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Le géant à genoux et les Fralib debout

Victoire. Après 1336 jours de conflit, les salariés de Fralib ont gagné face à Unilever et auront les moyens de poursuivre leur activité. Outil, argent, formation, développement : tout est là !

« Votre lutte exemplaire marquera l’histoire récente du mouvement ouvrier » Amin Ghénim, l’avocat des Fralib, a rendu hier hommage à ces ouvriers de Gémenos qui, après 1336 jours de lutte, ont gagné la bataille contre le géant Unilever. Un accord signé lundi et rendu public hier, conforte des acquis obtenus et en acte d’autres permettant désormais de créer une coopérative ouvrière, Scop Ti, et relancer l’activité.

Il y aura ainsi un soutien au démarrage avec formation administrative des employés, financement d’une étude de marché, embauche d’un commercial et travail avec une agence spécialisée pour le développement de la structure. De l’argent sera mis au pot pour remettre le matériel en état et acheter celui nécessaire à l’aromatisation telle que pensée dans le projet de salariés qui comptent bien faire de la qualité. Sans oublier une prime conséquente de préjudice pour chaque salarié qui s’ajoutera aux indemnités légales pour les 14 syndicalistes toujours salariés et les 62 anciens salariés n’ayant pas transigé. Bref, ce sont 20 millions d’euros qu’ont décroché les salariés. La propriété des machines par la Scop a aussi été actée à hauteur de 7 millions d’euros dans cette enveloppe et des garanties ont été prises pour que les terrains comme les locaux, acquis par Marseille Provence Métropole, figurent aussi au capital de la Scop.

Échaudés par les coups bas passés, les Fralib ont « blindé » l’accord pour éviter les entourloupes futures. Les 1,5 millions voués au fonds de roulement éviteront d’être confrontés au problème de trésorerie qu’a pu connaître Netcacao qui, lui, s’était opposé à Nestlé : des clients mais plus un centime pour acheter les fèves. « Nous avons aussi obtenu qu’Unilever mette fin aux accords interdisant à ses concurrents de commander le moindre volume et lève les clauses d’exclusivité avec les producteurs de nos machines qui nous interdisaient d’acheter une pièce détachée » développe Gérard Cazorla, Secrétaire du comité d’entreprise. Le niveau de production qu’il faudra atteindre pour rendre la Scop rentable n’inquiète pas les ouvriers. « Sous Unilever, nous étions à 3.000 tonnes par an avec 182 salariés. Or, il suffisait de quatre mois pour amortir tous les frais d’une année, y compris les gros salaires des dirigeants. Le reste de l’année étant consacré à engraisser les actionnaires » développe Olivier Leberquier, délégué CGT. Et d’asséner : « quand on nous dit que c’est le coût du travail qui pose problème en France, nous démontrons l’inverse ».

Ce rapport entre capital et travail avait déjà motivé la première grève, en 2010. Constatant qu’Unilever avait versé 1,5 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires en 2007 et 2008, les employés avaient demandé 200 euros d’augmentation par mois. Neuf semaines conflits avaient suivi, puis la décision d’Unilever de fermer ce site rentable pour aller produire en Pologne.

Depuis, les Fralib n’ont eu de cesse d’attaquer les PSE, plans sociaux pour l’emploi, gagnant systématiquement en appel. Leur combativité et la qualité de leur avocat ont permis de gagner une bataille qui, heureusement, avait débuté avant la mise en place de l’ANI par le gouvernement Ayrault. Car les fameux accords sur l’emploi soumettent désormais les PSE non plus à la justice mais à l’administration. Or, c’est bien la condamnation d’un juge, en l’occurrence de l’exécution du tribunal de Nanterre, à verser une astreinte de 3.000 à 10.000 euros par jour s’il ne reprenait pas les discussions sur un 4e PSE qui a contraint la filiale française de la multinationale anglo-néerlandaise à renouer le contact avec les représentants des salariés. Et à donc permis la victoire d’hier. « Ce type de victoire serait impossible si le traité transatlantique préparé par l’Union européenne donnant la possibilité aux multinationales d’attaquer les états était signé » prévient aussi Jean-Marc Coppola, Conseiller régional communiste.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 28 mai 2014)

Un combat exemplaire

De ce combat à armes inégales, il y a tant d’enseignements à tirer. Tant de pistes à emprunter avec confiance, au regard du chemin parcouru, en quatre années, par une « poignée » de salarié(e)s qui ont résisté contre vents et marées à une multinationale bien décidée à régler leur sort d’un seul trait de plume.

Déterminés, sûrs de leur droit, de leur savoir-faire, écartant tous les conseils de quelques mauvais prophètes, ils ont montré qu’une résistance bien menée pouvait venir à bout des pires écueils.

Leur combat contre Unilever, prétendument intouchable, a fait honneur au monde du travail, en ces temps que beaucoup voudraient de fatalisme et de résignation.

Ici et là, d’autres salariés s’en inspirent déjà pour lutter, comme ils l’ont fait, contre la toute puissance de la grande finance, d’actionnaires aux dents acérées. Convaincus, comme les animateurs de la future coopérative, que ce n’est pas le travail qui coûte cher, mais la casse des outils de production et le gâchis humain qu’elle engendre.

Une idée que bien des hommes politiques, prétendument animés par des idéaux progressistes, devraient méditer. Les déclarations de bonnes intentions sont jetées au panier lorsqu’elles ne sont pas suivies d’actes concrets. Et cela peut même coûter très cher à ceux qui les ont formulées.

C’est peut-être le plus bel enseignement que l’on peut tirer de ce combat victorieux. Et exemplaire.

Gérard Lanux (La Marseillaise, le 28 mai 2014)

Repères

Confiance. Le Secrétaire de l’UD CGT des Bouches-du-Rhône Thierry Pettavino a salué « une victoire symbolique qui doit donner de la confiance à ceux qui luttent pour la sauvegarde de leur emploi : Ascometal, Lyondellbasel, les Mutuelles, Centrale de Gardanne… »

Résistance. Jean-Marc Coppola, Vice-Président communiste du Conseil régional PACA a salué « une belle leçon de résistance face à un gouvernement qui n’a comme feuille de route que le renoncement devant la finance » et « un pied de nez à l’ensemble des forces libérales ».

Espoir. Cynthia Martin de l’UL CGT d’Aubagne a lancé un « merci pour cette lutte et pour l’espoir que vous donnez » : « Vous avez fait la démonstration que l’on peut rester maître de notre avenir, que les puissants ne le sont que parce que nous les laissons faire ».

Alternative. Invité à l’AG d’hier, Pierre Laurent, numéro un du PCF n’a pu se déplacer mais envoyé un message de soutien : « Cette lutte montre que des alternatives existent face à l’hémorragie industrielle, à la violence des délocalisations et à la loi de la concurrence ».

La marque Éléphant, une marque créée à Marseille. Les Fralib la voulaient mais ont compris que la notoriété acquise grâce à leur combat valait toutes les marques et créeront la leur. Comme les ex-Pilpa et la Scop la Fabrique du Sud fabriquent La Belle Aude.

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