Fédération des Bouches-du-Rhône

Fédération des Bouches-du-Rhône
Accueil > Eco-social
 
 
 
 

Martigues. Une réponse globale pour une communauté de destin

« Gueule d’industrie ». Dans le cadre du festival, Gaby Charroux présente son Livre blanc sur l’industrie. Un état des lieux et des perspectives pour ce territoire essentiel à l’économie du pays.

Député de la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône (qui comprend les villes de Martigues, Port-de-Bouc, Fos, Istres, Port-Saint-Louis et Saint-Mitre), Gaby Charroux a fait de la question industrielle un axe essentiel de son mandat. Pas parce que les usines font partie du paysage, mais bien parce que, selon lui, l’industrie est le « moteur essentiel de notre développement économique, social et environnemental ».

Dès 1920, sur les bords du chenal de Caronte à Martigues et Port-de-Bouc, et dans les années 1970 pour la zone industrialo-portuaire de Fos (ZIP), ce territoire à l’ouest du département s’est développé grâce à l’industrie, et a été « facteur de grand développement pour la nation » et pour les villes autour. Dire que le territoire est « véritablement industriel » n’est pas un vain mot, et le livre s’attache à décrire les nombreuses filières : raffinage, chimie et pétrochimie, sidérurgie, aéronautique, énergie, cimenterie, traitements des déchets et logistique. Mais l’industrie a énormément besoin de la sous-traitance, et Gaby Charroux pointe là une problématique : pour une entreprise pétrochimique de 500 personnes, il recense pas moins de 256 sociétés référencées qui interviennent sur le site à des degrés divers, de l’ingénierie au gardiennage, en passant par les mesures de vibrations ou l’enfûtage, « nous pouvons ainsi analyser la manière dont aujourd’hui fonctionne l’industrie lourde, et comment, décennies après décennies, ces grandes industries ont évacué de leur périmètre un nombre considérable de compétences pour les confier à d’autres entreprises ».

Surtout, depuis plusieurs années, l’industrie est attaquée par des détracteurs qui considèrent, « en fin de compte, qu’elle ne sert à rien » cite le Député, qui analyse les « raisons de ce mal endémique ». Il relève qu’entre 1980 et 2007, l’emploi industriel est passé de 5,3 à 3,4 millions, soit une baisse de 36%, et détaille les différentes périodes de cette désindustrialisation. Il dénonce aussi « le mythe de l’entreprise sans industrie », « la fin du "colbertisme technologique" » et l’absence d’une politique du système productif.

Cette « étude approfondie et quasiment exhaustive », Gaby Charroux l’a menée aussi par de nombreux témoignages. Cette réflexion l’a convaincu qu’il fallait traiter la question de « cette terre industrielle abandonnée par l’État, les actionnaires des grands groupes internationaux, la bourgeoisie commerciale et de patrimoine de Marseille » de façon globale, avec ce qu’il appelle « une communauté de destin ». Car son livre n’a pas d’autre but que de réaffirmer l’importance de l’outil industriel du territoire, essentiel « à la satisfaction des besoins humains ».

Il propose de créer un Conseil économique et social territorial, qui réunirait élus des différentes collectivités, organisations syndicales et patronales, services de l’État, Chambre de commerce, Pôle emploi et organismes de formation. Il développe enfin plusieurs pistes: soutenir une filière aéronautique en plein essor (Pégase) et le projet PIICTO, encourager des projets industriels innovants (déconstruction navale, éolien flottant, industrie du cinéma, cosmétique), développer la chimie verte, l’économie circulaire, la filière hydrogène… Pour Gaby Charroux, il n’y a qu’« une seule direction à notre boussole: offrir à notre population des perspectives d’avenir en termes d’emploi et de formation ».

Nathalie Pioch (La Marseillaise, le 28 novembre 2015)

« Pour une communauté de destin : livre blanc de l’industrie dans la XIIIème circonscription des Bouches-du-Rhône », présenté par Gaby Charroux, aux éditions des Fédérés.

SNCF. Quand le travail déraille

Quatre films étaient au programme de la deuxième journée du festival du documentaire de luttes « J’ ai une gueule d’industrie, et alors ? » consacrée aux cheminots. De « Sur les routes d’acier » de Boris Peskine, film de 1938, qui évoque la nationalisation des chemins de fer à l’époque du Front populaire au plus récent, « Vérités et mensonges sur la S.N.C.F » de Gilles Balbastre (2015), le festival a exploré près de 80 ans de « Vie du rail ». Si le premier est une curiosité, un véritable hymne au chemin de fer dans le style de l’époque, le documentaire de Gilles Balbastre, réalisé avec le concours du Comité d’établissement des cheminots du Nord-Pas de Calais et du cabinet « Emergences » plonge le spectateur dans les difficultés actuelles de la SNCF et de la « réforme » ferroviaire. La confrontation entre les discours du président de la société, Guillaume Pépy, ou des médias dominants et les réalités de terrain vécues par les cheminots jettent une lumière crue sur la dégradation du travail. Si les responsables syndicaux (CGT, Sud Rail et UNSA) témoignent à visage découvert, un agent qui surveille quotidiennement l’état des voies a choisi d’être flouté pour pouvoir s’exprimer librement.

Perte de sens

Ses propos traduisent un véritable souffrance face à la perte d’initiatives, d’autonomie, causée par des organisations du travail absurdes où l’obsession des coûts domine tout. Au détriment de la sécurité qui devrait être le point de convergences « évident » entre les usagers et les cheminots. Loin de l’image de « privilégiés », de « preneurs d’otages » véhiculée à chaque grève (l’inénarrable Alain Duhamel qualifie leur dernier mouvement de « néo-gothique » !), les cheminots du Nord-Pas de Calais prennent en compte l’intérêt général dans une région qui, comme le souligne Gilles Balbastre a « la deuxième densité de population du pays après l’Ile de France ». Ils dénoncent notamment l’abandon d’une ligne sur laquelle circulent... des autocars précurseurs de la loi Macron et la séparation de la SNCF en plusieurs entités distinctes.

Invité de cette journée et cheminot, Dominique Maugars, cinéaste-amateur, a présenté « Des hommes véritables », construit à partir de bouts de films tournés par le ciné-club des ateliers de réparation ferroviaire de Saint-Pierre-des-Corps (à coté de Tours). Sur une trame familiale (la présence de son père qui fut employé dans ces mêmes ateliers), le film rend justice au rôle des comités d’entreprise en matière d’approche de la culture. Et la découverte à Ciné-Archives (organisme qui gère le fonds audiovisuel du PCF et du mouvement ouvrier) d’un film sur une sortie organisée pour les cadres lui inspire cette réflexion au fond très politique : « le patron ne pouvait pas laisser les ouvriers seuls se représenter, le cinéma est aussi un enjeu ».

Jean-François Arnichand (La Marseillaise, le 28 novembre 2015)

« Un jour ils ont dit non »

Dernière journée du festival « J’ai une gueule d’industrie, et alors ? » aujourd’hui à Martigues (salle du Grès), avec un colloque intitulé « Un jour ils ont dit non ». De 9h à 12h et de 14h à 18h, avocats, syndicalistes, experts économiques contronteront leurs expériences. Avec la participation de Me Valentin (avocat d’affaires pour Shell Berre, Kem One, Pétroplus), Jean-Marie Michelucci (cabinet Cidecos, ancien salarié d’Arkéma et Kem One), Lilian Brissaud (directeur de Cidécos), Olivier Leberquier (Scop TI, ex-Fralib), Edouard Pagni (Moulins Maurel), Patrick Castello (réparation navale), Stephan Dainotti (Nexcis), Philippe Lemarchand (Kem One), Jean-Luc Bindel (Secrétaire général fédération CGT de l’agro-alimentaire), Alain Aguila (Saint-Louis), Christophe Barbier (ex-Pilpa, entreprise de fabrication de glaces de Carcassonne, reprise en coopérative), Yvon Le Scornet (raffinerie Pétroplus), Pascal Galéoté (GPMM), Stephan Stamatiou (Dockers de Fos-sur-Mer), David Bouissou (Arkéma Saint-Auban, 04), Marcel Croquefer (Total Dunkerque), Fabien Cros (Total La Mède), Christian Pantoustier (Asco industrie)…

Cet après-midi, Gaby Charroux, Député, présentera le livre blanc de l’industrie dans la 13ème circonscription.

A 21h : films documentaires sur Manufrance, réparation navale de Marseille, Grandin, Rateau, Fralib…

La Marseillaise, le 28 novembre 2015

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.