Fédération des Bouches-du-Rhône

Fédération des Bouches-du-Rhône
Accueil > Idées
 

Le 16 mars. La Marseillaise refait son look

Le bulletin de souscription

 
 
 

Bernard Tabuteau. « Recul et avenir du PCF vus par ses militants »

Débat ce soir avec le chercheur en sciences sociales.

À l’invitation de l’Université populaire et républicaine, Bernard Tabuteau, chercheur en sciences sociales, tiendra ce soir une conférence-débat autour de son ouvrage "Recul et avenir du PCF"(*).

La Marseillaise. Quel est le point de départ de vos recherches sur le PCF et la méthode de travail que vous avez suivie ?

Bernard Tabuteau. Elles partent d’un constat simple : à la fin des années 1970 le PCF se situe au dessus des 20% des voix et au début des années 2000 il est en dessous des 5%. Forcément cela interroge d’autant plus que le PCF demeure une référence, une tentative non-dépassée de politiser les couches populaires. Ce recul massif pose question à un analyste politique, un sociologue. Mon travail porte sur l’analyse du recul et de l’avenir du PCF vus par ses militants. Mon matériau de recherche est constitué par l’ensemble des entretiens approfondis que j’ai eu avec des militants de tout niveau de responsabilité, de la Secrétaire nationale de l’époque, Marie-George Buffet au militant de base. Des militants de toute génération, en incluant ceux qui ont quitté le PCF, ceux que j’appelle « la diaspora communiste ».

La Marseillaise. Quelles sont d’après votre étude les causes du recul du PCF ?

Bernard Tabuteau. Il y a un enchevêtrement de causes pointées par les militants que l’on peut classer en quatre composantes qui font système. La composante économique et sociale liée à un décrochage par rapport aux transformations dans les classes moyennes et la classe ouvrière. La composante politique car le PCF a été à l’initiative de l’union de la gauche avant d’y être pris au piège et de réagir « en zigzag » aux questions posées par sa rupture. La composante organisationnelle qui comprend le décalage entre le gouvernement et les aspirations des militants avec une fixation autour du centralisme démocratique et de la manière dont il opère. Et enfin la composante extérieure avec l’incapacité de se distinguer de l’URSS et de son image.

La Marseillaise. Comment les militants interrogés envisagent-ils le renouveau et l’avenir du PCF ?

Bernard Tabuteau. Mes entretiens ont eu lieu de 2005 à 2007, le Front de gauche n’était donc pas né même si les raisons qui ont présidé à sa création étaient déjà en germes. Mes interlocuteurs estiment que l’échec des républiques socialistes de l’Est a eu un effet démobilisateur mais que l’évolution du capitalisme n’a pas pour autant montré sa capacité à régler les problèmes du monde. Face à ce double phénomène, ils soulignent la nécessité de faire émerger un nouveau projet émancipateur en travaillant à un rassemblement des forces qui veulent dépasser le capitalisme. Une nécessité d’autant plus forte qu’ils jugeaient le modèle social-démocrate à bout de souffle.

Propos recueillis par Léo Purguette (La Marseillaise, le 15 janvier 2015)

(*) Éditions le Temps des cerises.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.