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Égalité. Obligés de vivre comme des « sous-citoyens »

Organisées hier par le MNLE Paca, les rencontres de l’accessibilité pointent les difficultés des handicapés.

« Je ne sais pas si, l’âge aidant, je pourrais un jour prendre le train comme tout le monde, emprunter le bus comme tout le monde, aller au cinéma comme tout le monde, avoir un logement adapté ou adaptable. » Venues témoigner hier au siège du Conseil régional, dans le cadre de rencontres sur l’accessibilité organisées par le Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) Paca, les personnes à mobilité réduite ne cachent pas leur colère. Elles dénoncent la non application prévisible de la loi du 11 février 2005 sur le handicap qui prévoit un délai de 10 ans pour rendre les lieux accueillant du public, les transports ou la voirie accessibles à tous. À l’approche de l’échéance obligatoire de mise aux normes, en janvier 2015, l’État a consenti à des « Agendas d’accessibilité programmée » (Ad’AP).

« Ils arrivent un peu comme un moyen de se soustraire aux sanctions », s’indigne Mireille Fouqueau, Présidente de l’Association des paralysés de France des Bouches-du-Rhône, passablement agacée. Pour cette dernière, en permettant le report des travaux nécessaires de 15 ans par jeu de dérogation, l’esprit de la loi est remis en cause. De quoi anéantir l’espoir d’avancer sur une question vieille de 40 ans, la première loi d’orientation en faveur des personnes handicapées datant de 1975.

Un « combat permanent » pour la Région

Vice-Président (EELV) du Conseil régional en charge des transports, Jean-Yves Petit admet que la réalisation des aménagements est déjà « un combat permanent », tous les acteurs mobilisables sur la question ne travaillant pas « au même tempo ». Et de citer le cas de la gare de la Blancarde, pourtant « priorité des priorités », car c’est un pôle multimodal qui permet de connecter train, tram et métro. Alors que les travaux de triplement de la voie TER Aix-Marseille se terminent, seul le tram est accessible aux handicapés. La Région a néanmoins entamé une grande concertation avec la trentaine d’autorités organisatrices des transports du territoire et les associations pour déboucher sur un schéma régional d’accessibilité, voté en juin dernier. Lui aussi focalisé sur la cité phocéenne, Christian Pellicani, Conseiller d’arrondissements communiste, rappelle que les maisons de quartier ne sont pas réhabilitées et promet de s’atteler au chantier pour faire entendre l’urgence de la situation au Maire de Marseille.

De son côté, le MNLE Paca se pose en force de propositions. « Nous les porterons auprès des interlocuteurs concernés, c’est une question de citoyenneté », assène son Président, Jean-Claude Cheinet.

Mireille Roubaud (La Marseillaise, le 6 novembre 2014)

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