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Proche-Orient. Cessez-le-feu illimité

Sous l’égide du Caire, Israéliens et Palestiniens sont parvenus à s’entendre sur une fin de conflit, impliquant un allègement du blocus de Gaza.

Israël et les Palestiniens ont annoncé hier un accord pour un cessez-le-feu permanent au 50e jour d’une guerre qui a fait plus de 2.000 morts palestiniens, près de 70 côté israélien et dévasté la bande de Gaza.

A l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, à 19h locales, des tirs de joie ont résonné dans la ville de Gaza, alors que l’accord prévoit, selon le médiateur égyptien, un allègement du blocus imposé depuis 2006 par Israël et qui asphyxie 1,8 million de Gazaouis. « Nous avons accepté, une fois de plus, la proposition égyptienne d’un cessez-le-feu sans condition et illimité dans le temps », a affirmé une source gouvernementale israélienne, peu après une annonce en ce sens faite par le Président palestinien Mahmoud Abbas. A peine faite l’annonce du cessez-le-feu, Moussa Abou Marzouq, un responsable du mouvement islamiste Hamas, a revendiqué une « victoire pour la résistance », en référence aux groupes armés dans la bande de Gaza qui ont infligé à l’État hébreu ses plus lourdes pertes depuis 2006 avec 64 soldats tués. L’Égypte a indiqué que les deux parties avaient accepté « un cessez-le-feu global et réciproque accompagné de l’ouverture simultanée des points de passage entre la bande de Gaza et Israël afin d’assurer l’entrée rapide de l’aide humanitaire, des secours et des moyens de reconstruction ».

Poursuite des négociations

Outre les 2.143 morts et les 11.000 blessés, c’est 1,8 million de personnes qui ont été affectées dans la bande de Gaza par la guerre, selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). 475.000 personnes ont notamment été déplacées, trouvant refuge dans les abris de l’ONU, du gouvernement palestinien ou chez des proches, selon l’Ocha. Par ailleurs, de même source, près de 55.000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, dont au moins 17.200 totalement ou quasi-totalement détruites. L’accord permettra aussi « la poursuite des négociations indirectes, au Caire, entre les deux parties sur les autres sujets dans un délai d’un mois après le début du cessez-le-feu », lit-on dans un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères. Les Palestiniens ont affirmé maintes fois qu’ils ne signeraient aucun accord qui ne prévoirait pas une levée du blocus israélien de Gaza, alors que les Israéliens font eux de la démilitarisation de l’enclave une condition sine qua non.

Cet accord met un terme à 50 jours de violence et plusieurs semaines de négociations, entre-coupées de trêves temporaires régulièrement rompues. Dans la journée, avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, des roquettes palestiniennes se sont abattues sur l’État hébreu tandis que les drones israéliens ont mené des raids meurtriers, tuant douze Palestiniens. Deux d’entre eux ont été mortellement touchés par des tirs de chars israéliens postés en bordure de Gaza. L’aviation visait depuis trois jours de nouvelles cibles dans l’étroite langue de terre surpeuplée bordant la Méditerranée, ses appareils écrasant sous les bombes les immeubles les plus hauts de Gaza. Deux bâtiments de 14 et 16 étages –comptant des dizaines d’appartements résidentiels et autant de familles– ont ainsi été réduits à des tas de débris après avoir été touchés par plus d’une dizaine de missiles. Un peu plus tard, un immeuble résidentiel abritant le siège de la radio du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), le principal mouvement de la gauche, Sawt al-Chaab (La voix du peuple, en arabe) a été en grande partie détruit. La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a affirmé avoir répondu à ces destructions par « un tir sur Haïfa (dans le nord d’Israël) et quatre tirs sur Tel-Aviv ».

La Marseillaise, le 27 août 2014

« Dieu merci, la guerre est finie » !

Dès l’annonce de l’accord, des milliers de Palestiniens ont célébré dans les rues de Gaza l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Des tirs de joie ont retenti dans la ville de Gaza, tandis que depuis les mosquées résonnaient des louanges à Dieu. Peu avant son entrée en vigueur, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, avait revendiqué la « victoire » à l’issue de ce conflit qui a fait 2.143 morts, plus de 11.000 blessés et des centaines de milliers de déplacés dans l’enclave exiguë et surpeuplée. « Nous sommes parvenus à réaliser ce que toutes les armées arabes n’ont pas réussi à faire », a indiqué lors d’une conférence de presse un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, en référence aux précédentes défaites arabes face à Israël. Dans les rues, au milieu des célébrations, Maha Khaled, une mère de famille de 32 ans a lâché « Dieu merci, la guerre est finie ». « Je n’arrive pas à croire que je suis encore en vie, avec mes enfants. Cette guerre a été très dure et on ne croyait plus que la paix arriverait », a-t-elle ajouté. De son côté, Tamer al-Madqa, 23 ans, célébrait « la victoire de la résistance ». « Aujourd’hui, Gaza a prouvé au monde qu’elle résistait et qu’elle était plus forte qu’Israël », a-t-il dit.

Cour pénale internationale

Les États-Unis ont rapidement dit « soutenir totalement » cet accord qui, selon un communiqué de la diplomatie égyptienne, permettra aussi « la poursuite des négociations indirectes, au Caire, entre les deux parties sur les autres sujets dans un délai d’un mois après le début du cessez-le-feu ». M. Abbas, de son coté a prévenu que les Palestiniens ne s’engageraient pas dans de nouvelles « négociations brumeuses ». « Gaza a subi trois guerres en 2008/2009, en 2012 (et en 2014), devons-nous nous attendre à une nouvelle guerre dans un an ou deux ? Et jusqu’à quand la question palestinienne restera sans solution ? », a-t-il lancé. La direction palestinienne se prépare dans le même sens à exiger que la communauté internationale fixe une date butoir pour la fin de l’occupation israélienne des Territoires palestiniens. Et si leur exigence n’était pas entendue, alors, disent-ils, ils adhéreront à la Cour pénale internationale (CPI) ce qui leur permettrait de poursuivre des responsables israéliens sur le déroulement des opérations dans la bande de Gaza.

La Marseillaise, le 27 août 2014

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