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Camp des Milles. Les religions unies face à la barbarie

Les représentants des trois grandes confessions ont signé la déclaration nationale inter-religieuse pour la fraternité et contre les extrémismes.

Le site-mémorial du Camp des Milles accueillait hier, une conférence en présence du Cardinal Philippe Barbarin (archevêque de Lyon et primat des Gaules, au nom de l’ensemble des Eglises chrétiennes de France), Ghaleb Bencheikh (islamologue, Président de la Conférence mondiale des religions pour la paix) et Réouven Ohana, Grand Rabbin de Marseille. Cette rencontre « était programmée de longue date, mais prend un relief particulier dans le contexte actuel » introduit Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles, pour qui « au plus tôt les religions prennent la parole, plus elles sont efficaces pour enrayer les processus criminels ». La parole des trois grandes confessions, en l’occurrence, prend la forme d’une déclaration nationale inter-religieuse pour la fraternité, signée hier par les trois intéressés après des allocutions d’où émergeaient nombre de valeurs partagées. « Notre point commun, c’est la question de la miséricorde », estime le cardinal Barbarin, « ce mot est une notion majeure dans la Bible, le Coran et la Torah. Il est le socle de notre rapport fraternel, gravement malmené aujourd’hui ».

« Vers un avenir fraternel »

« L’année se termine comme elle avait commencé : dans l’épouvante » rappelle Ghaleb Bencheikh avec gravité, « nous n’allons pas nous habituer à la récurrence de cette horreur. Pour cela, tournons- nous vers l’insoumission et la résistance face à la barbarie ». Et citant l’Ecclésiaste -« Il y a un temps pour démolir et un temps pour construire, un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se taire et un temps pour parler, un temps pour la guerre et un temps pour la paix »- Ghaleb Bencheikh complète avec ses propres mots : « Après le temps de l’effroi et celui de la condamnation, voici venu le temps du sursaut et du réveil des consciences ». Réouven Ohana, lui, convoque le Lévitique pour illustrer sa pensée : « Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l’opprimerez point ». Les orateurs, malgré les nombreuses références aux textes sacrés, tiennent toutefois à délester leur démarche du seul contexte religieux, le Rabbin Réouven Ohana précisant « nous nous adressons à l’ensemble des citoyens. La vérité, la justice et la paix sont les piliers sur lesquels tient le monde et tous ceux qui y vivent, croyants ou non-croyants ». Un acte citoyen autant que religieux, concrétisé par la signature commune d’un appel national à « faire échec à toutes les formes de racisme, d’antisémitisme, d’islamophobie, de mépris du christianisme (…), à combattre les germes de violence contenus dans nos cœurs, nos communautés, issus d’une manipulation de nos propres traditions religieuses (...), à transmettre aux jeunes générations une histoire partagée et à faire converger les leçons de toutes les mémoires blessées », concluant d’une voix : « le présent pacte de fraternité se veut un trait d’union entre nos religions et un pont vers un avenir fraternel ».

Sabrina Guintini (La Marseillaise, le 30 novembre 2015)

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