Fédération des Bouches-du-Rhône

Fédération des Bouches-du-Rhône
Accueil > Idées
 

Le 16 mars. La Marseillaise refait son look

Le bulletin de souscription

 
 
 

Daniel Mermet. Sur le net « si j’y suis »

Radio. Daniel Mermet relance sur le web l’émission phare que France Inter a cru bon supprimer. Même esprit, même invités, même verve.

Des reportages, des invités très à gauche et sur le répondeur les messages des auditeurs : Daniel Mermet a ressuscité hier sur internet son émission « Là-bas si j’y suis », supprimée par France Inter, pour continuer « la bagarre menée pendant 25 ans ».

En public et en direct, Daniel Mermet, 72 ans, a repris du service dans un café de Ménilmontant (20e arrondissement), à Paris, devant une cinquantaine d’auditeurs et de compagnons de route, sept mois après avoir rendu l’antenne. Le répondeur de l’émission, succession de coups de gueule et de messages de soutien des auditeurs, donne d’emblée le ton : « Tu reviens un 21 janvier, c’est le jour de la décapitation de Louis XVI, je me doute que ce n’est pas innocent », ironise l’un d’eux. Daniel Mermet, chèche noir et cheveux blancs, lui donne aussitôt raison. Sur une petite table ronde, quatre micros accueillent chroniqueurs et invités. L’émission démarre sur Charlie Hebdo : BFMTV et France 2 sont taclés pour leur traitement médiatique des attentats. Suivent deux reportages, l’un dans une mosquée, l’autre avec des militants identitaires et un débat-fleuve sur les élections législatives qui se tiendront ce dimanche en Grèce. Les invités, dont l’économiste Frédéric Lordon et Serge Halimi, du Monde diplomatique, dissertent sur Syriza, le parti de la gauche radicale hellénique, et sur l’hypothèse d’un non-remboursement de la dette publique. Entre-temps, le socialiste Gérard Filoche s’en prend au projet de loi Macron, qui prévoit une extension du travail dominical. « C’est une loi du XIXe siècle ! », tonne-t-il.

Poursuivre « une bataille » de 25 ans

Micros coupés, Daniel Mermet parle trotskisme et s’inquiète de la montée de Pegida, le mouvement allemand contre l’islamisation. Il avait lancé son émission à la veille de la chute du mur de Berlin, en septembre 1989. Militante et atypique, l’émission avait dès lors été diffusée quasi quotidiennement sur France Inter, à 17h, puis 15h, jusqu’en juin dernier. Elle ne sera désormais disponible que sur internet et sur abonnement, à l’adresse labas.org. En direct chaque jeudi, de 19h à 21h, puis ré-écoutable en podcast. Les abonnés pourront également retrouver divers articles, vidéos et reportages. Les archives de l’émission -depuis 2002- sont elles disponibles en libre accès.

Sur France Inter, l’émission rassemblait encore près d’un demi-million d’auditeurs. Et l’annonce de sa suppression, en juin, avait donné lieu à une pétition de soutien, signée par plus de 170.000 personnes au cours de l’été. Daniel Mermet recense aujourd’hui plus de 13.000 abonnés sur son site, à 60 euros par an en moyenne, soit quelque 800.000 euros déjà réunis. Suffisamment pour rémunérer trois salariés et une petite équipe de pigistes, « un peu au-dessus des tarifs de France Inter », souligne-t-il. Mieux, avec 10.000 abonnés de plus, il promet de créer une matinale quotidienne, le « 7/9 NEUF ». « Les matinales qui existent aujourd’hui s’adressent à des publics différents, mais ont toutes la même ligne éditoriale », juge-t-il. Nous, « On veut continuer de faire exister une certaine manière de voir. »

« Ce n’est pas une revanche contre France Inter, juge cependant le maestro radiophonique, et internet n’est pas un refuge. C’est une nouvelle histoire. Pourquoi on arrêterait ? On s’est fait quand même virer sauvagement », lance-t-il convaincu : « C’était une incitation à la résistance. On continue notre combat, la bagarre qu’on a menée pendant 25 ans ».

La Marseillaise, le 23 janvier 2015

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.