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Pierre Laurent dans les Bouches-du-Rhône. À l'écoute de la colère

Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti communiste français, était en visite hier dans le département, pour échanger avec les salariés en lutte à la SNCF, SNCM, Saint-Louis Sucre et Air France.

C’est accompagné notamment de Jean-Marc Coppola et Nathalie Lefebvre, respectivement co-tête de liste régionale, et 1ère de la liste départementale de la Région coopérative, que le Secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, est allé soutenir les salariés en lutte dans plusieurs entreprises du département : après une rencontre avec les employés de Total et Casino à Istres, un repas avec des salariés de la SNCF et de la SNCM et un rendez-vous avec les porteurs d’un projet alternatif à Saint-Louis Sucre, Pierre Laurent a pu brièvement, entre deux avions, s’entretenir avec des représentants CGT d’Air France à Marignane. Quelques heures après une réunion lors de laquelle la direction a annoncé la suppression de 170 équivalents temps plein sur l’escale de Marseille, les syndicalistes dénoncent une situation « aberrante » : « Ici, la masse salariale est de 32 millions d’euros et on nous demande de faire un effort de 14 millions... Quasiment la moitié ! », s’insurge Aimé Musto, élu CGT, « Au 1er juillet, cet effort était de 8 millions. Ça va trop loin. » « Pourtant, les résultats annoncés par Air France sont mirobolants », souligne Pierre Laurent.

« Bientôt, on va nous proposer de respirer low cost »

Avec un bénéfice trimestriel record de 480 millions d’euros (contre 86 millions un an plus tôt), la compagnie ne fléchit pourtant pas sur les plans de licenciements engagés. « Ils vont bien devoir s’en expliquer », s’agace Pierre Laurent. « Selon eux, les résultats sont bons mais fragiles, témoigne un salarié, ça n’est jamais assez, il faut s’adapter au marché de demain, disent-ils. » Pire : « Ils nous demandent de les aider à supprimer les emplois à Marseille, pour pouvoir redevenir compétitif. Mais on n’aura pas les bras pour travailler ! », alerte Aimé Musto, qui assène, « on se battra pour chaque emploi menacé. On ne peut pas laisser passer ça. » Pour baisser les coûts, des solutions existent pourtant, aux dires du syndicaliste : « Si l'État joue son rôle d’actionnaire principal et diminue d’un euro la taxe aéroportuaire, au départ et à l’arrivée, à raison d’un aller-retour, ça fait 4 euros. On transporte 15 millions de passagers, ça fait déjà 60 millions d’euros d’économie ! » Désigné responsable de la situation actuelle, le gouvernement qui « aujourd’hui propose un car à deux euros. On propose de manger low cost, de voyager low cost. Bientôt on va nous proposer de respirer low cost ! » Sans soutien de la part de l'État ni de la part de médias dominants qui diabolisent la lutte depuis que le DRH y a laissé sa chemise début octobre, les salariés avouent accueillir avec soulagement l’appui des responsables communistes, « c’est le seul parti à notre écoute, bien sûr, que leur implication est importante pour nous, à l’heure où Hollande est plus préoccupé par la chemise de Monsieur Broseta que par la veste qu’il va prendre aux élections le mois prochain ». Pierre Laurent a confirmé sa présence le 2 décembre devant le tribunal de Bobigny, pour exiger la levée des sanctions contre les quatre salariés licenciés suite à l’altercation avec le DRH. Des sanctions intervenant avant même que la justice rende sa décision. « Un scandale », pour le responsable communiste, qui promet une forte mobilisation. L’opposition du PCF aux plans de licenciement sera ce jour-là, une autre revendication importante.

La Marseillaise, le 14 novembre 2015

Saint-Louis Sucre : leur projet alternatif

La visite du Secrétaire national du Parti communiste français aux salariés de Saint-Louis Sucre a eu ce mérite de pouvoir remettre sur le devant de la scène le projet alternatif qu’ils soutiennent, susceptible d’éviter, à moyen terme, la fermeture d’une entreprise emblématique de 150 ans. « Une entreprise saine, source de profits conséquents », a rappelé Fabien Trujillo, délégué syndical CGT à Pierre Laurent, dont le passage dans les Bouches-du-Rhône a été consacré à des rencontres avec des salariés en lutte. Car pour ces derniers, qui ont appris de leur direction le 6 janvier dernier, l’arrêt des activités de raffinage du sucre de canne, c'est un vrai scandale, « non seulement par les incidences que cela aurait sur l’emploi immédiat mais aussi sur l’activité industrielle de la région et notamment sur celle du port par où transitent les marchandises qui alimentent la raffinerie ».

Un marché très rentable

Accompagné de Pierre Dharréville, Secrétaire de la fédération PCF 13, et de Jean-Marc Coppola, Vice-Président communiste du Conseil régional et co-tête de liste pour les prochaines élections, Pierre Laurent s’est vu remettre par les salariés un dossier exposant les grandes lignes du projet alternatif que portent les salariés. « La direction prétend que notre métier de raffineur n’a aucun avenir mais aucune étude ne vient le prouver », poursuit Fabien Trujillo. « Le marché sucrier est très rentable. Alors nous proposons que cette activité soit maintenue et nous avons même des propositions pour la développer. » Avec notamment des accords scellés avec les producteurs des DOM-TOM ou même ceux de Cuba. « Nous savons également qu’il y a des possibilités d’exportation du sucre de canne raffiné, vers le Maghreb, l’Espagne ou l’Italie. » Un projet que Pierre Laurent s’est engagé à étudier et à apporter son concours afin qu’il aboutisse.

La Marseillaise, le 14 novembre 2015

Rencontre à Istres avec des salariés de Casino et de Total

Ils se sont donnés rendez-vous devant l’hypermarché Casino d’Istres afin de mettre la pression sur la direction dans le conflit qui les oppose à la petite surface Casino de Port-Saint-Louis. De 24 salariés en 2010, il n’y en a plus que 11 depuis le 31 octobre, date à laquelle quatre CDD n’ont pas été renouvelés. De plus, une salariée est en arrêt maladie, une en maternité et une a pris des congés. « Et la semaine dernière, le tout nouveau directeur était en formation. Il faut qu’on fasse tout : la caisse, la mise en rayons, se dépêcher de ranger les surgelés… 6 jours sur 7 ! Alors, depuis le 2 novembre, on a décidé de se mettre en grève », explique Annie Tayolle, déléguée CGT du personnel. Mais en guise de réponse à leur demande de négociations, la direction a assigné quatre salariés en justice et obtenu l’expulsion des piquets de grève. Difficile à avaler pour la CGT qui relève « que depuis le début du conflit, la direction a préféré dépenser 70.000 euros en frais d’huissier et de personnel de sécurité plutôt que de satisfaire nos revendications » et constate que « le PDG de Casino, M. Naouri, s’est octroyé une augmentation de 40% quand on doit se contenter de 0,5% soit 6 euros par mois ! »

Mais comme d’habitude, dans cette ville où l’entraide n’est pas un vain mot, la solidarité autour des grévistes est totale : « Heureusement que la clientèle est là, qu’elle boycotte le magasin et qu’elle nous soutient, y compris financièrement », poursuit Annie Tayolle. Dans leurs revendications pour la pérennité de l’emploi pour les CDD, la création d’un poste en CDI et le passage d’un temps partiel à un temps plein, les salariés (pour la plupart des mères de famille élevant seules leurs enfants) ont reçu la visite des élus du territoire Jean-Marc Charrier, Aurore Raoux et Nathalie Lefebvre, de Jean-Marc Coppola co-tête de liste Front de gauche-EELV aux régionales et de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF. Ce dernier a aussi rencontré les représentants des salariés de Total la Mède : « Tous luttent pour la préservation de leur industrie et des emplois de qualité. C’est le cœur de nos solutions collectives. Ce que je constate, dans ces échanges, c’est la richesse des projets et des solutions que les salariés développent, loin d’un discours à sens unique. Je dois porter leurs voix dans le débat public et démontrer qu’il y a des alternatives. »

La Marseillaise, le 14 novembre 2015

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