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L’Affiche Rouge. Comme eux, « ne jamais renoncer »

Hommage rendu, hier, à Manouchian et à ses 22 camarades pour le 70e anniversaire de leur mort.

70 ans déjà que « les fusils fleurirent », le visage et le regard d’une volonté redoutable de Missak Manouchian, au square éponyme du boulevard Charles-Livon (7e), sont là pour nous rappeler la lutte à la vie, la lutte à la mort de ces 23 partisans qui ne voulaient pas mourir, mais qui à l’aube de la libération contre le nazisme, ont été fusillés au Mont-Valérien par la Gestapo avec la complicité de Vichy.

C’était un 21 février 1944. Hier, un vibrant hommage a été rendu à ces internationalistes par des militants associatifs, des élu(e) s, la jeunesse arménienne de France dont son organisation, JAF, est à l’origine de l’initiative, plus tous les Marseillais(es) animé(e)s par les mêmes valeurs que ces résistant(e)s de la première heure. Au nom de l’Anacr, Jean-Paul Chiny dénonce « les voix niant les victimes du nazisme ». Et salue les combattants armés de « l’Affiche Rouge qui se sont levés pour défendre les valeurs de notre France humaniste et généreuse. La Résistance a sauvé l’honneur de la France ».

La Résistance universelle

Julien Harounyan, Président de la JAF, nous invite à ne pas oublier ces libérateurs et ceux qui sont morts dans l’anonymat. « Ces 23 étrangers aux noms imprononçables devraient rejoindre le Panthéon. » Et de se tourner vers les élus et les parlementaires pour qu’ils agissent dans ce sens. « La meilleure réponse au repli sur soi, à la haine, c’est cet esprit de Résistance incarné par Manouchian qui nous pousse aussi à agir. »

Pour le colonel Hovsep Hovsepian, ancien combattant d’Arménie, « Manouchian et ses camarades sont un exemple de Résistance universelle, donnée à l’Humanité » et « vous [le public. Ndlr], vous êtes les héritiers moraux de la France debout, solidaire, unie, des Lumières ». Christophe Masse (CG) évoque leur engagement venu de loin et la France, la terre d’adoption à défendre. « Ils sont dignes de notre République libre et indivisible. »

Jean-Marc Coppola (CR) souligne « la soif de vivre de ces "étranges étrangers" et un Missak Manouchian dont les idéaux communistes le firent entrer en Résistance dès 1934 quand les fascistes battaient le pavé parisien. Quand je vois ce visage magnifique poser ses yeux sur la ville, nous voulons être dignes de l’homme qu’il a été, toujours résister, ne jamais renoncer, conquérir de nouveaux espaces ». Marie-Arlette Carlotti (Ministre PS) fait « nôtre leur histoire. L’appartenance à une même communauté humaine, la mémoire du côté de la vie contre l’amnésie que nous devons combattre. Soyons à l’écoute et vigilants ». « C’est pour cette République, pour ses valeurs que Missak Manouchian et ses camarades se sont battus », affirme Patrick Mennucci (Député). « Leur groupe était à l’image de la République. La France n’était pas seulement une terre d’asile mais aussi une terre de liberté. »

Simon Azilavian, Président des anciens combattants et résistants français d’origine arménienne, osait espérer que « 70 ans après, le monde laisserait place à l’humain plutôt qu’au profit mondialisé ». Enumérant les guerres depuis celle du Golfe jusqu’au Mali en passant par le dernier génocide, celui des Tutsi, « plus que jamais nous devons agir pour la fraternité ». Il en appelle au « réveil des consciences individuelles et collectives ». Des voix enfantines ont fait vibrer Le Chant des Partisans à côté du buste du responsable militaire de la région parisienne des FTP-MOI, Missak Manouchian.

Piédad Belmonte (La Marseillaise, le 23 février 2014)

Toujours, dans nos cœurs

Celestino, Olga, Georges, Joseph, Rino, Thomas, Spartaco, Maurice, Emeric, Joseph, Léon, Jonas, Szlama, Armenak, Cesare, Marcel, Stanislas, Amedeo, Roger, Willy, Antonio, Wolf, Robert. « Ils étaient 23 étrangers et nos frères pourtant », dont une sœur Olga Bancic qui sera ignoblement torturée et décapitée à la hache dans une prison de Stuttgart, le 10 mai 1944.

Comme nombre de ses camarades, la plupart communistes, elle sera solidaire de l’Espagne républicaine en envoyant des armes, épousera un ancien des Brigades internationales et donnera naissance à une petite Dolorès en hommage à la Pasionaria, dirigeante du PCE, Dolorès Ibarruri. Tous aimaient la vie, ils ne voulaient pas mourir. Marcel Rayman, 20 ans, juif polonais, écrit à sa mère : « Ma chère petite maman (…). Je ne puis te dire qu’une chose, c’est que je t’aime plus que tout au monde et que j’aurais voulu vivre rien que pour toi (…). Je t’adore et vive la vie. » A son frère Simon, il dit : « Je compte sur toi pour faire tout ce que je ne puis faire moi-même. (…) Vive la vie belle et joyeuse comme vous l’aurez tous. » Des paroles pleines d’amour et d’enthousiasme à des êtres chers, le frère reviendra de déportation, la mère périra dans l’univers concentrationnaire.

Le poète communiste Louis Aragon immortalisa à jamais la révolte antifasciste des protagonistes de l’Affiche Rouge par un poème, puis Léo Ferré perpétua en paroles leur mémoire dans nos cœurs, nos esprits, nos actions au-delà du temps, des frontières, pour toujours.

La Marseillaise, le 23 février 2014

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