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La Ciotat. Le complexe hôtelier en 8 points essentiels

Urbanisme. Hauteur, modification du Plu, impacts économique et touristique, rénovation du centre-ville, autant de questions débattues dans le cadre de l’enquête publique qui se clôture ce mercredi.

Voici un récapitulatif des arguments et contre-arguments qui ont jalonné le débat sur la réalisation du complexe hôtelier, à 48h de la clôture de l’enquête publique.

Le jeu des 7 différences

Elles sont majeures entre le 1er et le 2e projet, selon la Ville et l’architecte du cabinet Wilmotte : « transparence et légèreté » ; étages « en retrait », et une insertion dans le paysage grandement améliorée au regard du premier projet considéré comme « trop massif ». La hauteur maximale a été revue, elle passe de 24 à 19 mètres… Des modifications « mineures » ou « à la marge » selon les opposants, l’édifice reste « monstrueux » et les critiques faites lors de la première enquête publique sont toujours valables : des hauteur et profondeur inappropriées.

Une modif du Plu dispensable

Fallait-il deux ans de procédure et deux enquêtes publiques pour modifier le Plan local d’urbanisme et doter La Ciotat d’un hôtel quatre étoiles ? Non. « Patrick Boré aurait très bien pu vendre les 2.800 m2 au même promoteur pour l’édification d’un hôtel 4 étoiles, sans avoir à modifier le Plan local d’urbanisme, mais en conservant comme hauteur (13 mètres) et profondeur (20 mètres) maximale du bâtiment réglementé qui est dans l’actuel Plan local d’urbanisme ». La procédure de prise en considération d’intérêt général du complexe hôtelier vise uniquement à modifier hauteur et profondeur de l’édifice pour les faire passer respectivement à 19 et 40 mètres.

Un prix de vente cadeau

« Si on avait voulu y faire des logements, nous aurions pu vendre les terrains à 1.000 euros le m2 », a indiqué le Maire pour justifier son « choix stratégique » d’implantation d’hôtel. Mais « à 500 euros, le prix est un cadeau pour le promoteur », selon les opposants. « Le projet prévoit 12.000 m2 de plancher, avec une plus-value potentielle estimée à plusieurs dizaine de millions d’euros ».

Pas de chiffre, juste des étoiles

C’est le grand mystère de cette deuxième enquête publique. Aucune prospective économique et financière, étude de marché ou « business plan » n’a été joint aux documents consultables par les citoyens dans le cadre de cette procédure. La Ville fait état à d’un « besoin » : répondre à la demande du « tourisme d’affaire » et des « touristes étrangers », chinois, russes et américains. Les opposants font valoir que l’hôtel Best Western du port-vieux, classé en 3 étoiles plus, n’est pas complet à l’année, loin de là… De plus, la résidence hôtelière du complexe, « classée 3 étoiles » serait en concurrence directe avec l’offre hôtelière du port-vieux.

La destination finale du projet

Un choix de développement économique par le tourisme, ou nouveau coup fourré spéculatif. La version officielle selon laquelle l’hôtel serait « rentable », et servirait de « locomotive » pour un projet touristique à long terme a été sérieusement remis en question par l’association de la Coulée Verte, qui y voit une opération spéculative en deux temps : un projet hôtelier qui servirait d’abord, selon elle, d’alibi pour cette vente de terrains municipaux s’ensuivrait une fois le projet concrétisé d’une « vente à la découpe » dudit complexe hôtelier.

Du haut standing… à « Bogota »

Implanté dans un centre ancien, comparé par Christine Abattu (PS) à « Bogota », pour résumer son ambiance « colombienne », le projet dénote, forcement. La Ville voudrait en faire « le vaisseau amiral » de la rénovation du vieux La Ciotat. La rénovation prévue sur les dix prochaines années pourraient -au mieux- avoir plusieurs trains de retard, au pire creuser un peu plus l’écart entre l’habitat ancien et la promenade du front de mer. D’autant qu’après l’échec cuisant de la dernière « rénovation » que devait théoriquement menée Marseille. Aménagement, les habitants n’y croient plus.

Public ou privé, quel intérêt ?

A la question de savoir s’il était de « l’intérêt général » de vendre ces terrains à un opérateur privé : « oui », répond la Mairie, pour qui cette réalisation confortera la position de « station balnéaire » de la ville, dans « une perspective de développement touristique, porteuse d’emplois ».

« Non », selon les opposants, le Conseiller municipal Karim Ghendouf fait valoir que le foncier est le principal handicap à la réalisation d’équipement public par les communes du littoral, « vendre une telle parcelle est dangereux pour le développement à long terme de la ville », souligne- t-il.

Les emplois dans l’hôtellerie

« Le projet créera 80 emplois » et « des débouchés pour la section hôtellerie du lycée Méditerranée », c’est un des arguments massues rappelé à chaque débat par Patrick Boré et ses Adjoints. Les créations en question seraient entre « 60 et 80 » sur l’ensemble du projet (commerces et restaurants compris) ont pondéré les élus de la majorité lundi dernier, avant que Henri Lotz, le Président de la Coulée verte fasse remarquer qu’« il n’y avait pas de section hôtellerie au lycée Méditerranée, mais une section cuisine et service de restauration… ». Et de souligner que, dans ce secteur, les offres d’emploi étaient supérieures aux demandes… et non l’inverse.

La Marseillaise, le 19 octobre 2015

L’hôtel se joue en contre la montre

« Le permis de construire est en cours d’élaboration » stipulaient les représentants de la Ville lors de la réunion publique qui s’est tenue la semaine dernière à la salle Paul-Éluard. Une annonce plus que surprenante, qui intervient en pleine enquête publique. Force est de constater que le calendrier prévisionnel présentée par la Ville est -très- serré.

« Le rapport du commissaire enquêteur est attendu dans un mois », précise Philippe Vincensini, « deux délibérations » pour valider à la fois le projet et surtout la modification du Plan local d’urbanisme, par la Communauté urbaine et le Conseil municipal de La Ciotat, seront votées dans la foulée, le tout avant que la vente proprement dite des 2.800 m2 de terrains au groupe Progéréal, puis le dépôt de permis de construire que la Ville ne devrait pas manquer d’octroyer.

Ces dernières chicanes administratives, la Ville compte les passer au plus vite avant le premier janvier. Car la Communauté urbaine laissera place sur le papier à la Métropole, sans que l’on sache à ce jour, quelles compétences y seront transférées… et quand la- dite Métropole sera véritablement opérationnelle.

Les Ciotadens ont jusqu’à mercredi soir pour exprimer leur avis sur ce complexe hôtelier. Était-il de « l’intérêt général » de mener pareil projet à marche forcée ? Rien n’est moins sûr.

La Marseillaise, le 19 octobre 2015

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