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Grèce. Plus que des négos, du billard à trois bandes

Eurogroupe. Nouvelle réunion « cruciale » sur la Grèce avec un FMI qui devient omniprésent et qui exige désormais un moratoire sur la dette.

Un FMI qui n’a toujours pas dit s’il comptait, ou pas, participer au financement des 86 milliards d’euros de prêt qui doivent être débloqués pour la Grèce. Un FMI qui pourtant a exigé le vote d’un mécanisme de correction automatique en cas de dérapage budgétaire, en plus de ce qui avait été signé dans la douleur lors du mémorandum de l’été dernier et qui a été adopté dimanche par le Parlement grec, au prix de nouvelles manifestations de rue et de la démission d’une Députée de Syriza. Un FMI qui réclame enfin… une réduction sans condition et immédiate de la dette grecque.

Tel est le contexte dans lequel s’est ouvert hier une nouvelle réunion de l’Eurogroupe (réunion des Ministres des Finances de la zone euro) sur le cas grec, réunion qui comme toutes les précédentes est présentée comme cruciale. Pour la Grèce, certainement, qui depuis presque un an attend les crédits qui devaient aller avec les réformes exigées, qui doit rembourser 2,2 milliards d’euros à la BCE le 20 juillet prochain et qui aurait accumulé 7 milliards de factures impayées selon des sources européennes. Pour les créanciers en revanche, le mot crucial a souvent un sens singulier, synonyme de capacité à formuler de nouvelles exigences.

Dans ce jeu sans fin où la mise essentielle semble mettre fin à la possibilité d’une expérience gouvernementale radicale, chacun joue un rôle particulier. L’Allemagne impose le FMI qui pourtant défend une position contraire à la sienne concernant la dette. La France qui n’a de cesse de montrer qu’elle est incontournable même si elle semble très peu… écoutée. Encore hier, Michel Sapin, Ministre français des Finances disait vouloir « voir traitée la question de la dette de la manière la plus détaillée possible ». Une Europe qui par la voix du Président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, acte la position allemande en affirmant que « ce n’est pas une option de continuer sans le FMI ».

Dévalorisation plutôt que hair cut

Et le FMI veut donc un moratoire sur la dette qui représente 180% du PIB grec, soit un arrêt des remboursements jusqu’en 2040 puis leur étalement jusqu’en 2080. Pas de « hair cut » dont les créanciers européens ne voulaient absolument pas entendre parler, mais au final, une véritable dévalorisation du montant réel au fil des ans. Mais le FMI restant le FMI, des exigences sont toujours maintenues pour l’excédent primaire, histoire de tuer dans l’œuf toute tentative d’investir.

Même ainsi, la proposition est aux antipodes de la volonté de l’Allemande qui jugeait que d’ici 2018, nul était besoin de parler de dette. D’où le bras de fer de la réunion d’hier qui s’est étirée en longueur…

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 25 mai 2016)

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