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Grèce. Contre l'austérité, le peuple grec vote Syriza

Imposante victoire du parti de la gauche radicale qui avec plus de 35% des suffrages devance très nettement la droite. Un message aux fortes retombées pour l’Europe.

Les Grecs ont délivré hier un message sans appel à leur gouvernement en donnant la victoire à Syriza, le parti de gauche radicale d’Alexis Tsipras, qui va devenir le premier dirigeant à rejeter la cure d’austérité imposée par l’Europe depuis la crise.

Les Grecs « ont parlé » et « nous respectons » leur décision, a indiqué Antonis Samaras, le Premier Ministre sortant grec et chef du parti de droite Nouvelle Démocratie, après la publication de résultats partiels montrant une nette victoire du parti de gauche radicale Syriza. « Je remets un pays qui est en train de sortir de la crise, qui est membre de l’Union européenne et de la zone euro et j’espère que le prochain gouvernement va maintenir ces acquis », a souligné Antonis Samaras devant la presse.

Après le dépouillement de 38,54% des bulletins, Syriza obtenait 35,73% des voix contre 28,48% à la Nouvelle Démocratie. La projection du Ministère de l’Intérieur donnait ainsi 148 sièges à Syriza, alors qu’il en faut 151 pour obtenir la majorité absolue.

Par ailleurs, le parti d’inspiration néo-nazie Aube dorée semblait s’installer fermement à la troisième place, avec 6,39% des suffrages et 17 sièges (un de moins qu’en 2012), devant « La rivière », nouveau parti de centre gauche, qui obtenait 5,77% et 16 sièges. Les communistes du KKE obtiendraient 15 sièges. Ancien parti fort, le Pasok (socialiste) obtenait 4,88% et 13 sièges, selon les dernières projections.

La victoire a été saluée par une explosion de joie au QG de campagne de Syriza, une tente dressée dans le centre-ville d’Athènes. Des centaines de personnes, venues de toute l’Europe, ont chanté Bella Ciao, agité des drapeaux. Certaines pleuraient.

Le scrutin était attendu anxieusement par les dirigeants européens, inquiets de la volonté de Syriza de « fermement » renégocier la dette grecque et défier de manière inédite les programmes d’austérité imposée par l’Union européenne.

La première réaction d’un des principaux économistes de Syriza, Yannis Milios, hier soir, était claire. Interrogé par l’agence grecque ANA, il a lancé que le « programme (représenté par l’actuel Ministre des Finances Guikas Hardouvelis) est mort ».

Par dépit, les analystes de la banque allemande Berenberg ont évoqué « une victoire de la colère sur la peur, de l’imaginaire sur la raison ».

En Italie, Sandro Gozi, Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, a pris acte de la victoire de Syriza. « Nous pensons qu’après ce vote nous aurons de nouvelles opportunités pour poursuivre le changement en Europe en faveur de la croissance, des investissements et de la lutte contre le chômage ».

Le succès de Syriza, s’il est confirmé, va donner en revanche un grand espoir aux autres formations de gauche radicale en Europe. Avant la clôture du scrutin en Grèce, Pablo Iglesias, le dirigeant de Podemos en Espagne, avait lancé : « L’espoir arrive, la peur s’en va. Syriza, Podemos : nous vaincrons ». En France, Jean-Luc Mélenchon a évoqué « une lame de fond », « une page nouvelle pour l’Europe » et Pierre Laurent une victoire qui change le cours de l’Europe.

La Marseillaise, le 26 janvier 2015

Tsipras : « la fin de la troïka »

Alexis Tsipras, le Président de Syriza, a déclaré que « le peuple grec a écrit l’Histoire » et « laisse l’austérité derrière lui » en donnant la victoire aux élections législatives à son parti. « C’est un signe important pour l’Europe qui change », a-t-il ajouté devant des milliers de personnes rassemblées sur l’esplanade de l’Université d’Athènes. « Le verdict du peuple grec signifie la fin de la troïka ». « Le nouveau gouvernement sera prêt à collaborer et négocier pour la première fois avec nos partenaires une solution juste, viable, durable, qui bénéficie à tous », a-t-il ajouté, affirmant qu’il n’y aura pas « d’affrontement » et que la Grèce « décevra tous les Cassandre à l’intérieur et l’extérieur du pays », misant sur un échec.

La Marseillaise, le 26 janvier 2015

Triplement historique

Historique. C’est le mot qui, le premier, vient à l’esprit après la victoire de Syriza. Triplement historique d’ailleurs. Pour la Grèce, pour l’Europe, pour la gauche. Nation trop souvent meurtrie depuis 1945 -la guerre civile, le régime des colonels, la corruption des dynasties politiques de droite et de gauche, la destruction sociale-, la Grèce a relevé la tête hier grâce à l’audace et à la lucidité de son peuple. Car il en faut du courage pour défier ouvertement le monde de la finance et les serviteurs zélés des politiques d’austérité qui s’estiment les maîtres du monde et de l’Europe. C’est pourquoi le message grec délivre une formidable bouffée d’oxygène.

Il apporte le plus citoyen des démentis aux mauvaises fables libérales qui racontent que la casse des modèles sociaux et des services publics emprunte en Europe le seul chemin possible.

Au contraire, il s’agit d’un coupe-gorge pour les peuples, ont asséné les électeurs hellènes forts de leur dramatique expérience. Ce triomphe de Syriza représente aussi une magistrale leçon de choses pour l’ensemble des forces progressistes : la gauche est debout et victorieuse quand elle refuse toute compromission avec les diktats neo-libéraux et propose une alternative dont les moteurs sont la justice sociale et l’intérêt général. Cet enseignement doit, partout, être entendu. En Espagne, en Italie…

En France bien sûr où tous ceux qui participent à la construction de cette alternative ont reçu hier un inestimable encouragement à persévérer, à débattre, à innover. A se rassembler au-delà de leurs différences et de leurs trajectoires passées.

Christian Digne (La Marseillaise, le 26 janvier 2015)

Réactions

Pierre Laurent. « Cette victoire de Syriza change le cours de l’Europe, explique le Secrétaire du PCF. Un pays qui veut rester dans l’Europe propose une sortie solidaire de la crise. Syriza nous envoie un signal : ceux qui refusent les politiques d’austérité en France peuvent gagner ».

Jean-Luc Mélenchon. « C’est une page nouvelle pour l’Europe, estime l’ancien candidat à la présidentielle. Peut-être que nous tenons l’occasion de refonder l’Europe, qui est devenue l’Europe fédérale des libéraux. On peut changer complètement la donne par la voie démocratique. »

Benoît Hamon. Pour l’ancien Ministre socialiste, « L’élection en Grèce n’est pas seulement une élection nationale. C’est une très grande source d’espoir pour tous ceux qui croient encore qu’Europe et progrès sont conciliables. Ce chemin doit inspirer la gauche française ».

Cécile Duflot. La Députée EELV écrit que « le succès de Syriza est devenu une responsabilité européenne. La France aura un rôle à jouer : celui d’être le premier soutien du changement grec. Il est l’heure d’une alternance européenne. Elle a démarré à Athènes ».

Jean-Christophe Cambadélis. « La victoire d'un parti de gauche est toujours une bonne nouvelle pour le Parti socialiste », a réagi le Premier Secrétaire du PS. « La ligne anti-austérité est aujourd'hui renforcée en Europe » ajoute de son côté, le Secrétaire national à l'Europe du PS, Philip Cordery.

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