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La Grèce et l’UE sont dans le vif du sujet

Finances. Les discussions entre le nouveau gouvernement grec et l’Union Européenne ont commencé hier avec l’arrivée à Athènes du chef de l’Eurogroupe.

Les discussions cruciales entre le nouveau gouvernement anti-austérité grec et l’Union Européenne sur la réduction de l’énorme dette du pays ont commencé hier avec l’arrivée à Athènes du chef de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, qui va faire face à des interlocuteurs intraitables.

Le chef des Ministres des Finances de la zone euro est arrivé au Palais Maximou, le bureau du nouveau Premier Ministre grec Alexis Tsipras au centre de la capitale, en milieu de journée, où il a été accueilli par celui-ci et par le Vice-Premier Ministre Ioannis Dragasakis. Peu après, il a gagné le ministère des Finances, pour s’y entretenir avec Yanis Varoufakis. Le Ministre de l’Économie Yorgos Stathakis et Euclidis Tsakalotos, Vice-Ministre des relations économiques internationales au ministère des Affaires étrangères, devaient également participer aux entretiens. Ils ont porté sur deux sujets : la volonté du nouveau gouvernement grec de voir réduire par ses créanciers (UE, FMI) le montant de la dette du pays, qui atteint 175% du PIB, et la renégociation du plan d’austérité imposé à la Grèce par les mêmes créanciers, en échange de leur aide financière.

Il s’agit de la première visite de Jeroen Dijsselbloem à Athènes après la victoire du parti de gauche anti-austérité Syriza dimanche, qui a marqué un tournant pour la Grèce et secoue l’Europe.  Jeroen Dijsselbloem vise à envoyer un message ferme et clair au nouveau gouvernement grec : « Faire partie de la zone euro signifie qu’il faut respecter l’ensemble des accords déjà passés ». Jeudi, le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait émis la même mise en garde, appelant la Grèce à « respecter les autres ». Depuis Berlin, le Ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, s’est joint au choeur vendredi, mettant en garde Athènes contre toute tentative de pression au sujet de la restructuration de sa dette : « Sur ce point, il n’y a pas grand-chose à débattre avec nous ; en outre, c’est difficile de nous faire chanter ». Si les décisions prises sont respectées, en revanche, « nous sommes prêts à toute collaboration et à être solidaires. Mais seulement dans ce cadre-là et dans aucun autre », a bien insisté le Ministre allemand.

Athènes attend de son côté le début de la « concertation » avec ses partenaires, dans le but d’obtenir « un accord global durable pour la reconstruction d’une économie sociale, dans le cadre d’une Europe progressiste », selon le communiqué du ministère des Finances jeudi.

De son côté, la Bourse d’Athènes, qui s’était reprise jeudi et vendredi matin après une chute de 9,24% mercredi, repartait à la baisse hier en début d’après-midi (-0,86%).

La Marseillaise, le 31 janvier 2015

Négociation mais détermination

Le vocabulaire technocratique utilisé pour présenter ces premières négociations cache une détermination de fer du côté du gouvernement grec. Dans une interview au New-York Times jeudi soir, le tout nouveau Ministre des Finances Yanis Varoufakis a semblé faire totalement fi des 7 milliards d’euros que l’UE s’apprête à verser au pays fin février, dans le cadre de son programme d’aide, si toutefois il respecte ses engagements.

Les caisses de l’État, fragilisées depuis la campagne électorale car de nombreux Grecs se sont durant cette période abstenus de payer leurs impôts, auraient besoin de cette manne. Mais Yannis Varoufakis est resté de marbre : « Les sept milliards, nous n’en voulons pas, ce que nous voulons, c’est repenser tout le programme », a-t-il lancé.

Une source proche du gouvernement grec a précisé jeudi qu’outre l’effacement d’une partie de la dette, Athènes souhaite un moratoire sur les intérêts et des remboursements soumis à une clause de croissance.

Le gouvernement Tsipras souhaite aussi, selon cette source, « une révision à la baisse des objectifs irréalistes d’excédent fiscal primaire (hors charge de la dette) jusqu’en 2020 », et demande que les investissements publics soient exclus des objectifs de déficit.

Le « New Deal européen », comme l’a appelé mercredi Yannis Varoufakis, serait ainsi « complémentaire du plan Juncker », qui prévoit 315 milliards d’euros d’investissement dans la zone euro d’ici à 2017.

Envoyé jeudi en éclaireur à Athènes, le Président du Parlement européen Martin Schulz a estimé, qu’il « y avait une crainte qu’Alexis Tsipras suive sa propre voie mais cela n’est pas vrai, il est en faveur d’une discussion », et « la Grèce cherche des solutions avec ses partenaires européens ».

La Marseillaise, le 31 janvier 2015

L’avis d’un grand banquier

Matthieu Pigasse, dirigeant de la banque Lazard préconise une réduction de moitié de la dette grecque détenue par des créanciers publics.

« Cette restructuration est absolument nécessaire. Elle est non seulement nécessaire mais elle est possible », a estimé Matthieu Pigasse, ajoutant que « la Grèce est devenue le laboratoire de ce que peut être l’Europe demain ».

« Je pense qu’il faut réduire de moitié la dette détenue par les institutions publiques en Grèce », selon le Vice-Président de Lazard en Europe, dont la banque a conseillé la Grèce de 2010 à 2012 et qui est actuellement le conseil du fonds de restructuration bancaire grec.

Lors de la restructuration de 2012, seule la dette privée a été restructurée et non celle détenue par l’UE et le FMI, a-t-il rappelé : « sur les 320 milliards et quelque de dette (actuelle, ndlr), 75% est détenue par des mains publiques. La restructuration doit porter sur cette dette publique », soit environ 200 milliards d’euros.

« Il y a toute une panoplie de solutions possibles : l’allongement des maturités, la baisse des taux d’intérêt et une solution beaucoup plus radicale qui est ce qu’on appelle un "haircut", un abattement de la dette », a-t-il expliqué.

« Je pense que si on abattait cette dette de 50%, on réduirait de 100 milliards ces 200 milliards, on permettrait à la Grèce de retrouver ce qu’on appelle un ratio dette sur PIB acceptable, aux alentours de 100 à 120% du PIB, contre la situation actuelle de 170% », a détaillé Matthieu Pigasse.

La Marseillaise, le 31 janvier 2015

Tsipras à Rome et Paris

Alexis Tsipras doit se rendre mardi à Rome pour rencontrer son homologue Matteo Renzi avant d’aller mercredi à Paris pour s’entretenir avec le Président français François Hollande, a-t-on appris vendredi auprès de ses services. Le Premier Ministre grec et chef de la gauche Syriza qui a emporté une grande victoire aux législatives dimanche dernier en prônant « la fin de la politique d’austérité en Europe » va commencer sa tournée européenne dimanche par Chypre, avant de se déplacer à Rome et à Paris.

Chypre, l’île située dans le sud-est de la Méditerranée, avec laquelle la Grèce entretient des relations très proches et dont la partie nord est occupée par la Turquie depuis 1974, est traditionnellement le pays que chaque nouveau Premier Ministre grec visite lors de son premier voyage à l’étranger. La tournée d’Alexis Tsipras en Europe sera précédée par une tournée du Ministre grec des Finances Yanis Varoufakis à Londres, Paris et Rome. Plus particulièrement, Yanis Varoufakis se rend à Londres dimanche pour rencontrer des investisseurs avant des entretiens avec son homologue George Osborne.

La Marseillaise, le 31 janvier 2015

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