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Martigues. Desserrer l’étau budgétaire sur l’hôpital

Élus et représentants syndicaux du centre hospitalier appellent ensemble à la journée d’actions du 16 juin.

Député-maire (Gaby Charroux), syndicalistes de la CGT (Josy Capozi et Michel Nunez) ou de la CFDT (Marie-Luce Dosne), Conseillère départementale et Première Adjointe de Port-de-Bouc (Évelyne Santoru-Joly) ou Président de la commission médicale d’établissement (Patrick Courtin) étaient réunis hier soir à l’hôtel de ville pour une conférence de presse (en compagnie de Nathalie Lefebvre, Conseillère régionale et Gérard Frau, Conseiller départemental). Les différents acteurs ont établi un constat commun.

Le « contrat de retour à l’équilibre financier » de l’hôpital de Martigues a tout du carcan qui, à terme, menacera l’offre et la qualité de soin sur un territoire qui représente quelque 160.000 habitants. « On constate une grande difficulté à dégager des sommes, voire à emprunter pour réaliser les investissements nécessaires, pour la dialyse, la sécurité-incendie et les projets concernant l’ophtalmologie », souligne d’emblée Gaby Charroux, qui est également Président du conseil de surveillance de l’hôpital.

Pour Patrick Courtin, le contexte de fortes contraintes budgétaires empêche notamment la réfection de l’unité de dialyse qui est « dans des locaux transitoires pas aux normes ». Pourtant « notre hôpital tourne bien » avec « une hausse de l’activité supérieure à la moyenne nationale : plus 4% sur le quadrimestre par exemple », précise-t-il. Le Dr Courtin considère que « le déficit est dû en grande partie aux décisions émanant de nos tutelles » et que la perspective d’encadrement drastique de la « masse salariale » dans les prochaines années « ne permet pas d’envisager l’avenir de façon sereine ».

« Pas d’hôpital low-cost »

« Nous ne voulons pas d’un hôpital low-cost à l’avenir », résume Josy Capozi, refusant « le modèle anglo-saxon qui nous est proposé ». Élus et syndicalistes veulent d’ailleurs associer la population locale à cette lutte qui connaîtra un temps fort le 16 juin avec un rassemblement devant la Sous-Préfecture d’Istres. « Il faut que la population porte son hôpital public », souligne Gaby Charroux, qui va proposer aux Maires des intercommunalités de la treizième circonscription « une rencontre pour défendre la Caf, les centres de sécurité sociale et le centre hospitalier ».

Pour Évelyne Santoru-Joly, la situation faite à l’hôpital public aujourd’hui est « en cohérence avec les politiques générales poursuivies depuis des décennies ». Faisant référence au Contrat local de santé qui regroupe les acteurs du territoire, Marie-Luce Dosne (CFDT) déplore le « délitement de ce tissu bien établi » dans un « bassin paupérisé, avec de la pollution ».

Quant à la perspective de la mise en place du Groupement hospitalier de territoire, dont la logique est aussi celle de la métropole, elle suscite les plus vives inquiétudes chez Gaby Charroux comme chez le Dr Courtin. « Il existe de nombreuses relations, mais librement consenties aujourd’hui avec l’Hôpital Nord, notamment à travers les échanges de praticiens » précise le Député-Maire tandis que le président de la commission médicale craint « une redistribution de la carte sanitaire » sur l’ensemble du département. « C’est très difficile de proposer un projet cohérent, je crains au contraire des luttes d’influence, qui arbitrera ? » s’interroge-t-il. Le 17 juin, une autre échéance importante est programmée avec une table ronde à l’Agence régionale de santé.

Jean-François Arnichand (La Marseillaise, le 10 juin 2015)

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