Fédération des Bouches-du-Rhône

Fédération des Bouches-du-Rhône
Accueil
 

Bienvenue à la Fédération des Bouches-du-Rhône du Parti Communiste Français

280, rue de Lyon
13015 - Marseille
T. 04.95.05.10.10
F. 04.91.58.57.24
- contact@pcf13.fr
- Facebook
- Twitter
- Instagram
- YouTube
 
 
 

La naissance des syndicats

Le salariat, dans sa forme actuelle, n’est apparu qu’avec l’avènement de l’économie capitaliste. L’esprit du syndicalisme naît en même temps et se développe au XIXe siècle.

La Révolution, dans un décret d’août 1790 reconnaît aux citoyens le droit de s’assembler et de former des sociétés libres. Paradoxalement, en juin 1791, la loi Le Chapelier interdit toute association professionnelle.

Cet état de fait va perdurer. Pour les autorités, interdire les associations permet de maintenir les ouvriers dans leur isolement. Une classe sociale dispersée n’est pas dangereuse.

Des sociétés de secours sont créées. On essaie à plusieurs reprises de limiter à 20 le nombre d’adhérents ou à imposer la mixité des professions.

Malgré l’étroite surveillance, nombre de ces sociétés ont une double vocation : prévoyance et résistance. Elles deviennent le ferment des luttes sociales.

Le XIXe siècle s’accompagne de répressions sanglantes : les canuts en 1831, les journées de 1848, la Commune de 1871… Les grèves se comptent cependant par dizaines et les révoltes entraînent des solidarités qui se structurent sous une forme syndicale.

Les autorités redoutent en permanence de nouvelles insurrections. Après les journées révolutionnaires de 1848, on remodèle le cœur des villes –ce qu’on a appelé l’haussmannisation– les vieux quartiers sont démolis pour créer de larges voies droites qui permettent à la troupe et à l’artillerie de manœuvrer en cas d’émeute.

Le syndicat, même illégal, est le passage de la révolte à la coalition ouvrière. Il répond à la nécessité pour les salariés de s’unir pour se défendre face aux employeurs. « Le syndicalisme est l’expression concrète de l’antagonisme d’intérêts existant dans les sociétés modernes entre les employeurs et les salariés » (1).

La tendance naturelle du système capitaliste est d’allonger la durée de la journée de travail. Ce qui provoque, évidemment, des conflits et des luttes pour limiter le temps de travail. La création de syndicats résulte d’une nécessité, c’est un réflexe de survie. La relation salariale est à la base de l’existence du syndicat, la coalition est le moyen de se défendre face aux employeurs.

Il faut attendre 1864 pour que les délits de coalition et de grève soient supprimés. Les syndicats sont toujours interdits mais, en former un n’est plus un délit. Ils vont exister clandestinement.

La police recense 182 syndicats en 1876, regroupant 31.700 adhérents et 478 syndicats pour 64.000 adhérents en 1880.

Ce n’est qu’en 1884 que prend fin la période de clandestinité née en 1791. Selon la loi de Waldeck Rousseau, « Les syndicats ou associations professionnelles même de plus de 20 personnes, exerçant la même profession, des métiers similaires ou des professions connexes, concourant à l’établissement de produits déterminés, pourront se constituer librement sans autorisation du gouvernement ».

Les syndicats sont légalisés et la loi Le Chapelier abrogée, comme les articles du Code pénal napoléonien qui punissaient les tentatives de coalitions. Il est alors possible de se syndiquer et de se réunir. Mais, si l’action syndicale n’est plus clandestine, se syndiquer expose toujours l’ouvrier au renvoi.

Les revendications sont nombreuses et les syndicats vont se regrouper en fédérations de métiers. Ils créent, en 1886, une Fédération nationale des syndicats, c’est le premier essai de regroupement professionnel. Le 1er mai 1891 sera la première journée nationale d’action, pour la journée de 8 heures.

Devant l’ampleur du développement et la coordination des chambres syndicales, les municipalités cherchent à les encadrer en créant des bourses du travail. En 1886 est créée celle de Paris. La municipalité offre un local avec bureaux et salle de réunion mais impose des missions sociales en particulier d’enseignement.

Sans doute, « les conditions étaient mûres pour une unification syndicale des travailleurs ». Du 23 au 28 septembre 1895, réunis à Limoges, les « délégués représentant 28 fédérations nationales (du livre, des cheminots…), 126 chambres syndicales et 18 bourses du travail se réunissent en congrès. Ils fondent la Confédération Générale du Travail (la C.G.T.). Les termes ont à ce niveau une grande importance. Il ne s’agit pas d’une fusion ; le terme confédération désigne le rassemblement de fédérations qui conservent leur existence organisationnelle » (1).

La CGT, selon le texte adopté, « a exclusivement pour objet d’unir, sur le terrain économique et dans des liens d’étroite solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale » et le congrès se sépare au cri de : « Vive la République sociale ! Vive l’émancipation des travailleurs ! »

Cependant, c’est une association mal structurée qui va vivoter, plusieurs années, avec de très modestes moyens de fonctionnement.

Il faut attendre 1902 pour que s’achève l’unification syndicale. Le « congrès de l’unité » se tient à Montpellier. La Fédération des bourses du travail s’efface en tant que centrale et ses organisations s’intègrent dans le syndicat.

Les statuts adoptés définissent dans leur premier article le but de la Confédération générale du travail : réaliser le « groupement des salariés pour la défense de leurs intérêts moraux, matériels, économiques et professionnels. Elle groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat. »

La CGT compte alors 100.000 adhérents et, dans les années qui suivent, de nombreux syndicats la rejoignent, dont la fédération des syndicats d’instituteurs en 1907 et la fédération des mineurs en 1908. La CGT devient en 1912 la seule confédération en France et compte 700.000 membres.

Raymond Bizot (La Marseillaise, le 8 novembre 2015)

(1) J. Sohier, Le syndicalisme en France, 2010

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.