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Claude Jorda. « Bâtir une alternative à partir du terrain »

Le Président du groupe communiste entend réconcilier les citoyens avec la politique en les faisant participer à la vie de la collectivité locale et insiste sur l’accompagnement à l’emploi.

Conseiller général sortant, Claude Jorda (PCF) a été réélu Conseiller départemental du canton de Gardanne dimanche dernier aux côtés de Rosy Inaudi. Président du Groupe communiste qui rassemble désormais cinq élus, il a posé hier les bases d’une politique de gauche offensive, fustigeant dès sa première intervention les orientations définies par Martine Vassal. Entretien.

La Marseillaise. Dans son discours d’investiture, Martine Vassal a détaillé les grands axes de sa politique. Comment y réagissez-vous ?

Claude Jorda. Je n’ai pas été franchement surpris par son discours, clairement de droite. Dans mon intervention, j’ai tout de suite réagi à sa déclaration sur les ayant-droits du RSA qu’elle qualifie pour certains de fraudeurs. Déjà, malheureusement, lors de la précédente mandature, il y avait eu des projets de contrôler les contrôleurs qui contrôlent ceux qui touchent le chômage et le RSA ! Mais les vrais fraudeurs ce sont les entreprises qui ne paient pas leurs impôts et ceux qui partent ouvrir des comptes en Suisse ou s’installent en Belgique. Nous nous préférons agir sur l’accompagnement des gens à la recherche d’un emploi. Au départ c’est d’ailleurs pour ça que le RSA a été mis en place. Pour nous, c’est une grosse bataille.

La Marseillaise. Justement au-delà de l’emploi, quels sont les dossiers sur lesquels vous comptez mettre l’accent ?

Claude Jorda. Quand la nouvelle Présidente du Conseil général parle de transparence et de collégialité, je partage. Nous allons veiller à ce que cette démarche soit mise en œuvre. Nous voulons aussi qu’il y ait une participation citoyenne à la vie de la collectivité locale, les citoyens s’en sont éloignés. Il faut qu’ils se réapproprient la politique. A l’image de ce que j’organise sur le canton de Gardanne avec des Conseils de canton, ouverts, où tout le monde peut s’exprimer. C’est aussi une façon de bâtir une alternative, sur le terrain, même si dans l’hémicycle, nous allons jouer notre rôle d’opposition, constructive. On essayera d’infléchir les propositions qui nous semblent négatives. On sera aussi prêts à collaborer pour faire progresser les choses. Mais je ne me fais guère d’illusion sur les volontés de la droite.

La Marseillaise. Comment dans ces conditions, voyez-vous le renouvellement d’une gauche quelque peu atomisée ?

Claude Jorda. Effectivement c’est une gauche qui a besoin de se reconstruire, de se rebâtir sur des valeurs que nous avons perdues. Les Français ont voté pour le changement en 2012, ils se sont rendus compte qu’il n’est pas venu, pire, on est dans le droit fil de la politique Sarkozyste avec par exemple la réforme des collectivités territoriales qui, comme je le disais dans mon intervention, est un régression démocratique. Au cours de la campagne, des rapprochements ont pu se faire de façon informelle, il faut aller plus loin que [ceux qui se contentent] d’agiter le score du Front national. Les scores qui ont été réalisés [par le Front de gauche] dans certains cantons lors du premiers tour des élections départementales, atteignant parfois les 15%, posent aussi les prémisses d’une nouvelle gauche.

Propos recueillis Mireille Roubaud (La Marseillaise, le 3 avril 2015)

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