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Le 16 mars. La Marseillaise refait son look

Le bulletin de souscription

 
 
 

La Marseillaise est bien vivante, ils nous le disent

Solidarité. Lors de l’audience du tribunal qui se tenait hier pour examiner la situation du quotidien régional, aux côtés de ses salariés, celles et ceux qui veulent que vive la presse de gauche.

« D’habitude, ce sont plutôt les salariés que vous soutenez dans vos colonnes qui sont sur les bancs du tribunal. Alors quoi de plus normal et naturel que nous soyons à vos côtés aujourd’hui ». Alain, militant de la CGT, est venu « en citoyen » apporter sa solidarité à l’ensemble du personnel du quotidien. Venu des quatre coins de la région et regroupé en masse aux portes du tribunal de commerce de Marseille, alors que se tenait une audience décisive pour l’avenir d’un titre issu de la lutte contre l’occupation allemande, il y a aujourd’hui soixante-dix ans.

Une entreprise sans soutien des puissances financières

Une audience cruciale après la déclaration de cessation de paiement déposée par la direction du quotidien. Il appartient désormais de statuer sur la meilleure issue possible à la crise traversée par la Marseillaise. Et comment le titre échapperait-il aux difficultés de la quasi-totalité de la presse  et d’un nombre croissant d’entreprises de ce pays ? « Si nous sommes ici aujourd’hui à vos côtés, c’est parce que vous êtes une boite en lutte. Comme nous le sommes de toutes les entreprises en difficulté », affirme Jean-Marc Coppola, Vice-Président communiste de la Région Paca. « Mais la Marseillaise est aussi une entreprise particulière. Celle d’un grand quotidien qui ne dispose du soutien d’aucune puissance financière ».

Pour Maxime Picard (UD CGT), « la Marseillaise est avant tout un acteur majeur du soutien des luttes. Nous attendons donc du tribunal de commerce qu’il lui donne les moyens de pouvoir continuer à vivre ». Parce qu’il est impensable, pour la totalité de celles et ceux qui étaient hier devant les portes de l’instance judiciaire, que la voix de ce journal, « qui porte en lui des valeurs et une certaine vision de la société, s’éteigne », s’indigne Thierry Delbado, animateur du site Plus belles les luttes. « L’État doit prendre conscience de la nécessité de la vitalité de la presse d’opinion indépendante, alors que tous ses titres disparaissent les uns après les autres ».

Celles et ceux de Fralib se sont engagés pleinement dans la bataille de la souscription, comme les Jeunes communistes de Marseille qui organisent aussi ce soutien financier « au journal de la Résistance. A nous de le faire connaître aux lycéens, aux étudiants ou à la jeunesse ouvrière », revendique Camil Antri-Bouzar. Ou encore ces amis de la Marseillaise qui récoltent des chèques jusqu’aux marches du palais.

Élu CGT aux Télécoms, Guillaume Lamourette se félicite du « rôle qu’a joué le journal notamment auprès des jeunes salariés d’Orange ou de Free. Il a été à nos côtés dans nos luttes, c’est un relais indispensable à l’expression des salariés ».

Marins de la SNCM secoués par la tempête, venus, comme le dit Frédéric Alpozzo, Secrétaire général de leur syndicat CGT, « dans un esprit de convergence des luttes et pour défendre le pluralisme et l’indépendance de la presse », peu manquaient à l’appel de la Marseillaise et de ses salariés. Des salariés inquiets des incidences de cette crise sur leur emploi, dont Jean-Marie Dinh, pour le SNJ CGT, affirmait qu’il est « une question primordiale ».

Gérard Lanux (La Marseillaise, le 25 novembre 2014)

Jugement du tribunal aujourd’hui

A la sortie de l’audience, Jean-Louis Bousquet, Directeur Général de la Marseillaise, a déclaré qu’au cours de celle-ci, qui s’est tenue en présence des délégués du personnel, le tribunal a donné le sentiment qu’il a « bien entendu l’exposé de la situation effective du journal. Nous avons pu justifier notre demande d’être placés en redressement judiciaire, une demande qui a été appuyée par le procureur ». Le jugement du tribunal de commerce de Marseille est attendu aujourd’hui.

« Si la réponse va dans le sens que nous attendons, elle sera accompagnée de la nomination d’un administrateur et nous pourrons alors effectuer le travail de redressement de l’entreprise. Mais une fois cette étape franchie, nous ne serons pas au bout de nos efforts pour faire que vive la Marseillaise. La campagne de souscription engagée par nos lecteurs est donc loin d’être terminée ».

Parallèlement, la direction travaille sur toutes les options techniques qui seront retenues, notamment le plan social qui accompagnera la définition d’un nouveau projet rédactionnel. « Autant d’options qu’il restera à affiner avec le personnel et ses représentants. Mais en aucun cas, nous ne renoncerons à l’exigence d’une presse libre, fruit du soutien de lecteurs auxquels j'adresse mes remerciements ».

La Marseillaise, le 25 novembre 2014

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