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La PAC. Servir la grande distribution au détriment des agriculteurs et des populations

La politique agricole commune (PAC) est une des plus anciennes et jusqu'à peu la plus importante des politiques communes de l’UE (environ 35 % du budget européen, 45 % si on englobe le Développement rural) en matière budgétaire, mais actuellement en baisse. Créée par le traité de Rome en 1957, elle a été mise en place en 1962. Ses objectifs affichés sont :

  • d’accroître la productivité de l’agriculture ;

  • d’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole ;

  • de stabiliser les marchés ;

  • de garantir la sécurité des approvisionnements ;

  • d’assurer des prix raisonnables aux consommateurs.

Malgré les beaux principes, depuis 1992, le constat est sans appel : démantèlement des outils de régulation, mise en place « d'un marché de libre concurrence », pression sur les agriculteurs pour dégager des marges toujours plus importantes pour la grande distribution, etc. La PAC est devenu comme d'autres programmes clé de l'UE, un véritable outil de régression et d'harmonisation à la baisse des normes sanitaires et sociales dans les États membres.

1. Face aux scandales de la viande de cheval et de la vache folle, revoir à la hausse les normes sanitaires et garantir une nourriture de qualité pour tous

Cette recherche effrénée du profit et l’élimination des contrôles sanitaires ont abouti, ces dernières années à de graves crises alimentaires, de la vache folle jusqu’à la fraude sur la viande de cheval.

Au niveau européen les députés GUE/NGL œuvrent au sein des commissions Environnement Santé Publique et Sécurité Alimentaire(ENVI) et Agriculture et Développement Durable (AGRI) afin de demander plus de moyens pour les organismes de contrôle sanitaires et revoir à la hausse les normes alimentaires. Au niveau national les députés PCF sont également mobilisés et ont déposé un projet de loi « visant à rendre obligatoire l’indication du pays d’origine pour les produits agricoles et alimentaires et les produits de la mer, à l’état brut ou transformé »1.

Ensemble nous exigeons :

- l’obligation de mentionner l’origine et la composition pour tous les produits bruts ou transformés

- le renforcement des moyens de contrôle sanitaire et de la répression des fraudes au niveau européen et national garantissant l'application des mêmes norme partout sur le territoire de l'UE

- l'interdiction de la production et de l'importation des OGM

- la promotion de bonnes pratiques agronomiques, aptes à maintenir durablement les rendements, à diversifier les productions, à réussir la complémentarité entre cultures et élevages et des exploitations plus autonomes agro-économiquement et permettant un aménagement équilibré des territoires ;

4. Exiger des conditions de travail et de rémunérations dignes pour les agriculteurs

La réforme de la PAC en cours de finalisation dans chaque pays membre de l’Union n’est pas en phase avec la l'objectif d'une filière agro-alimentaire, riche en emplois, innovante pour préserver la qualité alimentaire et gastronomique. Elle se refuse à traiter convenablement l’enjeu des prix agricoles de base, rémunérant convenablement le travail paysan et les investissements nécessaires à la production. Par exemple, la sortie des quotas laitiers prévue en 2015, sans politique alternative de régulation de l’offre, va avoir des conséquences encore plus néfastes sur la production laitière au niveau économique, social et environnemental.

Face à cela nous exigeons :

- Un engagement des pouvoirs publics pour protéger les prix agricoles plutôt que de-contractualiser sur des marchés.

- Des paysans justement rémunérés par la mise en place de prix garantis rémunérateurs.

- une planification de la production et une répartition des terres agricoles

- un soutien public aux exploitations et filières les plus fragiles

- une redistribution de la valeur ajoutée au bénéfice des producteurs

- un nouvel outil de protection des activités du vivant (terre, mer, forêt) dans le cadre d’un système « d’assurance mutuelle démocratique calamités » permettant un nouveau système coopératif, démocratique contre les risques climatiques,

3. Garantir la souveraineté alimentaire comme priorité de l'UE et la fin de la spéculation sur les denrées agricoles

Dans le même temps, l'UE est entrain de conclure des accords de libre échange avec le MERCOSURE ou le Traité transatlantique mettant encore plus en danger la production agricole. A l'inverse de cette logique de mise en concurrence il faudrait lutter contre les gaspillages de nourriture et légiférer pour mieux combattre les comportements prédateurs de la grande distribution au niveau de la mise en marché des denrées alimentaires.

Pour cela nous demandons :

- l'abrogation des accords de libres échanges et l'application de la préférence communautaire

- l'affirmation de la souveraineté alimentaire par la constitution de stocks européens de sécurité

- la relocalisation des productions permettant par la suppression des intermédiaires, garantissant une alimentation saine et accessible pour tous,

- la mise en place d'un système encadrant les marges des géants de la grande distribution et de l’agroalimentaire

- la fin de la spéculation sur les matières premières agricoles et pour créer de nouveaux instruments de régulation des marchés internationaux, avec la création d’outils de stockage par l'instauration d’une convention internationale sur l’interdiction de la spéculation sur les biens alimentaires

 

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