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Transport. Des gares déshumanisées

Action du collectif « le train un investissement d’avenir » hier matin auprès des usagers des TER pour alerter sur la suppression de guichets et de trains, faute de personnel.

De bonne heure et tracts à l’appui, les membres du collectif « le train, un investissement d’avenir » (PCF, EELV, association des élus communistes) sont allés à la rencontre des usagers de la SNCF dans les différentes gares du département pour les alerter sur la « déshumanisation » du service public. « 50% des gares des Bouches-du-Rhône sont sans présence humaine du tout et la SNCF veut amplifier le phénomène », dénonce Florian Salazar-Martin, Président de l’association départementale des élus communistes et républicains (Adecr 13). « Les gares d’Arles, Carry, Sausset Martigues et Istres sont concernées », égrène-t-il aux côtés de syndicalistes CGT qui soutiennent l’action du collectif. Daniel Faure, cheminot, pointe les conséquences de la suppression de 50 postes aux guichets mais aussi du manque de personnel dans les trains : « la CGT évalue à 80 le nombre de conducteurs manquants en Paca ».

Des annulations par manque de conducteurs

Ainsi, pendant les vacances de février, la SNCF supprime de nombreux trains en invoquant des « difficultés d’exploitation ». Daniel Faure, insiste : « quand il est indiqué qu’un train est annulé, c’est pas parce que le conducteur ne s’est pas levé, c’est parce qu’il n’a jamais été embauché ». Pire pour Florian Salazar-Martin : « sur la Côte bleue un seul train est maintenu, le reste est remplacé par des cars ! » Choquant pour Henri Bascunana, responsable de la cellule PCF des cheminots, « la SNCF fait du transport, mais plus du service public ferroviaire et la Région, autorité organisatrice, ne dit rien ! », accuse-t-il. Les premiers actes de la nouvelle majorité régionale ne sont pas de nature à rassurer le collectif. « La direction de la SNCF a désormais en face d’elle, une Région qui partage sa vision fondée sur la recherche d’économies au détriment du service public, nous serons très vigilants sur la prochaine convention qui sera négociée », prévient Florian Salazar-Martin.

Christian Estrosi, nouveau Président de Région LR, qui rencontrera les syndicats de cheminots le 17 février devrait bientôt recevoir le collectif comme il s’y était engagé lors du dévoilement des nouveaux « portiques de sécurité », en gare Saint- Charles. Une initiative fraîchement reçue par les membres du collectif qui y voient les prémices de suppressions de postes chez les contrôleurs « alors que la sécurité c’est d’abord de la présence humaine mais aussi des moyens pour la maintenance du matériel et des infrastructures ».

Florian Salazar-Martin annonce un retour rapide du collectif dans les gares du département « au regard de l’accueil des usagers sur cet enjeu ». « Le train c’est un atout pour le développement du territoire », complète en ce sens Cédric Gimenez de la CGT.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 9 février 2016)

Miramas. Trafics en hausse, emplois en baisse

En juin 2015, la direction de fret SNCF de Miramas annonçait une importante réorganisation qui devait se traduire par la suppression de 49 emplois, soit un sur trois. Le 25 juin, 200 personnes se rassemblaient devant le siège de l’unité pour dénoncer ce projet.

Face à la mobilisation (90% de grévistes et une pétition signée par neuf cheminots sur dix), « la Direction avait suspendu son projet, sans pour autant en abandonner l’idée » précise le syndicat CGT des cheminots de Miramas. La nouvelle mouture est tombée en janvier : au lieu de la suppression programmée de 49 emplois, le nouveau projet prévoit... la disparition de 37. Une perspective jugée inacceptable par la CGT, syndicat largement majoritaire qui a obtenu 80% des voix sur les trois collèges (exécution, maîtrise et cadres) lors des élections professionnelles de novembre dernier.

Le syndicat pointe en effet une nette augmentation de l’activité globale du site (plus 20% depuis 2013). « Nous réalisons des trafics supplémentaires et nouveaux, repris à la route ou à des opérateurs ferroviaires concurrents, avec 40 trains supplémentaires par semaine », souligne Fabrice Tränkle, Secrétaire du syndicat qui ajoute que, « le site s’est déjà fortement restructuré, malgré le regroupement sur Miramas de nombreux services fret de PACA ». Aujourd’hui, l’ensemble des convois fret de la région est formé à Miramas. Selon le syndicat CGT des cheminots, « les charges d’exploitation ont baissé de 31 ans en 5 ans et le chiffre d’affaires généré par la plateforme a augmenté de 7% en un an ».

Ce projet serait-il la contribution (pas vraiment volontaire en l’occurrence) du site de Miramas au plan national de la SNCF qui prévoit la suppression de 2.000 emplois, dont 500 pour le fret ? Les agents qui ont « envahi » la réunion du CHSCT du 3 février ne l’entendent pas de cette oreille. Trois réunions de concertation sont prévues, ainsi qu’une audience avec les élus locaux et le Président de la Région où la CGT veut faire entendre ses propositions. Pour le syndicat, « si la Direction ne prenait pas en compte le mécontentement général et les revendications, elle prendrait la responsabilité d’un conflit local dur, avec des répercussions sur les sites ferroviaires des alentours : Martigues, Fos, Marseille, Avignon ».

Jean-François Arnichand (La Marseillaise, le 9 février 2016)

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