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Port-de-Bouc. « Un budget de résistance »

Évelyne Santoru-Joly. A Port-de-Bouc, seule la majorité municipale a voté le budget. La présidente du Groupe explique.

L’examen du budget était à l’ordre du jour du Conseil municipal de Port-de-Bouc qui s’est tenu mercredi 18 mars. Il a été adopté par les seules voix de la majorité. Évelyne Santoru-Joly, Présidente du Groupe de la majorité, revient sur les raisons de ce vote.

La Marseillaise. Le budget présenté par le Maire maintient les dépenses publiques alors que les collectivités sont invitées à faire des économies. Et pourtant vous l’avez soutenu.

Évelyne Santoru-Joly. Oui parce que ce budget repose sur des choix politiques et des valeurs d’égalité, d’entraide, de mobilisation citoyenne. En cela, nous sommes fidèles à notre histoire commune. Nous forgeons notre ville, la faisons évoluer avec et pour les Port-de-Boucains. Dans ce contexte de crise, nous faisons le choix d’agir pour améliorer les conditions de vie et développer la ville sans augmenter la fiscalité des ménages, en maintenant le service à la population, les subventions aux associations, en poursuivant des travaux et l’investissement. Toutes ces dépenses participent à atténuer les effets de la crise qui touche tous les habitants et pas uniquement les plus fragiles. Mais, dans la continuité de ses prédécesseurs, la seule réponse du gouvernement actuel est l’austérité qui aggrave cette même crise. D’un côté, les moyens alloués aux communes ne cessent de baisser ; de l’autre, l’État transfère toujours plus de charges aux communes. Les villes doivent faire face à une baisse drastique des dotations de l’État tandis que la demande sociale augmente avec la montée du chômage et de la précarité. D’ici à 2017, ce sont deux millions d’euros dont les Port-de-Boucains seront spoliés ! Les collectivités seront privées de 28 milliards d’euros de dotations ! Les politiques d’austérité ont déjà des répercussions importantes sur leurs budgets : la baisse des investissements et la pression exercée sur leurs missions publiques sont une menace sérieuse pour la vie quotidienne des habitants comme sur l’activité des entreprises et l’emploi. Nier cette réalité, c’est faire preuve d’une insigne démagogie.

La Marseillaise. Pourtant, la dette publique est bien réelle et les recettes de l’État diminuent.

Évelyne Santoru-Joly. Parlons-en ! L’explosion des niches fiscales depuis 20 ans pour les plus aisés, la suppression de la Taxe professionnelle et la tendance à la baisse de l’impôt sur les sociétés ont durablement impacté les recettes de l’Etat. Ce procès de mauvaise gestion financière des collectivités locales est inacceptable car totalement faux. A la différence de l’État, les collectivités ne peuvent ni voter un budget en déséquilibre ni emprunter pour financer des dépenses de fonctionnement ! Et la fameuse dette de 2 000 milliards d’euros provient des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs pour 59%. Il faut aussi savoir que la part des collectivités locales dans la dette publique n’excède pas 9% ! La fraude fiscale, estimée à 80 milliards d’euros, et l’évasion fiscale représentent un manque à gagner équivalent à 30% de la dette de l’État. L’argent existe donc bel et bien dans la 6e puissance économique mondiale, et il faut du courage politique pour aller le chercher et mettre en place une réforme fiscale plus efficace et juste, qui combat le gâchis de la spéculation en la taxant, et qui encourage la relance par le pouvoir d’achat, l’emploi, les services publics !

La Marseillaise. Que peuvent faire les collectivités ?

Évelyne Santoru-Joly. Résister et se battre contre la décision injuste du gouvernement d’étouffer financièrement les collectivités locales ! Nous avons obtenu la reconnaissance de Port-de-Bouc dans le Programme national de rénovation urbaine, un premier engagement financier de l’État pour le contournement de la RN 568. C’est un encouragement, notre démarche est bien la bonne, nous ne plierons pas ! Par ailleurs, nous sommes 13.000 communes a avoir délibéré sur le vœu de l’AMF contre cette ponction, et nous continuerons d’exiger justice pour les collectivités territoriales. Notre association d’élus a, elle aussi, des propositions que nous soumettons à la réflexion de nos concitoyens. Nous demandons l’arrêt immédiat de l’austérité et la création d’un nouvel impôt territorial des entreprises assis sur leur capital et taxant les actifs financiers. Nous exigeons la remise à plat de l’ensemble des exonérations patronales et que le versement des aides publiques aux entreprises soit conditionné à ce critère : utiles à l’emploi, au développement économique et à la préservation de notre environnement.

Propos recueillis par Lou Marti (La Marseillaise, le 27 mars 2015)

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