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Le 16 mars. La Marseillaise refait son look

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Soutien de Jean-François Téaldi à La Marseillaise. « Un journal aux côtés des salariés »

Jean-François Téaldi. Rédacteur en chef dans l’audiovisuel public, syndicaliste et coordinateur du Front de gauche médias, il soutient « La Marseillaise ».

La Marseillaise. Pour quelles raisons refusez-vous de voir disparaître « La Marseillaise » ?

Jean-François Téaldi. En tant que journaliste et citoyen, je m’élève contre l’affaiblissement du pluralisme par la disparition de titres, quels qu’ils soient. Habitant des Alpes-Maritimes, je salue l’extraordinaire combat des journalistes, ouvriers du livre, administratifs mais aussi des lecteurs de Nice-Matin qui sont parvenus à une reprise en Scop notamment grâce à l’aide du Conseil régional où les élus du Front de gauche se sont mobilisés en ce sens. Je soutiens aussi La Marseillaise parce qu’au plan régional comme l’Humanité au plan national et quelques autres publications, elle fait partie des titres qui livrent un regard différent sur la société telle qu’elle ne va pas. Depuis sa naissance, la Marseillaise est un journal aux côtés des salariés. L’écho des luttes y est bien différent des médias qui décrivent les grèves comme des « prises d’otages d’usagers » ou les RTT comme des privilèges. Elles permet aussi le débat d’idées et sa disparition serait un terrible coup porté à l’alternative à gauche.

La Marseillaise. À l’heure de l’information globalisée, d’Internet... Un journal de proximité a-t-il encore un sens ?

Jean-François Téaldi. Qui, si ce n’est La Marseillaise, met en évidence les enjeux liés à la continuité de la SNCM, en matière d’emploi, de développement industriel, de rayonnement de Marseille ? Qui à part la Marseillaise est en capacité de révéler la réalité des politiques menées dans les villes du Sud-Est dirigées par le FN ? Ou la réalité des votes de ses élus au Conseil régional quand ils s’opposent à l’aide aux Fralib ? On peut décliner les exemples à l’infini. La Marseillaise, avec ses différentes éditions, est un journal proche des préoccupations des habitants du territoire sur lequel elle est diffusée.

La Marseillaise. L’immense réaction populaire après la tuerie à « Charlie Hebdo » a-t-elle trouvé une traduction politique suffisante pour la défense du pluralisme ?

Jean-François Téaldi. On peut se satisfaire de la réaction à l’horrible tuerie de Charlie Hebdo dans la rue mais également sur les ventes de quotidiens. Néanmoins les difficultés de la presse perdurent, l’érosion du lectorat se poursuit. Dans le même temps, on constate l’intrusion croissante des financiers et des banquiers dans le secteur, pas seulement dans la presse écrite. L’amendement Charb a certes été adopté par les parlementaires mais la proposition de loi globale portée par Marie-George Buffet, qui prévoit une refonte des aides à la presse, un soutien à la distribution et aux kiosques notamment, a été déposée il y a plus d’un an sans trouver un accueil favorable du gouvernement. Alors qu’il est beaucoup question de République et d’éducation ces derniers jours, pourquoi ne pas abonner les 10.000 collèges et lycées de France à la presse quotidienne nationale et à celle de leur région ? C’était l’une des proposition du Front de gauche en 2012 parce que l’apprentissage de la lecture des titres de presse est primordial pour permettre à chacun de former son opinion de citoyen.

Propos recueillis par Lèo Purguette (La Marseillaise, le 20 février 2015)

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