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Gardanne. Roger Meï, « On a gagné cette élection aux penalties »

Rencontre avec le maire communiste réélu dimanche dernier après une campagne difficile.

Pour la 1re fois de sa carrière de Maire, débutée en 1977, Roger Meï a douté : Jean-Brice Garella, à la tête d’une industrie textile éponyme, a failli le déloger. Mais l’heure n’était pas venue. « Il n’a pas l’étoffe » lance Roger Meï avec malice, s’assurant dans la foulée qu’on a bien compris le jeu de mots. Le candidat PS-UDI lui aura donné l’occasion de connaître les affres d’une campagne difficile. Et celle d’une quadrangulaire que personne n’a vue venir. Le FN a changé la donne. Le maintien inextremis de la candidate de droite Chantal Cruveiller a aussi contribué à brouiller les cartes dans cette compétition qui aura laissé tous les candidats sur les rotules (sauf le frontiste C. Lepoittevin, qui s’est reposé sur la flamme de son parti pour engranger les voix sans faire campagne). Au finish, 69 voix séparent Meï (39,70%) de Garella (39,01%). Rencontre.

La Marseillaise. Qu’avez-vous fait en rentrant chez vous dimanche ?

Roger Meï. J’ai recompté les bulletins ! (rires) Plus sérieusement, on était tous stressés. On a gagné aux penalties. On s’attendait à mieux car on a beaucoup travaillé. La ville s’est développée, elle est l’une des mieux pourvues du département, avec notamment une politique de l’enfance de grande qualité. Gardanne est citée en exemple partout pour sa politique sur l’énergie et l’environnement. On s’attendait à une plus grande reconnaissance du travail effectué.

La Marseillaise. Que retenez-vous de cette campagne ?

Roger Meï. Le travail collectif. Je suis fier de mon équipe. Ce sont des personnes engagées, qui sont restées sur des bases éthiques. Personne ne s’est sali les mains, personne n’a fait de promesses irréalisables. (Pause) Enfin… Moi j’en ai fait une. Une habitante m’a demandé de lui trouver un mari jeune, riche et beau. Je ne sais pas si je pourrai l’aider !

La Marseillaise. Jean-Brice Garella a annoncé qu’il déposerait un recours. Cela vous inquiète ?

Roger Meï. J’ai écrit un courrier au Préfet de police, pour lui demander, après le 1er tour, de prendre toutes les mesures pour assurer la sérénité du scrutin. Ce matin, je l’ai appelé pour le remercier, car tout s’est bien passé. Rien ne peut nous être reproché. Il y a bien eu quelques excès d’affichage au début, mais j’ai recadré mes équipes. Et ces excès ont été constatés chez mes autres adversaires.

La Marseillaise. Pas chez Chantal Cruveiller, qui n’a pas affiché dans la ville.

Roger Meï. C’est vrai. C’était une bonne idée, même si ça n’a pas porté… Je ne m’attendais pas à ce que son score soit si bas. Mais il y a eu des manigances au sein de l’UMP, qui a voulu investir Jean-Brice Garella, puis une candidate qui n’a pas monté de liste. Jean-Claude Gaudin a fini par accorder l’investiture entre les deux tours à Mme Cruveiller, qui en avait la légitimité. Elle a mené une campagne normale. Elle a été critique, force de propositions, comme on s’y attend dans une démocratie.

La Marseillaise. Hormis le FN, personne n’a instrumentalisé le camp de Roms. Comment l’expliquez-vous ?

Roger Meï. Vous vous trompez. Personne n’a osé l’écrire. Mais dans le porte à porte, ça a beaucoup pesé. On a toujours assumé notre décision d’accueillir ces 11 familles. On a bien géré, les choses se passent bien. Et on est sur nos valeurs, celles de la République. Au risque de me répéter : les Roms sont des personnes comme vous et moi…

La Marseillaise. Le FN a obtenu deux sièges au Conseil municipal. Vous attendez-vous à une opposition constructive de leur part ?

Roger Meï. On verra… Pour l’heure, il y a pire. Les candidats FN élus Maires…

La Marseillaise. Qu’avez-vous envie de dire à ceux qui n’ont pas voté pour vous ?

Roger Meï. Même si tous les politiques disent ça, j’ai simplement envie de répondre que je serai le maire de tous, comme je l’ai toujours été. Et pas un « Maire voyou », comme l’a affirmé M. Garella. J’ai d’ailleurs déposé plainte suite à ces propos. J’ai aussi déposé plainte contre le rédacteur en chef de France 3, qui m’a taxé de « Staline » et ne s’est pas excusé. Je ne me laisse pas insulter…

La Marseillaise. Quelles seront vos premières décisions ?

Roger Meï. On va continuer sur notre lancée : le chantier de la Maison de la vie associative va démarrer, le projet sur l’extension du foyer du 3e âge avance. On ira bientôt à la rencontre des parents d’élèves de Biver concernant le projet d’agrandissement du groupe scolaire. Le travail sur les jardins partagés a commencé. Mais notre projet immédiat est le combat contre la métropole. Nous sommes 109 Maires sur 119 à rejeter ce projet, et on se fera respecter. Je suis toujours prêt à collaborer, comme je l’ai fait dans le cadre de MP 2013. Mais Gardanne ne sera pas englobée dans Marseille. Je continuerai à m’y opposer aussi longtemps qu’il le faudra.

Propos recueillis par Sabrina Guintini (La Marseillaise, le 1er avril 2014)

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