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Le 16 mars. La Marseillaise refait son look

Le bulletin de souscription

 
 
 

La Marseillaise. Les valeurs du journal qu’ils veulent défendre

Résistance. Manifestation hier devant le siège de La Marseillaise pour continuer le combat pour la liberté d’expression. Les syndicats lancent un appel au gouvernement pour la survie du quotidien.

Malgré le report au 23 mars de la décision judiciaire qui devrait sceller, sauf nouveau délai, l’avenir d’un quotidien issu de la Résistance, la mobilisation pour soutenir La Marseillaise et l’Hérault du jour ne faiblit pas. Salariés du journal, fidèles amis du titre, mais aussi tous ces compagnons de route d’un quotidien « qui donne la parole à ceux qui ne l’ont jamais », comme le clamait Stéphane Péri, au nom des marins de la SNCM, se sont rassemblés hier matin devant le siège historique du journal. « Parce qu’il ne faut pas baisser la garde et s’assurer que toutes les initiatives de soutien aillent crescendo », souhaitait Serge Baroni, animateur de l’association Les amis de La Marseillaise qui a contribué au succès de la souscription en faveur du titre et à inciter à la multiplication des abonnements, « une assurance vie pour le journal ». Et Serge de dénoncer la frilosité des banques « qui traînent les pieds et ne font pas leur boulot ».

La liberté d’expression, valeur essentielle de la République

Qui pourrait comprendre en effet qu’on laisse s’éteindre cette flamme allumée pendant l’occupation allemande ? Sûrement pas le journaliste Max Bertagna qui pense que « si La Marseillaise n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Et beaucoup de fustiger l’attitude de nombreux établissements bancaires accusés par Marc Pinci, Secrétaire de la Filpac-CGT, « d’une attitude franchement partisane ».

Un point de vue amplement partagé par Jean-Marc Coppola, Vice-Président communiste du Conseil régional Paca, dénonçant à la fois les blocages des financiers, mais aussi ceux de l’État. « On ne peut qu’appeler à réfléchir à ce qu’est la liberté d’expression pour la République. Une liberté menacée par le sort qui pèse sur un grand journal. On peut compter sur tous ceux qui partagent ce point de vue pour poser toutes ces questions sur la place publique ». Jacques Roger, ancien rédacteur en chef du titre, qui a passé l’essentiel de sa vie professionnelle entre ses murs, rappelle ces mots de Raymond Aubrac qui déclarait en 2004 que « l’essentiel des raisons qui nous ont fait résister dans les périodes les plus sombres de notre histoire, est toujours d’actualité ». Les événements dramatiques du début du mois de janvier et la forte mobilisation pour cette valeur essentielle de la République qu’est la liberté d’expression seraient-ils derrière nous ? Beaucoup parmi ceux présents ce lundi matin se sont posés la question : « où sont donc tous ces élus, exceptés les plus progressistes d’entre eux, qui étaient en première ligne des manifestations du 11 janvier ? » Cette liberté d’expression si clairement revendiquée n’aurait-elle plus droit de cité dès lors que c’est un quotidien qui s’affiche sans ambiguïté de gauche qui est en danger ? Un titre qui dénonce la mainmise des puissances de l’argent sur la quasi-totalité du paysage médiatique deviendrait-il suspect ou moins digne d’intérêt ?

Une réelle qualité de l’information

Pourtant, parmi ceux qui étaient présents devant la porte d’entrée du journal, il y avait encore des citoyens pour qui il est indispensable que la deuxième ville de France « ait un journal qui soit la voix d’une opposition forte ». C’est l’avis de Jean Lerda, chef d’entreprise depuis 45 ans, qui déclare « apprécier ce journal, malgré les différences politiques. C’est un titre très complet, avec une vraie qualité de l’information, dans tous les domaines abordés. J’apprécierais beaucoup que la ville de Marseille lui exprime clairement  son soutien ».  Et il y a ceux de l’intérieur aussi, le personnel de l’administration comme de la rédaction. Inquiets pour leur avenir, comment pourrait-il en être autrement, mais confiants dans la force des idées véhiculées par La Marseillaise. Certains d’entre eux ne sont là qu’à temps partiel, les pigistes, comme on les appelle, ont tenu à être présents. Comme Kamel ou Alassane qui alimentent les pages sportives du dimanche soir. « Nous sommes là parce que nous voulons que ce quotidien vive. Et malgré les hauts et les bas, il occupe dans le paysage médiatique une place qui lui appartient de droit ».

Et puis il y a ces compagnons de toujours. Ceux qui militent inlassablement pour un monde sans armes, réconcilié avec lui-même. Ces citoyens anonymes qui ne font pas la Une des journaux, mais se battent, comme Louise ou Pierre au cœur d’associations, comme le Mouvement de la Paix, auxquelles La Marseillaise ouvre largement ses colonnes. Leur journal en quelque sorte, « celui », reprend Christian Pellicani, « qui prend la défense de toutes les valeurs que je porte en moi, en tant que citoyen, mais aussi en tant qu’élu communiste ».

Gérard Lanux (La Marseillaise, le 17 mars 2015)

Les syndicats en appellent au gouvernement

Ils sont un des fers de lance de la défense du titre et, par delà, de la liberté d’expression. Le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) et la Filpac CGT ont lancé conjointement hier un appel au gouvernement pour lui rappeler la grave situation traversée par La Marseillaise et l’Hérault du jour, depuis le 24 novembre 2014, date de leur placement en redressement judiciaire. « L’administrateur (...) a obtenu le renvoi de l’audience au lundi 23 mars 2015 : aucun des deux candidats repreneurs, la SAS les Editions des Fédérés et la SAS les Nouvelles éditions marseillaises, n’a obtenu de prêt bancaire ». Pour les deux organisations syndicales, c’est « la SAS les Éditions des Fédérés qui présente objectivement le projet le plus abouti en matière de structure financière et de projet d’entreprise. Cette offre a reçu la garantie de l'État, via la Caisse des dépôts et consignations et de la Banque publique d’investissement à hauteur de 70% pour un prêt de 2 millions d’euros ».

La question de la sauvegarde avant tout politique

A l’heure où le titre est en danger de disparition, le SNJ CGT et la Filpac « lancent un appel au gouvernement afin qu’il lève les freins aux engagements des établissements bancaires dont les risques sont pourtant largement minimisés ». Pour les deux organisations syndicales, « on ne joue pas avec une entreprise de presse dont la disparition serait un coup direct porté à la démocratie et au mouvement social ». Elles renouvellent leur refus « que le tribunal de Commerce de Marseille statue sans la prise en compte de notre rôle majeur en terme de pluralisme de la presse dans les régions Paca et Languedoc-Roussillon. La question de notre sauvegarde est avant tout politique. » Il est temps pour le gouvernement « de passer aux actes. L'État a manifesté son intention, nous demandons maintenant son intervention en urgence ».

La Marseillaise, le 17 mars 2015

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