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Eau Bien Commun en remet une couche

Eau. L’association dénonce la façon dont MPM met en œuvre les contrats.

Un an et demi après la signature des contrats de délégation de service public (DSP) entre la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), la Seram et la Société des Eaux de Marseille, filiales de Suez et Veolia, pour la gestion de l’eau et de l’assainissement, l’association Eau Bien Commun Paca a estimé nécessaire de faire hier un point sur leur mise en œuvre. Farouchement opposée au principe de la DSP, l’association n’a eu de cesse de dénoncer les travers de cette forme de gestion de l’eau. Dans son « point d’étape », elle soulève encore nombre de dysfonctionnements pour ne pas dire de véritables scandales, alors même que le parquet national financier a ouvert, le 12 janvier dernier, une enquête préliminaire pour « favoritisme, prise illégale d’intérêts, complicité et recel » autour de ces marchés et que le recours entamé auprès du tribunal administratif par des élus écologistes est au point mort.

« Eugène Caselli, alors Président de MPM, avait argué en octobre 2013 d’une baisse de 20% du prix de l’eau avec 3,29 euros le mètre cube, or sur le site de la SEM le tarif indiqué jusqu’au 30 mai est de 3,50 euros, on nous a trompé volontairement » s’indigne Bernard Mounier, Président d’Eau Bien Commun Paca. Autre point crucial, le paiement par MPM à la SEM de compteurs dont elle est propriétaire. Etat de fait pourtant confirmé par l’avis de la Chambre régionale des comptes, saisie par le Préfet sur les contrats en avril 2014. « MPM persiste dans son erreur » note Bernard Mounier, erreur à 4,5 millions d’euros. Ce dernier s’est aussi penché sur les avancées « démocratiques et de transparence » mises en avant par MPM lors de la signature des nouveaux contrats.

Des nominations entre amis

« Les quatre représentants au sein des comités d’usagers ont sûrement été nommés sans qu’on le sache par arrêté du Président, déplore le responsable d’Eau Bien Commun, qu’on nous dise comment cela fonctionne » Pire, la clause du « secret commercial » empêche tout contrôle des élus et des usagers. Contrôle dont les moyens ne sont de toute façon pas définis, l’organigramme de MPM n’ayant pas été modifié en ce sens, souligne Bernard Mounier avant de s’interroger sur le devenir des 62,1 millions de provision du précédent contrat sur l’eau ou l’absence des avenants sur l’accès à l’eau pour entériner la création de fontaines, de WC et de douches publiques.

Aux côtés de l’association, Marc Poggiale (PCF), élu communautaire du Groupe "Pour un territoire solidaire", rappelle : « avec nos collègues d’Europe Écologie, nous n’avons eu de cesse de nous opposer à cette décision » et propose la création d’un conseil citoyen de l’eau avec des moyens de fonctionner « indépendant, dégagé de toute pression ».

De son côté, Eau Bien Commun va pousser à la création d’un observatoire de l’eau et lance une nouvelle pétition pour mobiliser les citoyens. « Dans la perspective de la mise en place de la métropole, où le Conseil métropolitain peut redonner la compétence de l’eau aux territoires, les lobbies vont y aller de leurs pressions, ce qui va se passer va dépendre aussi de l’action des usagers » prévient par ailleurs Bernard Mounier.

Mireille Roubaud (La Marseillaise, le 20 mai 2015)

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