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Marie-Christine Vergiat. « Juncker ou un autre, en l'occurrence ça ne change rien »

La Députée Front de gauche dénonce le jeu de dupes imposé par les grands partis, de droite et sociaux démocrates, pour la désignation des responsables institutionnels à l’UE.

Députée européenne Front de Gauche du Sud-Est, Marie-Christine Vergiat ne se dit pas surprise des jeux « entre amis » qui animent les désignations de la présidence à la Commission ou au Parlement.

La Marseillaise. Avant les élections, certains juraient que la désignation des postes clé serait le fruit démocratique de l’élection. On en est plutôt loin, non ?

Marie-Christine Vergiat. Nous avons dénoncé la procédure de désignation dès le départ et je l’ai dit tout au long de la campagne. Tout était rédigé et prévisible. C’est la même chose à chaque fois qu’on lit complètement les traités qui concernent les processus de désignation. Au final c’est le Conseil qui propose. Certes il peut proposer en tenant compte du résultat des élections européennes. Mais « il peut » n’est pas « il doit » ! Tous ceux qui ont fait croire à une résolution ce sont moqués des électeurs. Les grands groupes majoritaires se réunissent entre eux et font leur petite cuisine…

La Marseillaise. Les élus d’opposition ne peuvent rien y faire ?

Marie-Christine Vergiat. Au niveau de la gauche européenne on a une position simple : quel que soit le candidat (à la présidence du parlement, ndlr) de l’austérité, on votera contre. Parce que de toutes les façons ce sera un candidat de l’austérité. Un membre de cette petite troïka qui magouille habituellement dans les enceintes des institutions européennes et qui est constitué des conservateurs, pas les « conservateurs » au sens du parlement européen mais ceux de la droite conservatrice (PPE), des socialistes et des libéraux. C’est cette « bande des trois » qui constitue le rapport de forces à l’intérieur du parlement européen. Elle pèse aussi sur la commission : les commissaires sont socialistes, libéraux ou PPE et au Conseil des ministres, ils se retrouvent aussi dans ces trois grandes familles. On reste dans les petits arrangements entre amis et avec toujours la même majorité. Celle-ci prône une politique de plus en plus libérale, de plus en plus « austéritaire », et avec les conséquences que l’on sait. Matériellement, le deal qui est en train de se monter est de placer Juncker (PPE, droite européenne, ndlr) à la Commission et d’installer M. Schulz (social démocrate, ndlr) à la présidence du Parlement européen…

La Marseillaise. Ceci étant posé, que signifie l’intervention d’Angela Merkel en faveur du Premier ministre anglais David Cameron, qui visiblement ne veut pas de M. Juncker à la tête de la Commission ?

Marie-Christine Vergiat. Évidemment, elle n’a pas changé de politique. Elle n’aime pas Junker parce qu’il est qu’il est hyper fédéraliste et que ce n’est pas sa ligne. Du point de vue du système institutionnel allemand et de la Cour constitutionnelle allemande qui rappelle continuellement qu’il y a aussi une souveraineté nationale, Juncker ne passe pas. Cela dit Mme Merkel est capable de revirement : Juncker n’est pas sa tasse de thé mais aux dernières nouvelles, il semble qu’elle le choisira au final.

La Marseillaise. Jean-Claude Juncker ou Juan Manuel Barroso : blanc bonnet ou bonnet blanc ?

Marie-Christine Vergiat. Juncker est un ultralibéral grand teint dont on connaît les positions. Il est luxembourgeois dans toute l’acception politique du terme. On sait ce qu’est le Luxembourg au plan de l’Union européenne : un paradis fiscal qui ne dit pas son nom à l’intérieur de l’UE. Juncker fait partie de ceux qui entravent à outrance toutes les tentatives de politiques de progrès. Je pense notamment à la proposition sur la taxation des transactions financières : forcément il est pour le paradis des banques ! Nous n’attendons rien de M. Junker. Mais lui ou un autre, en l’occurrence, ça ne change rien. Si nous n’attendons rien de nouveau, c’est bien parce qu’il y a un mensonge au départ. Il y a des liens tissés entre les institutions sur le rôle du Parlement européen. Ils disent qu’ils veulent plus de pouvoir pour le parlement… Nous sommes d’accord, mais à condition que le parlement utilise ses pouvoirs ! Or, le parlement européen ne le fait pas. On l’a vu avec le vote du budget où sous la houlette de M. Schultz, le parlement, après des grandes déclarations, des cris d’orfraie sur les coupes claires opérées, s’est finalement couché. La réalité c’est le rapport de forces politique. Et ce rapport de forces est en faveur des deux grands partis : PSE, PPE plus les libéraux.

Propos recueillis par Claude Gauthier (La Marseillaise, le 28 juin 2014)

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