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Martigues. Assez d’asphyxie, il faut donner du souffle !

Santé.  Réunion publique ce soir à 18h30 sur la situation du centre hospitalier, à l’initiative du Collectif pour la défense de la santé et de l’hôpital public.

La situation de l’hôpital de Martigues, qui présente un déficit cumulé de 9 millions d’euros, est le résultat, comme les autres centres hospitaliers de France, de la loi « Hôpital, Patients-Santé-Territoires (HPST) » initié par Roselyne Bachelot, mais non remise en cause par le gouvernement actuel.

« Tous les hôpitaux publics sont asphyxiés par les réductions budgétaires où la priorité est donnée à l’équilibre financier aux détriments de la réponse aux besoins de santé » affirme le Collectif, pour lequel il est urgent d’« organiser la résistance, construire, revendiquer ensemble ». Arguant de la situation financière du centre hospitalier de Martigues, l’ARS (Agence régionale de santé) « exige des économies supplémentaires » qui vont entraîner un diminution du nombre de personnels (réorganisation du travail, non reconduction des CDD).

« Le point de départ de cette situation, ce sont les politiques d’austérité imposées par l’Europe, que nos gouvernements successifs accompagnent », souligne Yann Manneval, pour la CGT. La baisse des finances publiques touche en premier lieu les services publics, et pourtant, « n’oublions pas que les 4.589 millions d’euros d’aides apportés aux banques entre 2008 et 2010 étaient de l’argent public, ni que l’État verse chaque année 50 milliards au titre de l’intérêt d’emprunt à ces mêmes banques »… voilà qui comblerait largement le déficit  des hôpitaux.

Rompre avec les politiques d’austérité

Au-delà de l’aspect financier, le centre hospitalier de Martigues a aussi son utilité sur le territoire pour répondre à sa problématique : comment parler de sécurité des sites Seveso s’il n’y a pas un lieu capable d’intervenir sur le bassin industriel ? « L’enjeu, on le sait très bien, c’est aussi le développement économique du territoire. Quand une usine s’implante, elle regarde vers l’hôpital. c’est le point de départ. » Et pour rester dans l’aspect économique, « si le coût de productivité des salariés français est un des plus élevés au monde, c’est grâce aux soins. Quand les travailleurs sont en bonne santé, physique et psychique, ils produisent mieux », poursuit Yann Manneval.

Pourtant, aujourd’hui, 28% de la population du territoire se prive de soins, notamment pour les lunettes, les dents ou les prothèses auditives : « Ce n’est pas judicieux », argumente Nanie Bellan pour Ensemble, « ça coûte plus cher de ne pas se soigner. La prévention est nécessaire. Or, ce qu’on veut nous imposer, c’est la rentabilité financière contre l’humain ».

Cette rentabilité financière, les agents hospitaliers la vivent tous les jours, et pour Josy Capozi, de la CGT hôpital, elle n’est bien sûr pas compatible avec des soins de qualité : « Il faut produire des actes, et les infirmières souffrent de ne pas avoir assez de temps pour les malades. Comment avoir une prise en charge globale du patient dans un système de marchandisation de la santé  ? Il faut vite libérer des lits, alors on met les patients dehors pour faire de la place aux autres » !

Pour une prise en charge globale du patient

Pour le Collectif, l’accès aux soins « est fondamental, et c’est bon pour tout le monde ». Car le risque, c’est aussi d’aller vers une situation sanitaire grave. Il propose bien sûr des solutions : « On revient sur le pacte de responsabilité et sur l’ANI. Et surtout, on augmente les salaires, car dans le même temps, on augmentera les cotisations pour financer la protection sociale, pour une santé à visage humain. »

La réunion publique de ce soir, à l’initiative de la CGT de l’hôpital, permettra d’impulser « un rassemblement autour des luttes de tous les citoyens, pour mettre en échec les méfaits et les attaques contre les services publics », souligne Pierre Orthet pour le PCF « autour de la question de l’hôpital public, c’est aussi une réflexion sur un politique de santé pour tout le territoire ». Et surtout de rappeler que le gouvernement a offert 20 milliards en 2013 au patronat dans le cadre de la compétitivité des entreprises, ou qu’à travers les médicaments, les trusts pharmaceutiques empochent l’argent des cotisations de la sécurité sociale : « Oui, de l’argent, il y en a, et il doit être distribué pour les services publics » !

Nathalie Pioch (La Marseillaise, le 11 décembre 2014)

« Des moyens pour l’hôpital public »

Dans un communiqué commun, l’UL CGT, la Mutuelle du pays martégal, la section du PCF, Ensemble et la FSU dénoncent la décision de la direction de l’hôpital qui, pour des raisons budgétaires, veut faire des économies sur les personnels : « L’activité hospitalière croît en moyenne de 5% par an, quand les budgets n’évoluent que de 2 à 2,5%. Si notre système de santé est en recul pour assurer un égal accès à des soins de qualité, ce n’est pas un problème d’organisation mais de moyens. »

Pour les signataires, ces mesures « ne sont qu’une étape de plus dans la dégradation des conditions de travail des personnels. Les usagers subiront ces restructuration à travers un accueil et une prise en charge dégradés, qui entraîneront des transferts d’activité vers le privé lucratif. L’accès aux soins sera réservé à ceux qui le pourront ».

Ensemble, ils exigent « la fin des politiques d’austérité et une autre répartition des richesses. Les moyens doivent être donnés à l’hôpital public et à la protection sociale pour répondre aux besoins des populations ».

La Marseillaise, le 11 décembre 2014

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