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Martigues. Palestine : pour sortir, enfin, du prisme religieux

Une conférence-débat avec Pierre Stambul et Mustapha-Mohamed Mustapha organisée par le café associatif « Le rallumeur d’étoiles ».

Sortir la question palestinienne du prisme du conflit « religieux » : c’est l’idée-force qu’ont exprimé Pierre Stambul, militant de l’Union juive française pour la paix (UJFP) et Mustapha-Mohamed (« comme Charles-Edouard », précise-t-il) Mustapha, intervenant palestinien, jeudi soir à la MJC, dans le cadre d’une initiative organisée par le café associatif Le rallumeur d’étoiles.

A la question « N’est-il pas interdit d’opprimer les autres dans la religion juive ? », posée par une jeune fille de la maison de quartier de Paradis-Saint-Roch -où un travail de préparation au débat avait été effectué- Pierre Stambul répondait : « Cette guerre n’est pas religieuse », évoquant chez ceux qui se réclament du judaïsme à la fois « des choses horribles et des prêches pour l’égalité ». Pour les deux intervenants, c’est bien d’un « conflit colonial » dont il s’agit et figer le débat dans des termes religieux est une forme d’essentialisation bien commode qui rend toute perspective de paix impossible.

« Un pays fragmenté »

Pierre Stambul qui s’est rendu récemment en Palestine évoque « un pays totalement fragmenté » avec « un véritable imbroglio en Cisjordanie où existent trois zones » et « une colonisation qui avance à une vitesse effrénée ». A Hébron, « la situation économique s’est aggravée depuis cinq ans, avec une mendicité qui n’existait pas auparavant », précise-t-il. Une Ministre de la « justice » du gouvernement Netanyahou qui affirme que « les Palestiniens sont des serpents » et accorde ainsi à l’armée et aux colons un véritable « permis de tuer », des attaques contre le mouvement « Breaking the silence » (Briser le silence) où des soldats témoignent des exactions commises par l’armée israélienne : le tableau est sombre. « Le parti de la guerre l’a emporté » en Israël, constate amèrement Pierre Stambul, malgré le travail de révélation mené par le grand quotidien Haaretz.

« Une théorie de la séparation »

Pour le militant de l’UJFP, dont le père appartenait au groupe Manouchian (« Il fut un des rares survivants »), c’est bien « la confusion entre juifs, sionistes et Israéliens » qui constitue le fond du problème.

« Notre avenir est le passé des Amérindiens », lâche dans une formule saisissante Mustapha-Mohamed Mustapha, « Arabe palestinien » vivant à Jérusalem qui refuse de choisir entre les composantes païenne, juive, chrétienne et arabo-musulmane de son « identité ». « La théorie du choc des cultures n’a aucune va- leur car il y a eu des périodes d’harmonie », relève-t-il, tout en pointant la responsabilité des pays occidentaux qui ont contribué à faire de l’État d’Israël une sorte de gendarme de la région. « On ne peut pas accorder l’arme nucléaire à Israël et parler après des valeurs de la République et de l’humanité », souligne-t-il. Devant une salle comble, il montre son « titre de voyage jordanien, un titre bon pour les pays arabes mais je n’ai pas le droit de vivre en Jordanie ».

Cartes historiques de la Palestine à l’appui, il juge la solution des deux États « impossible » tandis que Pierre Stambul rappelle qu’« il y a des courants antisionistes dans le judaïsme, le sionisme est une théorie de la séparation, or je suis pour le vivre ensemble ».

Jean-François Arnichand (La Marseillaise, le 13 février 2016)

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