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Eurogroupe. Grèce et créanciers : un accord... certes

Des versements de prêts pour rembourser les créanciers, de l’argent injecté pour alléger la dette qui n’a rien d’un cadeau et un allégement envisagé pour… 2018.

C’est vers 3 heures du matin, hier, que les Ministres des Finances de la zone euro ont mis un point final à leur réunion sur la Grèce. Une conférence de presse a été organisée dans la foulée pour présenter les résultats d’un accord permettant de débloquer de nouveaux prêts à la Grèce et abordant la question de la dette. « Un bon accord » se sont félicités les créanciers, même s’il a été « difficile » précise Pierre Moscovici (commissaire européen) et qui a « permis de restaurer la confiance » a insisté Jeroen Dijsselbloem (Président de l’Eurogroupe). « Un moment important » a pour sa part apprécié Euclide Tsakalotos, Ministre grec des Finances tandis que plus tard dans la matinée, le gouvernement d’Athènes a salué un texte garantissant « pour une longue période le financement de l’économie dans des conditions très favorables » et ouvrant la voie à « un règlement immédiat de la question de la dette ».

Concrètement, cet accord a validé l’idée de débloquer 10,3 milliards d’euros de prêt. Mais en plusieurs tranches -la première de 7,5 milliards dès juin - toutes soumises à de nouvelles mesures- « des corrections » relativise Pierre Moscovici. Cet argent est par ailleurs pisté : il doit servir à rembourser le service de la dette (avec 2,2 milliards à la BCE le 20 juillet) et « à apurer les arriérés ». Le respect de cette utilisation étant soumis à un « cadre de surveillance ».

Côté dette, le discours était profondément technique. Cependant, l’allégement de la dette ne reste qu’une éventualité qui ne sera examinée qu’à partir de 2018. Le représentant du FMI en Grèce, Paul Thomson a d’ailleurs fait part d’une « concession majeure de son institution ». Cette dernière voulait « des mesures d’allégement approuvées d’emblée, elles ne le seront qu’à la fin du programme et s’il est respecté ».

Des « concessions » ont cependant été faites pour injecter de l’argent à court terme afin que ce service de la dette pèse moins lourd. Cet argent provient notamment des bénéfices réalisés par la BCE quand elle avait racheté les titres grecs en 2012 sur le marché secondaire. Ces derniers atteignent 1,8 milliard d’euros pour la seule année 2014 et devraient être redonnés à la Grèce en 2017. Autre option mentionnée : utiliser pour un « remboursement partiel des prêts », les 19 milliards restant sur les 25 provisionnés en août dernier pour recapitaliser les banques. Directeur du MES, Klaus Reling reconnaît que « ceci ne va pas nécessairement se traduire par des économies pour la Grèce, notamment à court terme ».

Enfin, l’accord prévoit la réouverture, annoncée pour juin, du robinet des financements réguliers et gratuits de la BCE en faveur des banques grecques.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 26 mai 2016)

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