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Garder notre modèle social

Réformes. Salariés, sans emploi, précaires, retraités ou fonctionnaires, avec ce gouvernement, chacun en prend pour son statut. Tous concernés, la riposte viendra de la rue ce 8 octobre.

A l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires, ce jeudi 8 octobre verra son lot de grèves et de revendications dans une manifestation qui à Marseille démarrera à 10h30 du Vieux Port. Public ou privé, salariés d’entreprises industrielles, sous-traitantes ou de service, précaires ou salariés à statut, tous sont concernés par les attaques qui viennent mettre à mal l’ensemble des secteurs… et une nouvelle salve du Ministre de l’Économie qui part à la charge des fonctionnaires, tel un grand libéral.

C’est bien sur l’autel de la finance que le Ministre Emmanuel Macron stigmatise les agents du service public, après s’en être pris en août aux 35 heures, estimant que leur statut « n’est plus adéquat » et provoquant un beau pataquès dans lequel le Président Hollande tente de se dépêtrer. Mais sur le fond, c’est bien à cette exception française que représente notre modèle social que les réformes s’attaquent.

« Il est facile d’attaquer ce statut en le réduisant à la garantie d’un emploi à vie », balaye d’un revers Lionel Candalh, agent des douanes maritimes et délégué CGT, « or on a avant tout des devoirs envers les citoyens. On prête serment car il s’agit de service d’État ». Alors oui, un fonctionnaire, ça coûte, comme tout salarié dans une entreprise. Mais que vaut l’outil sans l’ouvrier ? Et ceux-là n’ont pas vu leur indice bouger depuis plus de 10 ans.

« C’est le devoir du fonctionnaire, sa mission qu’on détruit si on casse le statut de fonction publique. Rendre un service ne sera plus un devoir mais on calculera si c’est rentable », estime le douanier qui n’en est pas à sa première résistance dans une administration devenue peau de chagrin. Et qui pourtant rapportait avant l’ouverture des frontières 25% du budget de l’État. Aujourd’hui ce revenu est tombé à 17%. « C’est bien un choix fondamentalement politique, une question de choix de société, pas juste une histoire de statut dont il s’agit au fond » jauge cet agent qui déplore « avant nos priorités étaient la protection du citoyen, la mission fiscale et enfin la sécurité, aujourd’hui nous ne contrôlons plus, on nous demande de faire de l’accompagnement aux entreprises, là où il y a le plus de fraude à la TVA… »

A guichets fermés

Pour les organisations syndicales, le message est clair et la méthode vieille comme Érode : l’heure est à la privatisation, et quand on veut casser le service public, on le dit malade. L’eau, les routes, ont été privatisées et le service au consommateur comme sa facture s’en ressentent. L’administré se casse le nez sur les portes fermés des bureaux de Poste de proximité, des Caf, ou sous-Préfectures. Une machine est déjà en marche qui veut accélérer le pas.

« On privatise ce qui rapporte, sans quoi le privé ne vient pas. Moins il y a de fonctionnaires et plus les impôts augmentent, puisqu’il y a moins de rentrée d’argent. L’État compense avec des hausses de TVA, de CSG », calcule Lionel Candalh. De même, il précise : « on réforme, on restructure pour casser le statut de la fonction publique française, qui n’est pas la plus chère. Et c’est à ses piliers qu’on s’attaque, ainsi de la sécurité sociale où tout à été fait pour dire que notre système n’était pas viable. »

Code du travail, RTT, salaires, protection sociale, service public et retraites… tout devrait passer au broyeur des lois de compétitivité et des marchés qui considèrent le travail non comme une richesse mais un coût. « Et la rémunération des actionnaires ? Quel est son coût pour l’entreprise ? » interrogent les organisations syndicales qui assurent a contrario « de l’argent il y en a mais il n’est pas utilisé pour l’emploi ni pour investir pour la relance de l’économie ».

Myriam Guillaume (La Marseillaise, le 6 octobre 2015)

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