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Mobilisation. Face au Medef, la colère décolle

La journée nationale d’actions interprofessionnelles a donné lieu à un rassemblement sous les fenêtres du patronat à Marseille. Un bloc progressiste contre les politiques d’austérité.

La politique du gouvernement socialiste et l’envolée de la criminalisation des actions syndicales sont dans la ligne de mire des forces progressistes, nationalement, avec un accent prononcé dans le Sud. Dans les Bouches-du-Rhône où tout le bassin d’emplois est frappé de plein fouet par la casse sociale qui passe par celle du code du travail, la CGT fait monter la pression avec une démarche de convergence des luttes. Toutes les sections de l’Union départementale CGT, avec le NPA, la FSU, Solidaires, le PCF, les JC et le PG étaient rassemblés dès 14h place Charles-de-Gaulle devant le Medef.

Hier, jour prévu de l’audience au tribunal de Bobigny des 5 salariés d’Air France, finalement reportée au 27 mai, diverses initiatives se sont déroulées le matin sur tout le bassin d’emplois destinées à informer et à mobiliser les salariés des entreprises du département face aux « choix politiques économiques et sociaux d’un gouvernement qui sert les intérêts du monde de la finance, aux actionnaires, qui ruinent le pays et se livrent à une répression syndicale sans précédent » rappelle le Secrétaire général de l’UD CGT lors d’un grand rassemblement à Marseille. Une UD bien décidée à « en finir avec la mainmise des multinationales » qui, avec l’appui du gouvernement « utilise l’état d’urgence comme un moyen supplémentaire à sa disposition ».

Éclatement du modèle social, coups portés contre l’industrie, l’emploi en général, instaurent un climat délétère, ruinent les espoirs de la jeunesse et les dividendes augmentent chaque année. Mais la riposte est lancée. « Nous ne les laisserons pas faire. Air France, SNCM, Casino, Saint-Louis Sucre, Sodexo… aucun de vous ne sera seul dans le combat car nous ne cesserons jamais de travailler à la convergence de nos luttes », promet Olivier Mateu.

Légitime défense

Chez Air France justement, Aimé Musto fait le décompte : « Un PSE à 2.900 salariés, 80 suppressions à Ajaccio, 74 sur Bastia et 70 sur Nice… » et suite à l’épisode de la chemise déchirée, « 11 sanctions de 2e degré, des mises à pied pour des faits pas avérés car nous avons visionné le film à charge, il n’y a rien, 5 licenciements, un recours gracieux refusé… elle est là la violence. Et on peut tous y être confrontés. Nous sommes en légitime défense. » La réponse des salariés d’Air France à ces pressions ne s’est pas faite attendre : un arrêt de travail. Depuis le 1er décembre « 90% de grévistes tous services confondus à l’aéroport Marseille-Provence ».

Du côté des marins de la SNCM, la grève a été reconduite, pour le douzième jour, à 70% le matin même. « Pour défendre les 900 emplois concernés par la reprise de la compagnie », précise Frédéric Alpozzo. Le Secrétaire général de la CGT marins ne décolère pas devant les méthodes utilisées pour saboter la compagnie : « Ce gouvernement montre son vrai visage, ennemi des valeurs républicaines et qui se dit socialiste, c’est une imposture. Il fait pire que la droite. » Là encore, la sanction, « tout sauf l’extrême droite », réside dans la « convergence totale. Il faut créer les conditions d’un nouveau programme de la Résistance, organiser le rapport de force car il n’y a que ça qu’ils comprennent. Soyons fiers de lutter pour les travailleurs et la population. »

Myriam Guillaume (La Marseillaise, le 3 décembre 2015)

« Tant de haine pour une chemise »

Aux côtés des salariés, des militants syndicaux, les responsables des partis politiques n’étaient pas en reste pour dénoncer l’acharnement dont font preuve patronat et gouvernement contre celles et ceux qui font fonctionner les entreprises. Pour le NPA, Jean-Marie Battini s’indigne du procès dont sont victimes les syndicalistes d’Air France. « Tant de haine pour une chemise, alors que la violence patronale redouble et que le gouvernement n’est jamais condamné. Cette violence qui jette les salariés à la rue. » Hélène Le Cacheux, pour le Parti de gauche, lui fait écho. « La criminalisation des syndicalistes est sans commune mesure avec la gravité des décisions prises par les financiers ou les actionnaires des grandes sociétés. Certains nous disent qu’au lendemain des attentats du 13 novembre, il n’y avait pas lieu d’être dans la rue. Nous leur répondons que la restriction des libertés n’implique pas que nous nous taisions et que nous laissions la parole aux seuls responsables de ces événements. » Isabelle Bonnet (Lutte ouvrière) dénonce le fait que « le gouvernement actuel défende les plus riches avec la même constance que Sarkozy. Qu’en est-il des travailleurs précaires, des intérimaires ? » Pierre Dharréville, Secrétaire départemental du PCF 13, estime qu’il est déterminant « que les gens se mobilisent pour revendiquer leurs droits, en conquérir de nouveaux et exiger la fin de l’austérité. Nous sommes dans une société en panne que seule la plus grande mobilisation peut remettre en marche. Nous revendiquons l’universalité de ces droits pour lesquels nous sommes rassemblés ici. »

Gérard Lanux (La Marseillaise, le 3 décembre 2015)

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