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Décolonisation. Fidèle envers les peuples

Depuis sa création, la Marseillaise a toujours défendu les causes émancipatrices face à l’Impérialisme. Jusqu’à s’attirer les foudres des mouvements les plus réactionnaires.

La Une de la Marseillaise du 6 décembre 2013 résume à elle seule l’engagement de notre journal en faveur des luttes émancipatrices des peuples. Ce matin là, Nelson Mandela, le poing levé rappelle que quand les hommes et les femmes refusent de baisser la tête, ils finissent par triompher.

De tous temps, la Marseillaise s’est rangée du côté de ceux qui cherchaient à renverser les impérialismes à travers le monde. De l’Algérie au Vietnam en passant par l’Amérique latine. Parce que leur cause était juste, et surtout partagée par ceux qui, ici, font tous les jours le journal. Dénominateur commun: la paix et la justice sociale.

Il en aura fallu du courage pour, le matin du 4 juillet 1962, titrer « Vive l’Algérie indépendante ». Et ce après avoir salué les Accords d’Evian de mars après huit années de guerre. Le soutien de notre journal a été divers. Politique bien sûr à travers sa ligne éditoriale. Matériel également, puisque la Marseillaise a aidé notamment au tirage de l’Alger républicain dont le directeur Henri Alleg, torturé par l’armée française, a fait l’objet dans nos colonnes d’une forte campagne pour sa libération.

Dès le 19 mars, la Marseillaise consacrait 4 pages spéciales à l’annonce du cessez-le feu et l’intégralité de sa Une. Georges Lazzarino, rédacteur en chef écrivait : « Pendant 7 ans, les communistes, malgré la répression, malgré les calomnies, avec courage et ténacité, se sont battus contre les mensonges, ont expliqué patiemment leur solution et œuvré à l’action unie des partisans de la paix en Algérie ».

Indochine, Algérie, Vietnam : même combat

Le traitement de la guerre d’Algérie était dans la droite ligne de celui de la guerre d’Indochine, jusqu’en 1954. C’est encore une fois en grand que nous avons titré le 21 juillet sur le cessez-le-feu. « Après plus de sept ans d’une guerre injuste et ruineuse qui a coûté tant de larmes, de sang aux peuples français et vietnamien, le cauchemar fait place à une immense espérance » publie la Marseillaise qui se dit « fière d’avoir, dès le premier jour, dénoncé, combattu ce que les travailleurs devaient appeler la sale guerre ». Et d’avertir : « la Marseillaise, aux côtés de la classe ouvrière, du peuple de France, continuera dans la même voie. La voie de la paix, de l’indépendance nationale, du bonheur pour tous. Telle est sa raison d’être ». Le journal salue les « 8 années de lutte du peuple français » et « 8 ans d’efforts inlassables de Ho Chi Minh pour la Paix ». Un article est également consacré à Henri Martin, marin anticolonialiste arrêté à Toulon qui avait reçu un appui populaire pour sa libération.

Déjà à l’époque, la Marseillaise dénonçait le jeu trouble des États-Unis. Et c’est donc tout naturellement que le peuple vietnamien a pu compter sur le soutien du journal lorsque l’impérialisme yankee a, de 1965 à 1975, tenté de renverser le Vietnam socialiste.

Jusqu’à ce matin du 2 mai 1975 où la Marseillaise titre « Le Vietnam enfin libre ! » après la débâcle américaine à Saïgon. « Après 30 ans d’héroïsme et de sacrifices, le peuple vietnamien triomphe du colonialisme et de l’Impérialisme. Saïgon s’appelle désormais Ho Chi Minh » écrit-on en annonçant que les Vietnamiens seront enfin « maîtres de leur destin ».

A noter enfin, pour être honnête, que parfois la Marseillaise n’a pas su percevoir correctement certains mouvements. Le 8 mai 1945, par exemple, alors que la France fêtait la fin de la guerre, le peuple algérien descendait dans la rue à Sétif pour demander son indépendance. Il reçut une répression féroce de la part de l’armée française. Notre édition du 11 mai 1945 rapporte que « des Hitlériens provoquent des incidents ». On ajoute que « le gouvernement général annonce que des éléments troubles d’inspiration hitlérienne se sont livrés à Sétif à une agression à main armée contre la population qui fêtait la capitulation ». Pire, le 15 mai, nous estimions « nécessaire » « la répression ».

Saisies et censure

Souvent, la Marseillaise a été prise à partie pour ses positions. Notamment lorsque les guerres d’Indochine ou d’Algérie opposaient les peuples en lutte à l’État français. L’engagement des militants anticolonialistes, souvent communistes, a été dénoncé par la droite et l’extrême droite qui distribuaient les titres de bons ou mauvais Français…

Les locaux du journal ont été à plusieurs reprises l’objet d’attaques de ces mouvements rétrogrades. Mais à chaque fois, les ripostes, les postes de garde de la part du personnel, de militants et de lecteurs ont été tels qu’aucun nervi n’a pu monter dans les étages.

La répression d’État nous frappera aussi. la Marseillaise sera saisie quatorze fois entre le 1er novembre 1954 et le 9 février 1962 pour avoir dénoncé les crimes de l’OAS et mis en avant les manifestations dénonçant ses actes terroristes. Dans la nuit du 8 février, la police entra dans les locaux pour y faire supprimer le billet du jour du directeur Marcel Guizard et une déclaration du PCF. Le préjudice financier vint s’ajouter au préjudice politique et les équipes du journal durent se mobiliser pour assurer eux-mêmes la livraison des exemplaires censurés. Comme toujours, la tête haute.

Sébastien Madau (La Marseillaise, le 9 avril 2014)

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