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Palestine. Danser, c’est aussi résister

Les Marseillais ont célébré la journée de la terre, hier, en musique et en danse. De jeunes Palestiniens ont dansé la Dabké qui montre leur attachement à leur terre et leur amour de la vie.

C’était il y a 39 ans, six Palestiniens, citoyens israéliens, tombaient sous les balles des soldats israéliens parce qu’ils manifestaient contre la confiscation de leurs terres par un mouvement de grève générale. Depuis le 30 mars 1976, la journée de la terre commémore cet événement partout dans le monde, les militants, les citoyens et le peuple palestinien se dressent contre le vol des terres qui continue et l’occupation illégale de la Palestine.

Hier, ils se sont donné rendez-vous sous l’ombrière en musique et en Dabké, la danse folklorique palestinienne. Vêtus de tuniques noires satinées, keffieh en bandeau sur la tête et à la ceinture, quatre garçons donnent la main à une jeune femme dans son beau costume rouge et son diadème dorée, elle mène la danse avec énergie et enthousiasme, retenant son foulard au bout de sa main libre, le bras levé, les pieds frappant le sol avec force.

La richesse de la culture

Les corps expriment à travers la Dabké l’attachement à la terre et aux valeurs ancestrales transmises par les anciens, résume Adeer Hamad, la responsable du groupe « Palestine ».

« Nous faisons ainsi découvrir notre culture, notre vrai visage. Nous sommes un peuple qui existe depuis toujours en Palestine historique avec une culture très riche. Nous aimons la vie, nous pratiquons depuis toujours la danse pour célébrer les fêtes : mariages, naissances, moissons, cueillette des olives. » Pour Tarek, économiste de Ramallah (Cisjordanie), cette journée de la terre revêt encore plus d’importance dans une Palestine toujours plus grignotée par l’État d’Israël. « Ça continue depuis 1948 et ça se poursuit en 2002 avec la construction du mur.  Il y a encore des terres qui risquent d’être annexées. Nous affirmons notre solidarité avec les Palestiniens qui vivent en Israël, eux aussi sont victimes de la colonisation, privés de construction et coupés du reste de la Palestine. C’est une journée d’unité et de rassemblement de tous pour montrer notre solidarité à nos frères et nos sœurs, pour réaffirmer le droit au retour des réfugiés et le droit de vivre sur notre terre. » En 2015, cette journée de la terre l’université d’Aix-Marseille n’en a pas voulu prétextant le plan Vigipirate. Deux mois après l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, les organisateurs(*) de la semaine de la solidarité avec la Palestine n’apprécient pas cette « atteinte à notre liberté d’expression et à la vie démocratique et culturelle universitaire ».

Chez les étudiants palestiniens, c’est l’incompréhension totale. « Le parlement français a pris la décision de reconnaître l’Etat palestinien, mais il y a des pressions », relève Adam, étudiant palestinien. « Depuis les massacres de Gaza l’été dernier, la Palestine est devenue un sujet de politique intérieure pour le gouvernement français. Malgré les pressions, je ne m’attendais pas à cette interdiction. » Les étudiants bataillent pour le jumelage entre leur université et une faculté palestinienne, lieu d’échange, de dialogue et de connaissance, car l’éducation est un vecteur important de l’émancipation.

Pieda Belmonte (La Marseillaise, le 29 mars 2015)

(*) L’Union générale des étudiants palestiniens (GUPS), l’Union des étudiants communistes (UEC) et Génération Palestine.

Appel au boycott d’Israël

Les militant(e)s de la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) tiennent, lors de la journée de la terre, une table d’information. La France n’est pas à la traîne, mais les Pays nordiques, les États-Unis ainsi que la Grande-Bretagne sont à la pointe de ce combat contre la politique colonialiste et d’apartheid pratiquée par Israël. Récemment, en Grande-Bretagne, Veolia a perdu des contrats atteignant des milliards de dollars. « La France est le seul pays à criminaliser l’action militante BDS avec la circulaire Alliot-Marie que le gouvernement socialiste n’a jamais abrogé », révèle Régine Fiorani du collectif Palestine 13. Ses militant(e)s ont écrit à Babel Med et aux artistes pour les alerter du partenariat du consulat israélien.

Quelques artistes se disent choqués parce qu’ils n’en savaient rien. Les militant(e)s ont distribué un tract en anglais et en hébreu pour expliquer pourquoi il faut boycotter également l’Etat d’Israël au niveau culturel et pas seulement économique. « Le boycott culturel s’attaque à la stratégie israélienne de tentative de redorer une image de marque internationale fortement dégradée. Il ne vise jamais les individus, les artistes israéliens ne sont pas boycottés. Ce boycott s’applique aux événements culturels en dehors d’Israël lorsqu’ils sont organisés, financés ou soutenus par une agence gouvernementale israélienne ou sioniste comme le KKL. »

Une campagne importante comme au temps de l’Apartheid en Afrique du Sud pour que la justice retrouve ses droits.

La Marseillaise, le 29 mars 2015

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