du 49-3.

Dans l’assistance, un de leurs représentants, l’ancien Ministre Benoît Hamon est assis aux côtés de Clémentine Autain (Ensemble) et de Danielle Simonnet (PG).

Le « tous ensemble » scandé dans les manifestations trouvera-t- il un débouché politique ? C’est l’un des enjeux du congrès du PCF qui s’achèvera demain.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 4 juin 2016)

Échanges nourris sur la stratégie à suivre en 2017

« Aujourd’hui c’est le grand retour de la question sociale, l’opposition à la loi El Khomri porte loin car elle pose la question d’un choix de société. Elle réveille les imaginaires et les possibles », lance Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, en introduction de la partie du texte de Congrès consacrée à la stratégie à suivre en 2017.

Largement réécrit et actualisé après les conférences tenues dans les sections et les fédérations, le texte propose de « faire grandir un processus collectif » en trois étapes. D’abord un appel au rassemblement pour un « pacte d’engagements communs de toutes les forces populaires, sociales et politiques ». Ensuite, il sera soumis à l’automne à « une votation citoyenne pour en faire un mandat populaire pour 2017 ». Enfin, Olivier Dartigolles précise que « les forces engagées auraient la responsabilité de désigner une ou un candidat ». Si plusieurs candidatures sont « disponibles », il faudra trancher par « une primaire citoyenne ou tout autre forme de désignation citoyenne. Le PCF est prêt à y engager un candidat. »

Le processus proposé suscite le débat parmi les délégués. Christian Picquet, qui avec ses camarades de Gauche unitaire, a adhéré au PCF, le soutient et considère que « le Front de gauche s’est détourné de son point de départ : réorganiser la gauche dans son ensemble ».

Une conférence nationale le 5 novembre

À propos de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, il ajoute : « Nous n’avons pas vocation à être des porteurs d’eau d’une aventure solitaire. » Hervé Poly, Secrétaire départemental du Pas-de-Calais, lui refuse la proposition et souhaite une candidature du PCF « si possible notre Président de Groupe à l’Assemblée, André Chassaigne ». Sans ouvertement soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon, Frédérick Genevée « regrette que le texte parle de l’Humain d’abord [le programme de 2012, NDLR] seulement au passé ». Le débat se prolongera jusqu’aujourd’hui. Une conférence nationale le 5 novembre prendra la décision définitive pour la présidentielle et les législatives.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 4 juin 2016)

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