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9e arr. arr. de Marseille. Sauver le parc de la Mathilde

Urbanisme. Forte mobilisation hier au Cabot pour s’opposer au tracé en l’état du futur Boulevard Urbain Sud. La population refuse le sacrifice de 3 hectares d’espaces verts et défend une solution alternative.

Ils ne laisseront pas les bulldozers défoncer ce bel espace vert, ni les tronçonneuses abattre ses arbres centenaires. Il suffisait hier de regarder la foule se masser pour mesurer le niveau élevé de mobilisation que soulève déjà le projet réactivé de passage du Boulevard Urbain Sud (BUS) à travers le parc de la Mathilde dans le 9e arrondissement à Marseille. Une rocade qui labourerait tout sur son passage jusqu’à la Pointe-Rouge.

Plusieurs centaines d’habitants se sont donc retrouvés dimanche matin sur la pelouse de ce beau et rare parc municipal pour se rencontrer et organiser la lutte alors que les conclusions du rapport d’enquête publique sont attendues et l’avis subséquent du Préfet. « Nous avons déposé une pétition de 1.500 signatures en Mairie », rappelle Aline Ruggieri, porte-voix de Sauvons la Mathilde. L’association s’est d’ailleurs fédérée en collectif avec les Jardins familiaux voisins de Joseph Aiguier, SOS Nature et le CIQ du Roy d’Espagne qui voit sa coulée verte elle aussi menacée.

« C’est un projet mené sans réflexion par rapport aux nuisances. Il va à contresens de ce qui est souhaitable et souhaité par des citoyens responsables pour préserver aussi peu que ce soit notre planète pour les générations futures », décrit Mme Ruggieri. « On n’est pas contre le projet du BUS mais on veut sauver cet espace vert qui est un des rares poumons du quartier avec ses joggers, ses personnes âgées qui tricotent, prennent le soleil et papotent, ses enfants qui font du vélo, ses boulistes. On nous objecte que ce parc a été préempté et que ce projet date des années 30. Nous répondons que le monde a changé depuis. Et la conférence internationale du climat dans cette planète qui va mal ? »

L’association promeut une solution alternative : l’enterrement sur 800 mètres du tronçon autoroutier qu’il soit sur deux ou quatre voies. « Les 2/3 du parcours de la rocade L2 ont bien été enterrés. L’argument financier n’est pas recevable. Ce serait difficilement compréhensible pour les citoyens que nous sommes. Les commissaires enquêteurs ont un mois pour étudier et le préfet a un an pour rendre son avis. Nous n’avons pas l’intention de nous démobiliser », prévient Mme Ruggieri.

Présent dans le rassemblement, Hervé Menchon, élu EELV, dénonce l’appellation fallacieuse d’« artère verte » à ce projet pour tenter de lui donner une coloration écologique qu’il n’a pas. « C’est en fait une rocade de presque 9 km, depuis l’autoroute d’Aubagne jusqu’à la Pointe-Rouge. C’est donc un projet de mobilité qui favorise l’usage de véhicules privés et les forts flux routiers. » A ses yeux, le BUS aurait l’effet d’un « aspirateur à voitures ». « Censé désenclaver les quartiers et supprimer les bouchons, il va en créer plus. Le projet de BUS aurait un impact négatif sur les bouchons de la Pointe-Rouge en augmentant le flux de véhicules jusqu’au Parc National des Calanques. Sous sa forme actuelle, c’est une ambition tout à la fois anachronique pour Marseille, dangereuse et inadaptée aux urgences environnementales, climatiques et de santé publique. »

David Coquille (La Marseillaise, le 9 novembre 2015)

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