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Marie-Christine Vergiat. Solidarité européenne avec les femmes espagnoles

Marie-Christine Vergiat Député européenne Front de Gauche.

Le 20 décembre dernier, 
le gouvernement espagnol 
a adopté un projet de loi 
« de protection des droits de l’enfant à naître et de la femme enceinte » qui restreint le droit à l’avortement aux cas de viol ou de risque grave pour 
la santé physique ou mentale de 
la mère. Cela ramènerait l’Espagne dans le camp des quatre pays européens ayant les législations les plus aberrantes en ce domaine. À Malte et à Chypre, le droit à l’avortement est totalement interdit. En Irlande, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de « risque réel et substantiel » pour la vie de la mère. Et même si le droit irlandais a très légèrement évolué après 
le scandale, en octobre 2012, 
de la mort de Savita Halappanavar, 
il reste l’un des plus réactionnaires de l’UE, n’autorisant même pas l’avortement en cas de viol.

En Pologne, le gouvernement a tenté d’aligner le droit sur la pratique très conservatrice du corps médical, après avoir été condamné par la CEDH, mais a échoué devant le Parlement. Dans de nombreux pays européens, les ultras mènent la bataille au nom du droit 
à la vie. Ce sont eux qui se sont opposés au mariage pour tous en France et ont empêché l’adoption au Parlement européen du rapport Estrela sur la santé et les droits sexuels et génésiques à coups de caricatures et de mensonges éhontés.

Le projet du gouvernement Rajoy ramène les femmes espagnoles plus de trente ans en arrière. Nous savons tou(te)s
que l’interdiction de l’avortement condamne les femmes les plus pauvres, qui n’ont pas les moyens d’avorter 
à l’étranger, à la misère des avortements clandestins au risque de mettre en danger leur santé et leur vie. L’avortement clandestin est une violence pour les femmes. Le droit de disposer de son corps doit être défendu partout en Europe. Nul n’est obligé d’avorter. Nul ne peut imposer ses choix, notamment religieux, 
à l’ensemble des femmes d’un pays. 
On sait où sont les idéologues. Faire reculer les droits des femmes, c’est faire régresser l’ensemble de la société. Soyons tou(te)s dans la rue le 1er février prochain en solidarité avec les femmes espagnoles.

L'humantité, le 27 janvier 2014

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