Fédération des Bouches-du-Rhône

Fédération des Bouches-du-Rhône
Accueil > Eco-social
 
 
 
 

Moulin Maurel. L’intervention de l’État réclamée

Social. La reprise des Moulins Maurel sujette à un ultime blocage financier.

Dernier grain de sable dans la semoule ou ultime grumeau dans la farine. Les 27 ex-salariés des Moulins Maurel, toujours prêts à reprendre leur activité, espèrent voir enfin le fruit de leur lutte aboutir.

Hier après-midi, sur le site de l’usine de la Valentine qu’ils occupent nuit et jour depuis 9 mois, une AG était organisée. Édouard Pagni leur a notamment exposé où en était le tant attendu projet de reprise porté par un consortium de cinq industriels algériens. « Il faut être encore patient mais la fin du conflit est proche », informe le délégué CGT. Dans la semaine, une réunion a eu lieu au siège de la direction du travail « pour trouver une solution pour les financements », précise le représentant syndical.

Car si un business plan, a priori solide, a été remis aux représentants de l’État, porté par une nouvelle société « Les Grands Moulins de Marseille », un dernier écueil se dresse sur la route de la reprise industrielle : « Les capitaux nécessaires pour le redémarrage du site sont aujourd’hui exclusivement algériens. Or, malgré de récentes dispositions législatives permettant des investissements à l’étranger, la législation de ce pays demeure extrêmement contraignante en ce qui concerne les transferts de fonds vers d’autres pays. Cette dernière constitue le dernier point de blocage de ce dossier », explicite la CGT.

Du coup, afin de ne pas faire capoter l’affaire, le syndicat demande « l’intervention de l’État auprès des dirigeants algériens » pour débloquer la situation. « Les repreneurs ont prouvé leur extrême volonté d’acheter et sont prêts à fournir leurs comptes », assure Édouard Pagni, qui ne comprendrait pas pourquoi « la reprise échouerait juste à cause d’un transfert d’argent ».

En mettant l’État face à ses responsabilités, la CGT sait que le gouvernement devra coopérer. Et ce pour une raison liée à l’actuel propriétaire de l’usine, Nutrixo. « La Préfecture nous a informé qu’on ne craignait aucune expulsion car Nutrixo compte en fait se retourner contre l’État pour ne pas avoir engagé les moyens de nous expulser », dévoile Édouard Pagni. « L’État, qui est donc prêt à payer pour ne pas nous expulser, a tout intérêt à ce que se fasse la reprise. »

Un plan de reprise qui prévoit notamment le rachat du site pour 9 millions d’euros et le recrutement de 36 personnes, « dont les 27 actuelles en lutte qui seront reprises », certifie Édouard Pagni. « Les industriels algériens, alors que la demande en farine et semoule augmente, ne comprennent pas pourquoi personne en France ou en Europe ne souhaite acheter le moulin, où l’on produit une grande capacité de 500 tonnes/jour de farine et autant de semoule ». Le minotier compte aussi s’appuyer sur la force portuaire de Marseille pour exporter vers l’Algérie.

Florent De Corbier (La Marseillaise, le 11 juillet 2015)

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.