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Henri Malberg. « La lutte communiste, c’est avancer »

Après 70 ans de militantisme, il sera à Marseille jeudi pour présenter son dernier ouvrage.

Dans un livre d’entretien intitulé Incorrigiblement communiste(*),  Henri Malberg, ancien dirigeant du PCF et toujours militant évoque l’avenir d’un engagement qu’il n’a pas renié après 70 ans de combats mais aussi de doutes et de débats. Il sera présent jeudi à Marseille.

La Marseillaise. Pourquoi ce titre ?

Henri Malberg. Après mon livre Incorrigiblement optimiste, mon éditeur m’a proposé ce clin d’œil. Je suis devenu communiste gamin, au lendemain de la seconde guerre mondiale. J’ai passé ma vie à militer et à réfléchir. Je ne suis pas aveugle mais incorrigible.

La Marseillaise. Pourquoi avoir choisi la forme d’un entretien ?

Henri Malberg. Tout à fait par hasard. À la suite d’une rencontre dans une école de journalisme, deux jeunes très curieux de la vie politique et pas du tout engagés dans un parti m’ont appelé pour faire un livre. Nous nous sommes vu dix fois trois heures. Ils ne m’ont rien passé et moi je crois que je n’ai rien  contourné. On ne s’est pas fait de cadeaux mais on s’est respecté.

La Marseillaise. En quoi le communisme est-il pour vous « plus que jamais une idée neuve » ?

Henri Malberg. Cette société ne peut pas continuer comme ça. Elle mène le monde vers un grand malheur. Les injustices et inégalités sont au point maximal : des dizaines de milliers de personnes gagnent entre 500 et 1.000 fois le Smic dans ce pays. C’est un écart jamais atteint depuis que le capitalisme existe. Ce système est infiniment puissant et en même temps à bout de souffle, peut-être comme l’était il y a 30 ans le socialisme auquel j’ai cru. Il y a peu, j’ai été malade et soigné comme un milliardaire aux États-Unis mais gratuitement par l’hôpital public. La sécurité sociale, inventée par le CNR est formidablement actuelle. Elle repose sur une idée communiste : chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Il faut des forces pour lutter pour plus de justice et d’égalité, le Parti communiste n’est pas la seule –heureusement– mais c’est une force vitale. Il est animé par des dizaines de milliers de personnes qui dans la vie et les entreprises sont debout. Les rêveurs d’avenir doivent savoir répondre aux questions immédiates et tendre la main à tous ceux qui veulent faire un pas en avant.

La Marseillaise. Que vous inspire la chasse aux communistes en Ukraine ?

Henri Malberg. Une énorme tristesse. L’histoire donne parfois le sentiment qu’elle retourne en arrière mais elle n’y parviendra pas. Chez nous, les millions de gens qui se reconnaissent dans le FN ou ce qui remonte en Ukraine de l’armée qui a combattu l’Union soviétique aux côtés des nazis, témoignent de la situation. La crise est si profonde que les monstres sont partout. Mais j’ai confiance dans les peuples qui tôt ou tard pointent le bout de leur nez.

La Marseillaise. Quels seraient pour vous les contours d’un communisme de notre temps ? Les technologies modernes ouvrent-elles de nouveaux horizons de partage ?

Henri Malberg. Le communisme n’est pas un but à atteindre comme je l’ai pensé. La lutte communiste c’est avancer. Le communisme de notre temps c’est bien sûr défendre la mise en œuvre des grandes idées de la Révolution française en avance de plusieurs siècles : liberté, égalité, fraternité. Dans la société comme au travail, les espaces de démocratie se réduisent. Il faut rendre le pouvoir au peuple. La Révolution numérique ouvre un espace inédit pour croiser initiative individuelle, co-élaboration et partage. Le communisme frappe à la porte sans que l’on s’en rende toujours compte. Tout cela tire vers une société où le collectif, la mise en commun, marchent. Être militant c’est mettre cela en évidence, ne pas renoncer, ne pas baisser le nez. Le pessimisme historique est l’arme la plus forte du système.

Propos recueillis par (La Marseillaise, le 19 mai 2015)

(*) Éditions de l’atelier, 203 p.

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