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Burkina Faso. Déclaration de la Coalition de lutte contre la vie chère

La coalition national de lutte contre la vie chère, la corruption,
la fraude, l'impunité et pour les libertés (CCVC)

(CGT-B – CNTB – CSB – FO/UNSL – ONSL – USTB- SAIB – SAMAE - SATEB – SBM- SNEAB – SNESS – SYNATEB – SYNATIC – SYNTAS – SYNTRAPOST – SYNAPAGER – SYNATIPB – SYNATRAD –SYSFMAB – SYNATEL – UGMB / ACAT–BURKINA – AECC –AJB –AS/KEBAYINA /FB –CODDE –LDLP –LIDEJEL –MBDHP –MBEJUS –ODJ – REN-LAC– SOCIAL/ALERT – UGEB)

Conférence de presse sur la situation nationale

Déclaration liminaire

Mesdames, Messieurs les journalistes,

Je voudrais, au nom de la coordination nationale de la CCVC, vous remercier d’avoir répondu à notre invitation de ce matin.

Mesdames, Messieurs les journalistes,

La crise sociopolitique qui secoue le Burkina depuis une quinzaine d’années connait en ces moments une accélération et un tournant historique majeur. Ainsi que vous l’avez suivi et rapporté avec force détails, le peuple burkinabé, sa jeunesse en particulier, a fini par s’insurger contre le régime autocratique de Blaise Compaoré et son CDP, en place depuis 27 ans. En effet, c’est par la répression endurée, par le sang versé et des vies humaines sacrifiées, que le mouvement populaire insurrectionnel du 30 octobre 2014, conduit sur l’ensemble du territoire, est arrivé à bout du pouvoir de la 4ème République.

La CCVC exprime sa compassion et présente ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées et éprouvées par les nombreuses pertes en vies humaines et les cas de blessures enregistrés. Avec déférence, les militantes et militants des structures membres de la CCVC s’inclinent et saluent la mémoire de ces martyrs de notre peuple héroïque. La CCVC exprime également sa compassion à l’endroit des nombreuses victimes du mouvement populaire qui, hélas, a connu ça et là des débordements.

Mesdames, Messieurs les journalistes,

Ainsi que vous le savez, la situation a connu une rapide accélération suite à la démission et à l’exil forcés de Blaise Compaoré. Hélas, à peine le peuple insurgé, les populations du Burkina et de sa diaspora à travers le monde, les démocrates et patriotes avaient-ils commencé à crier victoire que l’armée, prétextant d’un appel du peuple à lui adressé, entama une sordide manœuvre de confiscation du pouvoir. Un premier coup d’Etat est ainsi opéré par le Chef d’Etat-major des armées, le Général Honoré Nabéré, le 31 octobre aux environs de 13 heures, quelques heures seulement après l’annonce de la démission de Blaise Compaoré.

Le lendemain 1er novembre 2014, soit 24 heures plus tard, le général Nabéré sera déposé par le Lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, numéro 2 du Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP), garde prétorienne de Blaise Compaoré, véritable armée dans l’armée, dont le Collectif, en 1999, puis le Collège des sages avaient demandé la dissolution pure et simple.

Mesdames, Messieurs les journalistes,

La situation présente ne signifie, ni plus ni moins, qu’un coup d’Etat perpétré par l’armée qui tente une fois de plus d’usurper les fruits de la lutte héroïque de notre peuple. Elle ouvre la voie à des dérives antidémocratiques ainsi que nous l’enseigne l’histoire de notre pays depuis 1966, date à laquelle, l’armée, confisquant le premier soulèvement populaire de notre peuple, a fait irruption sur la scène politique. Depuis lors, usant de ruse et de la force militaire contre le peuple, elle n’a plus jamais voulu lui retourner le pouvoir.

Du constat ainsi établi et face à l’extrême gravité de la situation, la CCVC dénonce et condamne sans réserve le présent coup d’Etat militaire et s’insurge contre ces manœuvres tendant à récupérer la lutte de notre peuple pour la liberté et la démocratie. Elle demande instamment à l’armée, qu’elle souhaite républicaine, de restituer le pouvoir au peuple.

En tout état de cause, la chute du pouvoir dictatorial de Blaise Compaoré est le fruit d’une lutte de longue haleine de notre peule. L’ensemble des forces sociales et politiques qui ont conduit cette longue lutte pour le progrès, la justice, la liberté et l’émancipation sociale et nationale sont capables de s’organiser et d’assurer la transition politique qui conduira à des élections libres et transparentes, ainsi qu’à la mise en place, à terme, d’institutions républicaines dignes de confiance.

C’est pourquoi la CCVC appelle l’ensemble des populations de nos villes et campagnes à faire échec, par leur mobilisation et leur détermination éprouvées, à ce énième coup d’Etat militaire.

  • Non aux coups d’Etat militaires !
  • Vive les peuples conscients en lutte !
  • Vive la lutte du peuple burkinabè !
  • Vive la CCVC !

Je vous remercie.

Ouagadougou, le 2 novembre 2014

Pour la Coordination Nationale

Le 1er Vice-Président
Chrysogone Zougmore

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