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Mairie de Saint-Denis (93). « La police a effectué un travail remarquable »

Stéphane Peu. Maire-Adjoint (PCF) de Saint-Denis et président de Plaine-Commune Habitat, était sur place pendant l’assaut donné hier.

Stéphane Peu est élu de Saint- Denis, il revient pour La Marseillaise sur une journée qui a profondément secoué sa ville.

La Marseillaise. Quel est votre sentiment après l’assaut qui a été donné dans votre ville ?

Stéphane Peu. Chronologiquement les trois attentats aux abords du stade de France vendredi ont largement commotionné la ville. Quatre jeunes habitantes dont une blessée de vendredi m’ont appelé en pleine crise d’angoisse, se demandant si de nouveaux attentats avaient lieu. L’assaut a été très spectaculaire, il y a eu plus d’une heure et demie d’échange de tirs, de déflagrations en pleine nuit. C’est extrêmement impressionnant dans un quartier faubourien avec un périmètre d’intervention défini par le Raid et la BRI qui comprenait entre 15 et 20.000 habitants assignés à domicile.

La Marseillaise. Quelles informations leur avez-vous adressé ?

Stéphane Peu. D’abord nous leur avons dit qu’il ne s’agissait pas d’un attentat mais d’une intervention policière. Ça ne se vit pas pareil même si c’est très anxiogène aussi. Ensuite nous leur avons demandé de surtout rester chez eux, en dehors d’une quinzaine d’habitants qu’il a fallu évacuer de l’immeuble concerné.

La Marseillaise. Quelles dispositions d’urgence ont été prises ?

Stéphane Peu. Tout a été fermé, métro, fac, écoles. On a ouvert la Mairie à cinq heures moins le quart afin d’en faire un abri pour les secours. Une unité d’urgence avec six psychologues, des médecins, infirmières, assistantes sociales… a accueilli la première quinzaine de personnes évacuée puis toutes celles qui le nécessitaient. Dès que cela a été possible nous avons déplacé l’unité à 100 mètres de la mairie dans un centre municipal de santé.

La Marseillaise. Le quartier était-il connu pour être fréquenté par des intégristes ?

Stéphane Peu. Non en réalité, on ne sait pas à l’heure où je parle, si ces personnes étaient de la ville. Elles étaient dans des squats où par définition les personnes tournent beaucoup. Dans cet immeuble, 10 logements faisaient l’objet d’arrêtés d’insalubrité avec injonction de travaux aux propriétaires. Il y a eu tellement de coups de feu, de déflagrations, cette femme qui s’est faite sautée… que l’immeuble doit être laissé à la police scientifique le temps qu’elle opère son travail.

La Marseillaise. Les écoles, les lieux publics ré-ouvriront-ils au lendemain de cet assaut ?

Stéphane Peu. On s’efforce de tout ré-ouvrir. Nous maintenons le rassemblement que nous avions prévu aux abords du Stade de France à 18h avec le maire de Saint-Denis Didier Paillard. Anne Hidalgo, maire de Paris a confirmé qu’elle serait à nos côtés.

La Marseillaise. Quel message adressez-vous au reste du pays en tant qu’élu de Saint-Denis ?

Stéphane Peu. Saint-Denis est une ville populaire, métissée, qui comprend une centaine de nationalité. Son métissage est sa force. C’est une ville de culture et de solidarité, très structurée socialement avec beaucoup d’associations. Il n’y a jamais eu de tensions entre communautés. Il n’y a pas plus d’intégristes qu’ailleurs, peut-être un peu moins même, car la très vieille tradition d’immigration de la ville avec des couches successives qui se sont sédimentées a vu les anciennes générations intégrer les nouvelles. Sur la Mairie nous avons déployé une banderole « unis face à la barbarie ». Le Président de la République et le Ministre de l’Intérieur ont salué le calme et la discipline de la population de Saint-Denis. Ils ont remercié le Maire pour sa présence auprès des forces de l’ordre. Je dois souligner le travail remarquable de la police, qui, dans un quartier très peuplé, est intervenue en parvenant à ce qu’aucun civil ne soit blessé alors même qu’elle faisait face à des personnes d’une violence et d’une détermination absolues. Sept arrestations ont été réalisées ce qui est très rare dans les affaires de terrorisme.

Propos recueillis par Léo Purguette (La Marseillaise, le 19 novembre 2015)

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