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Raoul-Marc Jennar à Martrigues. « Ils ne sont forts que du silence qu’ils nous imposent »

Politique. Raoul-Marc Jennar a donné son éclairage sur le « Grand marché transatlantique » lundi soir à la Maison du Tourisme.

« Cela me rappelle la campagne de 2005 contre le TCE », se réjouissait Raoul-Marc Jennar lundi soir à la vue d’une salle Raoul-Dufy (archi) comble. Pour l’intervenant, membre du conseil scientifique d’Attac (entre autres) en tournée actuellement, il s’agit bien de sortir le Grand marché transatlantique (GMT) de l’ombre, comme ce fut le cas en 2005 pour le traité constitutionnel européen rejeté par référendum à l’issue d’une formidable campagne citoyenne. On connaît la suite, hélas… Vous avez aimé le TCE et la fameuse « concurrence libre et non faussée », vous allez adorer le GMT : c’est la conclusion que l’on peut tirer après les deux heures de conférence de l’intarissable Raoul-Marc Jennar.

Actuellement négocié dans la plus grande opacité, le GMT, destiné à « libéraliser » encore davantage les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Union européenne, apparaît en fait comme l’apothéose d’un long processus entamé dès la fin de la guerre froide. Jalonné de multiples rendez-vous depuis 1990, ce grand dessein va connaître une étape importante en 2007 avec la mise en place du Conseil économique transatlantique, « sans que les parlements soient consultés ». Le 30 avril, le Président des Etats-Unis (George Bush), celui de la Commission européenne (José Manuel Barroso) et la Présidente du Conseil européen (Angela Merkel) signent l’accord de création de ce conseil… où siègent plus de 70 firmes transnationales (BASF, EADS, Siemens, Pfizer, Total, BP…). Le 13 février 2013 -certains acteurs ont changé mais la pièce reste la même- Van Rompuy (Président de l’UE), Barroso et Barack Obama signent l’engagement en vue de la négociation d’un « Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement ». Nous y sommes. Et, à ce jeu, c’est Hillary Clinton qui vend la mèche en qualifiant ce « partenariat » d’« Otan économique ».

« Plus qu’un accord de libre échange »

Pour Raoul-Marc Jennar qui s’est attaché, non sans humour, à décortiquer les différents articles du « mandat de négociation » (un document du Conseil de l’Union européenne daté du 17 juin 2013 qui n’existe qu’en anglais), le GMT est « beaucoup plus qu’un accord de libre échange ». D’abord parce qu’il est justifié au nom de « valeurs communes ». Or, qu’ en est-il de ces « valeurs communes » ? Selon l’intervenant, ce sont bien les divergences qui prévalent dans de nombreux domaines : le rôle de l’Etat, le rapport à la religion, le système juridique, le droit du travail (où « les conventions de l’OIT n’ont pas été ratifiées par les Etats-Unis »), la culture où les USA ne sont pas liés par la convention sur la diversité culturelle de l’Unesco… L’objectif du GMT est « d’abaisser ou de supprimer les barrières tarifaires et non tarifaires, c’est à dire les normes sociales, sanitaires ». En d’autres termes : « Aller vers le plus petit dénominateur commun et s’aligner sur les normes américaines. »

L’examen des différents articles et leur décodage obligé éclaire sur les véritables enjeux, à l’image de l’article 22 qui « annonce deux objectifs : protéger au maximum les investisseurs et leurs investissements et créer un mécanisme privé d’arbitrage permettant aux firmes d’agir contre les Etats »(*). Exemple : « La firme Chevron qui pourra demander un groupe d’arbitrage sur le gaz de schiste. » Le GMT, une arme pour réaliser la stupéfiante prophétie de David Rockefeller : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire » ? On l’aura compris, Raoul-Marc Jennar et les nombreuses organisations qui ont appelé à cette initiative veulent repousser ce scénario-cauchemar. « Ils ne sont forts que du silence qu’ils nous imposent », souligne l’intervenant. Tout est dit.

Jean-François Arnichand (La Marseillaise, le 7 mai 2014)

(*) Raoul-Marc Jennar : « Le grand marché transatlantique » (CapBéar Editions). A signaler aussi le livre de Patrick Le Hyaric, Député européen et directeur de « L’Humanité » : « Dracula contre les peuples ».

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