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Démocratie. Retour du clivage droite-gauche à la Région

Première réunion de la conférence régionale consultative promise par Christian Estrosi (LR) hier. Échanges aigres-doux dans un espace de débat qui reste à conquérir.

Ambiance étrange hier au Conseil régional. Pour la première fois depuis l’élection de Christian Estrosi (LR), des représentants de la gauche pénètrent dans un hémicycle d’où elle est désormais exclue depuis le retrait de la liste socialiste et l’élimination de celle de la Région coopérative (EELV-Front de gauche). Conscient qu’il doit sa victoire au report des voix progressistes pour faire barrage au Front national, Christian Estrosi réaffirme sa volonté de créer avec la conférence régionale consultative une « agora du XXIe siècle » dans laquelle chacun serait représenté. « Les électeurs ont souhaité éviter une tache noire sur la Provence, les Alpes et la Côte d’Azur. Ils ont refusé l’affront national », lance-t-il en ouverture des travaux de cette instance inédite. « Je suis et je reste un homme de droite, un gaulliste social », précise-t-il à toutes fins utiles. « Je ne voulais pas tomber dans l’écueil de Jacques Chirac en 2002 », assure-t-il, après avoir renoué avec sa rhétorique d’entre-deux tours sur la Résistance qui « est un combat bien sûr mais aussi un état d’esprit ».

« Ni dans la parole ni dans l’apparat »

À ses côtés, Michel Vauzelle (PS), Jean-Claude Gaudin (LR) et Michel Pezet (PS), ses trois prédécesseurs qui ont accepté de co-présider la conférence consultative, saluent tour à tour une volonté de faire vivre le débat démocratique sur les enjeux régionaux.

Plus incisif, Christophe Castaner, ex-tête de liste PS, rappelle que « la liberté d’expression, de contradiction, d’opposition se voit réduite à 10 minutes par Groupe ». Quelques « 49-3 » remontent en écho à la tribune presse depuis les bancs de la droite. Regrettant de ne pouvoir s’exprimer sur le budget qu’après son adoption, le socialiste considère qu’en l’état « il est un cruel démenti aux promesses et aux propos que vous teniez il y a quelques mois ». Après Ladislas Polski (MRC), critique sur la présence au sein de la conférence de représentants des cultes, Gaëlle Lenfant (PS) fustige la suppression de politiques en faveur de la jeunesse qui avaient été mises en place par l’ancienne majorité et appelle le nouveau président à plutôt s’inspirer « du programme du Conseil national de la Résistance ».

Sophie Camard, ancienne co-tête de liste EELV de la Région coopérative, prévient : « Nous n’entendons pas rester ni dans la parole ni dans l’apparat. » Elle confesse son abstention au second tour « après des nuits d’insomnie », pointe la baisse des budgets dédiés à l’environnement et une « complaisance avec les thèmes sécuritaires » mais se félicite de la mise en place d’une conférence permanente des arts et de la culture, « c’était dans notre programme ». Luc Léandri (PG) lance à Christian Estrosi : « Sur les TER quand vous dites que ça va mieux j’ai l’impression d’entendre François Hollande sur l’état du pays. » Quant à André de Ubeda (PCF), il considère que le budget 2016 « est marqué par l’austérité. La cohérence est une valeur républicaine. On ne peut pas être pour la baisse des dépenses publiques à Paris et s’en plaindre en région. » Avant de céder la parole aux représentants des autres listes, Christian Estrosi s’est engagé à présenter les prochains budgets à la nouvelle instance au cours de leur préparation, laissant augurer l’ouverture, cette fois, de véritables débats.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 13 mai 2016)

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